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22 septembre : Journée internationale du rhinocéros

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Depuis 2010, une journée mondiale est dédiée aux rhinocéros et plus précisément aux cinq espèces encore vivantes en Afrique et en Asie : le rhinocéros blanc, noir, de Sumatra, de Java et unicorne (indien).

Victimes du braconnage, du commerce illégal et de la destruction de son habitat, les rhinocéros sont classés dans la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) « en danger critique d’extinction » à l’exception du rhinocéros blanc du sud classé « proche de la menace ». En effet, 500 000 au début du XXe siècle, 70 000 en 1970 et environ 29 000 rhinocéros dans le monde en 2016, leur population ne cesse de décroître et les rhinocéros pourraient disparaître au cours des dix prochaines années.

Cette journée est donc l’occasion de rappeler les dangers multiples qui pèsent sur ces animaux.

Les rhinocéros en danger d’extinction

Quatre espèces vivantes de rhinocéros sur cinq sont aujourd’hui en danger critique d’extinction. Ainsi, on dénombre environ 58 rhinocéros de Java (Indonésie), 100 de Sumatra (Indonésie et Malaisie), 3 300 unicornes (Inde et Népal) et 5 000 noirs.

Le rhinocéros blanc d’Afrique est quant à lui « proche de la menace ». On dénombre environ 19 000 à 21 000 rhinocéros blancs. Toutefois, le rhinocéros blanc du nord, une sous-espèce, est une espèce éteinte à l’état sauvage et ne compte actuellement plus que 3 représentants dans un zoo au Kenya. De plus, le dernier mâle capable de se reproduire est mort en 2014. L’espèce est donc au bord de l’extinction.

Mais qu’est ce qui explique leur disparition ?

Une corne tant convoitée !

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WWF


Un kilo de corne est estimé à une valeur de 50 000 à 70 000 dollars soit 45 000 à 65 000 euros au marché noir. À titre de comparaison, l’ivoire est à 7 000 dollars et la cocaïne à 20 000 – 30 000 dollars. L’année dernière, le trafic de corne a rapporté 320 millions de dollars (290 000 millions d’euros), de quoi attirer sans mal des personnes peu scrupuleuses et faire oublier tout respect de la nature.

Mais pourquoi ces cornes ont une telle valeur ?

En fait, elles sont l’objet d’un marché très lucratif en Asie, plus particulièrement en Chine, au Viêtnam et en Thaïlande. On leur prête de soi-disant vertus curatives (remède anticancers au Viêtnam), thérapeutiques (fièvre) et aphrodisiaques en Chine. Pourtant, aucune étude n’a encore démontré ces bénéfices et d’après Serge Lopez, président de l’ONG Wildlife Angel, ces rumeurs ont été colportées par les braconniers eux-mêmes et notamment la mafia vietnamienne et les Occidentaux.

De plus, la croissance économique en Asie et dans le Golfe a vu l’apparition de « nouveaux riches » chez lesquels les cornes sont utilisés comme marqueur social.

Face à ce trafic très rentable et peu risqué, les terroristes se sont également lancés dans le marché en Afrique du Centre, de l’Ouest et de l’Est.

Le trafic de corne n’est donc pas prêt de s’arrêter et tend même à augmenter. Ainsi, en 2014 plus de 1 200 rhinocéros ont été tués en Afrique du Sud où réside 70 % de la population au monde alors que 13 rhinocéros avaient été tués en 2007. On compte donc une augmentation de + 9 000 %, ce qui est plus qu’inquiétant.

Une protection difficile à mettre en place

Par conséquent, les parcs nationaux et les fermes sud-africaines doivent redoubler d’effort pour protéger la population de rhinocéros face aux braconniers toujours mieux équipés et organisés.

Comme l’explique, Serge Lopez (Wildlife Angel), les rangers des parcs nationaux sont totalement désarmés face aux braconniers. Ils s’agit bien souvent de simples villageois tandis que les braconniers utilisent du matériel toujours plus sophistiqués tel que des armes militaires, des silencieux ou encore des lunettes infrarouges comme le déclare Vincent Barkas, patron de Protack, une compagnie de sécurité privée basée près du parc national de Kruger. C’est pourquoi, l’ONG Wildlife Angel se charge désormais de former militairement les rangers des parcs nationaux africains.

Dans les fermes sud-africaines, les fermiers déboursent environ 18,5 millions d’euros pour protéger leur troupeaux et beaucoup finissent par fermer leur domaine.

Les fermes de rhinocéros une solution ?

Pour répondre à ces difficultés et endiguer le commerce illégal, des rangers décident de décorner les rhinocéros. De même des fermiers en Afrique du sud élèvent des rhinocéros dans le but de vendre légalement les cornes et stopper le commerce illégal. Actuellement elles sont au nombre de 330.

Le principe est simple : il traque et anesthésie l’animal puis coupe la corne à la tronçonneuse laissant au moins 5 cm au dessus de leur base afin qu’elle puisse repousser. Les cornes repoussent ensuite de 5 à 10 cm en un an. Une fois prélevées les cornes sont pesées, mesurées, tracées à l’aide une puce électronique et entreposées dans des coffres-forts très sécurisés.

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Rhinocéros décornés au Zimbabwe Source : L’OBS

Ils espèrent désormais réussir à convaincre la communauté internationale et plus particulièrement la Convention du commerce d’espèces menacées d’extinction (CITES) de rétablir le commerce légale de la corne, interdit depuis 1977. Ils considèrent que la seule manière de stopper le commerce illégal et de légaliser le commerce de corne, d’inonder le marché asiatique afin qu’il n’y ait plus de recours à la contrebande.

Toutefois, Will Travers, directeur de l’ONG Born Free réfute totalement cette argumentaire. En effet, il rappelle que la même idée a été entreprise pour le commerce d’ivoire en 2009 où 100 tonnes avait été mis sur le marché asiatique. Par la suite, une augmentation du braconnage a été observée, ce qui décrédibilise totalement l’idée de légaliser le commerce de corne. D’autant plus, que les fermes renforcent également la marchandisation des animaux et de la nature.

Dans tous les cas, les fermes restent tout de même des endroits propices à la reproduction et la protection des rhinocéros en déclin.

Les alternatives

Heureusement, d’autres solutions sont envisagées.

Tout d’abord, des campagnes de sensibilisations dans les pays asiatiques sont de plus en plus réalisées faisant intervenir des stars asiatiques.

L’enjeu est ensuite de faire baisser la valeur commerciale de la corne et pour cela plusieurs solutions sont en essai : peindre la corne afin qu’elle soit invendable, la recouvrir d’une substance vomitive afin qu’elle ne soit pas comestible ou encore imprimer des copies en kératine avec la même empreinte digitale mais vendu dix fois moins cher.

La destruction des habitats

Le braconnage n’est malheureusement pas le seul motif de disparition des rhinocéros. La destruction de leur habitat notamment en Asie est un grand facteur. En effet, en Asie du sud-est, la destruction des forêts des basses-terres isole et fragmente les troupeaux. Dès lors, ils ne sont plus en mesure d’assurer la reproduction et la mixité génétique.

Agir pour la protection des rhinocéros

Pour vous mobiliser et dénoncer les menaces qui pèsent sur le rhinocéros vous pouvez notamment participer à la Marche mondiale pour les animaux sauvages le 24 septembre à Paris dédiée à l’ensemble des animaux en voie d’extinction.

Vous pouvez également faire des dons aux associations spécialisées dans la protection de cette espèce telle que Wildlife Angel, Rhinos.org ou encore Savetherhino.org

Enfin, vous pouvez aussi signer la pétition lancée par Serge Lopez (Wildlife Angel) pour mobiliser le gouvernement français aux financements du terrorisme grâce au commerce illégal de corne.

LA PETITION ICI !

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Rédactrice : Allison D.

Sources IMPRIMÉS:

Jean François Lagrot. « Des cornes qui valent de l’or » dans Ça m’intéresse, n°427, septembre 2016

Sébastien Hervieu, David Chancellor. « Rhinocéros, les fermes de la discorde » dans Géo, n °451, septembre 2016

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