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Camino de Cabras : découverte par Camélia Guedah

Los Picos de Europa portent bien leur nom. À peine a-t-on commencé à gravir ces imposantes montagnes rocheuses, que l’on est saisi par une incroyable sensation de vertige. Tout ceci est renforcé par les gigantesques vallées et lacs que ces « mastodontes » renferment jalousement.

Ce n’est qu’après avoir dépassé la peur de tomber à pic, enivrée par les hauteurs et assommée par le soleil, sur le sentier appelé la Senda del Cares (et à juste titre La garganta divina ou « La gorge divine »), maintes et maintes fois battu par les sportifs, touristes, locaux et autres intrépides bipèdes, que je fis pour la première fois leur rencontre.

camino de cabras

Tout là-haut, perchées sur leurs talons, à flanc de massif, elles n’ont pas peur et nous observent comme amusées. Nous sommes sur leur territoire et, l’air de rien, nous le comprenons instantanément. Leur dextérité extraordinaire n’est plus à démontrer et pour les chèvres semi-sauvages de cette réserve naturelle, la pente n’est jamais trop pentue pour profiter d’une jeune pousse. Leur ventre bien rebondi en témoigne ! Ces habitantes, que l’on appelle « las cabras », sont loin de mourir de faim. Et pour cause. Ce massif fait partie du Parc National des Pics d’Europe, connu comme l’un des plus riche au sens écologique, culturel, esthétique, scientifique et éducatif du terme.

Au carrefour entre trois provinces du nord de l’Espagne (les Asturies, León et Cantabrie), ce paysage inédit abrite une incroyable diversité de faune et de flore. Classée par l’UNESCO comme Réserve de la Biosphère (dans le cadre du programme MAB), cette zone bénéficie d’un climat tempéré, avec peu de contraste de températures, permettant ainsi le développement d’écosystèmes terrestres, côtiers et marins. Ainsi se côtoient falaises, dunes, eaux salines, forêts peuplées de hêtres, de bouleaux, de houx et de grands chênes, certains pouvant atteindre 40 mètres de hauteur. À partir de 2300 mètres, la végétation alpine se développe sur des substrats calcaires, aux côtés de grandes prairies, arborées de rivières. Accorder le statut de réserve naturelle à cette zone (Réseau Écologique Européen Natura 2000), a permis de protéger un grand nombre d’espèces menacées et de préserver la flore asturienne. On y compte notamment parmi elles l’ours brun, le loup ibérique mais aussi le chamois, la loutre, l’aigle et le vautour fauve.

En protégeant ces espaces, l’homme assure l’intégration harmonieuse des populations humaines et de la nature ainsi qu’un développement durable. Les conséquences vont dans le sens d’une meilleure communication, l’échange de connaissances, une réduction de la pauvreté, une amélioration du bien-être, le respect des valeurs culturelles et la capacité d’adaptation de la société face aux nombreux changements sociétaux et climatiques.

Rédaction : Camélia Guedah

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