EVI
fren

COP23 : Le rôle des peuples autochtones dans l’action climatique enfin reconnu

Ce mois-ci, lors de la COP23, a été entérinée la Plateforme des peuples autochtones et des communautés locales, afin d’améliorer la circulation des savoirs traditionnels, reconnaître les droits des peuples autochtones et soutenir leur rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique. Les peuples autochtones et les communautés locales sont en effet les premiers concernés par les impacts du dérèglement du climat. Ils ont des connaissances et de l’expérience à faire valoir sur la scène internationale.

Ethnie akha Laos Nord – © Veton PICQ

Premières victimes du changement climatique et première ligne de défense

Dans le monde, 370 millions d’êtres humains s’identifient comme appartenant à un peuple autochtone. Ils sont les gardiens de 22% de la surface de la planète et de 80% de la biodiversité, dans des paysages aussi divers que les forêts primaires et la banquise arctique. Ils sont aussi les premiers touchés par l’exploitation industrielle des ressources naturelles et le changement climatique, qui dégradent leur environnement et menacent leur mode de vie, lequel dépend intimement des écosystèmes.

Bien que directement confrontés à ces problèmes environnementaux, les peuples autochtones sont trop souvent réduits au silence. Ils souffrent de rapports de force inégaux face aux pays développés ou aux grandes firmes internationales, du non-respect de leurs droits ancestraux sur leurs terres et leurs ressources, et même de violation de leurs droits humains.

Or, ils pourraient jouer un rôle crucial pour lutter contre le changement climatique, si on leur en donnait les moyens, car ils possèdent des savoirs traditionnels ancestraux et de l’expérience en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’exploitation durable des ressources et d’adaptation aux modifications environnementales. En outre, ils ont une conception de la nature dont il serait bon de s’inspirer, pour mieux la respecter : les peuples autochtones considèrent en effet que la nature a des droits, et que l’Homme et la nature ne font qu’un.

Il est donc grand temps de reconnaître les droits et les connaissances des peuples autochtones, car nous avons beaucoup à apprendre d’eux.

  • Pour plus d’informations, voir l’ONG Survival International consacrée à la défense des peuples autochtones à travers le globe.

La Plateforme des peuples autochtones et des communautés locales

Organisée par les îles Fidji, mais tenue à Bonn en Allemagne, la 23e Conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP23) était l’occasion de propulser les petites îles et les peuples les plus vulnérables sous le feu des projecteurs.

Sur place, les communautés autochtones des sept régions du globe – Afrique, Arctique, Asie, Amérique Latine et Caraïbes, Amérique du Nord, Pacifique, Russie et Europe de l’Est – étaient représentées sur le Pavillon des peuples autochtones de l’IPFCC (International Indigenous Peoples Forum on Climate Change), où le public pouvait découvrir les initiatives indigènes face au changement climatique, grâce à leurs savoirs traditionnels. D’autre part, le deuxième jour de la COP23 était consacré aux peuples autochtones.

Un des principaux succès de la COP23, qui vient adoucir un bilan quelque peu mitigé, concerne la mise en place effective de la Plateforme des peuples autochtones et des communautés locales.

Cette Plateforme est une mesure politique visant à favoriser l’échange des connaissances entre populations autochtones et avec le reste du monde, à inclure et renforcer le rôle des peuples autochtones dans l’action climatique. Plus précisément, elle répond aux objectifs suivants :

  • Reconnaissance des savoirs : identifier, reconnaître et préserver les savoirs autochtones, car ils sont uniques et précieux.

  • Partage des connaissances : intégrer les points de vue, les pratiques, les innovations, les ambitions et les systèmes de savoirs traditionnels aux politiques et aux actions sur le climat, ceci au niveau national et international.

  • Renforcer la capacité : assurer l’égalité entre les peuples autochtones et les autres acteurs dans le processus de décision et dans la lutte contre le changement climatique, et leur capacité à prendre part aux décisions et à les implémenter.

  • Reconnaissance des droits : rappeler aux gouvernements leur obligation de reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones, la valeur de leurs savoirs, leur autonomie et leur sagesse en ce qui concerne la prise de décision.

Ce dernier point, fondamental, complète et renforce le rôle de la Plateforme, qui existe en fait depuis les Accords de Paris. Elle vient d’être établie définitivement lors de la COP23 par l’Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (OSCT). Pour débattre, le conseil s’est appuyé sur un rapport intitulé “Local communities and indigenous peoples platform: proposals on operationalization based on the open multi-stakeholder dialogue and submissions”, qui résume toutes les discussions et les échanges d’idées ayant eu lieu cette année, en préparation de la Conférence.

Floriane Boyer, rédactrice EVI.

J’ai toujours été une fervente lectrice de fantasy et de science-fiction. J’aime explorer de nouveaux univers, peuplés de héros qui sauvent le monde. Et puis, en grandissant, j’ai compris que nous avions déjà un monde à sauver, bien réel celui-là, et que nous pouvions tous être des héros, à notre façon. Je suis fière de mettre ma plume au service de cette noble cause qu’est la protection de notre planète

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*