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Les amphibiens : la plus grande vague de disparition actuelle

On n’y croirait pas, et pourtant… Selon l’UICN, sur les 82 954 espèces étudiées aujourd’hui, 23 928 sont menacées. Dans ces 23 928 espèces, on compte : 13 % des oiseaux, 26 % des mammifères et 42 % des amphibiens !

Vous l’aurez compris, ces animaux représentent aujourd’hui le groupe vivant le plus menacé sur la planète. Les amphibiens existent depuis environ 300 millions d’années et pourtant, au cours des dernières décennies, plus de 120 espèces ont disparu.

Causes de mortalité des amphibiens

Les facteurs du déclin des populations d’amphibiens sont multiples : modification ou destruction des milieux de vie, chasse, pollution, espèces invasives, etc. Deux causes se détachent et semblent être les principaux facteurs de ce désastre.

Les changements des milieux de vie

Les perturbations des écosystèmes, qu’elles soient chimiques ou physiques, ont toujours un impact très néfaste sur les amphibiens.

La pollution des cours d’eau est particulièrement catastrophique car elle touche les lieux de reproduction de ces animaux. Selon une étude du Service de l’observation et des statistiques publiée fin janvier, 90% des cours d’eau français contiennent des traces d’herbicides ou d’insecticides. Cette pollution est due en grande partie à l’agriculture intensive, mais également à l’entretien de nos jardins, et dans une moindre mesure à l’entretien des voieries.

Des perturbations physiques viennent également modifier les écosystèmes dans lesquels vivent les amphibiens. La construction d’une simple route peut avoir un impact immense sur la pérennité d’une espèce. En effet au printemps, plusieurs variétés d’amphibiens quittent leurs quartiers d’hiver pour gagner des points d’eau où ils se reproduiront. Les animaux doivent alors faire face à divers obstacles et les routes peuvent s’avérer particulièrement meurtrières. Un crapaud peut mettre jusqu’à 20 minutes pour franchir une route et des études ont montré que 60 véhicules par heure peuvent éliminer près de 90 % d’une population.

Maladie infectieuse chytridiomycose : un champignon ravageur

En 1998, les PNAS (Proceedings de l’Académie des Sciences Américaine) découvrent l’existence d’un champignon, Batrachochydium dendrobatidis, semblant être responsable de « la vague de la mort » des grenouilles en Amérique du Sud. Transmis par contact entre batraciens ou par l’eau, il s’infiltre dans la peau des animaux et finit par la décomposer et les étouffer.

Aujourd’hui, les batraciens sont devenus une des icônes de la réduction de la biodiversité et de la fameuse sixième extinction du vivant. La chytridiomycose a causé le déclin et la disparition de plus de 200 espèces, au point que les biologistes considèrent que, si l’on excepte l’homme, ce champignon est probablement la plus grande menace pour la biodiversité.

Dans certaines zones d’Amérique centrale, il est responsable de l’élimination de plus de 40 % des espèces d’amphibiens. Mais s’il intervient dans le monde entier, c’est notamment dû au déplacement d’espèces réalisés par l’homme. Car ce phénomène se retrouve même dans des régions qui n’auraient pas dû être affectées par ce champignon, comme en Afrique. On compte également d’importantes pertes en Europe, en Australie et en Amérique du Nord.

Selon des enquêtes, le réchauffement climatique affecterait notamment grandement les capacités des amphibiens à se protéger de cette maladie, en intervenant et modifiant leurs capacités biologiques.

Le rôle important des amphibiens dans l’équilibre de l’environnement

Pourquoi est-ce si important de protéger les amphibiens ? Outre le plaisir certain qu’offre la contemplation de ces petits bijoux, ils jouent un rôle extrêmement important dans l’équilibre de notre environnement :

  • Les amphibiens sont l’un des principaux maillons de la chaîne alimentaire de nombreux écosystèmes : autant prédateurs que proies, ils régulent les populations d’animaux dont ils se nourrissent. De plus, étant une source de nourriture pour beaucoup d’espèces, la disparition des amphibiens pourrait compromettre la survie de nombreux reptiles et autres mammifères qui les consomment.

  • Ces drôles de créatures jouent un rôle « chimique » dans leur milieu de vie : lors de leur métamorphose (passage du stade larvaire-adulte à têtard-grenouille) les amphibiens assurent le transfert de nutriments essentiels du milieu aquatique au milieu terrestre. C’est pourquoi déplacer des grenouilles de leur habitat naturel peut avoir un impact considérable sur les algues, la population des invertébrés, la dynamique des prédateurs, la décomposition de la litière végétale, ou encore le cycle des nutriments. Préserver la diversité d’espèces dans ces milieux est donc essentiel si l’on veut vivre dans un environnement sain.

En résumé, le déclin de la population des amphibiens, voire leur disparition, est déjà et sera absolument catastrophique. Notre environnement serait alors totalement déséquilibré, autant au niveau de la faune que de la flore.

Qu’est-ce qu’un amphibien ?

Les amphibiens, anciennement batraciens, désignent une classe des vertébrés tétrapodes (à quatre pattes). Celle-ci se divise en trois ordres :

                            

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Les anoures (carpeaux, grenouilles)

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Les urodèles (salamandres, tritons)

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Les apodes, aux pattes atrophiées

Leur particularité réside dans le fait qu’ils évoluent dans deux milieux différents au cour de leur existence, d’ailleurs, le terme amphibien signifie « vivant dans deux éléments ».

En effet, la plupart de ces animaux naissent dans l’eau et y passent une partie de leur vie sous forme larvaire. Durant cette période, ils respirent à l’aide de branchies. Suite à une métamorphose, les amphibiens (alors munis de poumons) vont vivre sur la terre ferme et retourneront dans l’eau pour se reproduire et y déposer leurs œufs.

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Néanmoins, si les amphibiens ont des poumons, il faut savoir que nombre d’entre eux respirent en partie, voire exclusivement par leur peau, laquelle est perméable. De plus, comme les reptiles, ces animaux sont ectothermes. Cela signifie que leur température corporelle varie en fonction de la température extérieure.

En raison de ces particularités, les amphibiens sont extrêmement sensibles aux changements de leur milieu de vie, et sont les premiers touchés en cas de modification des écosystèmes.

Considérée comme indicateur écologique, la mort de centaines de ces animaux signifie qu’un désastre environnemental de grande envergure se prépare.

Agir pour les amphibiens !

Voici les adresses de quelques associations luttant activement pour la protection des amphibiens, allez-y, jetez un œil !

  • La SNPN : Société Nationale de Protection de la Nature

  • ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages

  • Bufo : étude et protection des Amphibiens et Reptiles d’Alsace

  • Karch : Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse 

  • Hyla 63

Chez vous aussi vous pouvez agir pour protéger localement les amphibiens :

Mangez bio quand vous le pouvez. En soutenant une agriculture respectueuse de l’environnement, vous aidez directement à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, qui affectent gravement les amphibiens.

 ♣ N’oubliez pas de mettre de côté les insecticides et autres désherbants chimiques lorsque vous vous occupez de votre jardin. En plus de nuire à la santé des grenouilles et autres, vous les privez de leurs repas.

 ♣ Ne mangez simplement pas de cuisses de grenouilles. Dans les années 90, les européens en consommaient à eux seuls environ 120 millions par an.

 ♣ Enfin, si vous avez un jardin et que vous êtes amoureux de la nature n’hésitez pas à consacrer un coin à ces petites bêtes : laissez-y du bois mort, des feuilles, des grosses pierres, etc, pour qu’elles puissent s’y installer. Vous pouvez également laissez la végétation aquatique se développer dans les plans d’eau, elle est source d’abris, de lieu de ponte et de nourriture pour les amphibiens.

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