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Déforestation : le cas brésilien

Au cœur des problématiques environnementales actuelles, la déforestation de la forêt amazonienne, dont la majeure partie se situe au Brésil, est un sujet assez complexe qu’il convient d’étudier dans son ensemble.

Selon un rapport de WWF publié en juin 2016 intitulé Living Amazon Report, pas moins de 31 « fronts de déforestation » représentent aujourd’hui une menace à la pérennité de cette forêt « irremplaçable » et un danger pour l’incroyable biodiversité qu’elle abrite, la plus riche au monde.

Si les chiffres sont alarmants, on observe ces dernières années une très légère baisse des défrichements, grâce notamment à l’action des organismes qui se sont donnés pour vocation de protéger cet espace. Mais il faut nuancer cette évolution car la lutte est loin d’être gagnée tant les enjeux politiques et économiques sont importants. De cela, le gouvernement brésilien en a bien conscience et mène un jeu ambivalent, en encourageant d’une part la déforestation au profit de monocultures de soja par exemple et en soutenant d’autres part des mesures de protection de la forêt vierge, sous la pression d’organismes internationaux mais aussi locaux avec notamment la création d’un Ministère de l’Environnement en 1981.

Une croissance rapide des activités primaires

La question de la souveraineté brésilienne concernant les problématiques ayant attrait à la forêt du bassin amazonien sur le sol du pays a évidemment été soulevée.

Le laxisme du gouvernement face au défrichage de parcelles dans des espaces dont la protection n’a pas été clairement établie, sans parler de sa politique initiale visant à encourager l’exploitation des terres dans un soucis de développement social et économique, ont alerté l’opinion publique mondiale et certains ont bien sûr pensé à « internationaliser » la région pour mieux la protéger. Il va sans dire que le Brésil ne souhaite pas se séparer de cet espace devenu rentable… Le gouvernement brésilien a alors décidé d’adopter une politique ambivalente, encourageant d’une part l’exploitation de la forêt, et sa protection de l’autre, comme par exemple au cours de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement de 1992. Ce cas de figure est assez parlant : à cette occasion, le déboisement avait diminué mais en 1995, les chiffres annoncent un défrichage annuel sans précédent (30 000km²).

Des peuples impliqués

Le 30 avril dernier dans la région du Maranhão située au Nord-Est du Brésil, les indiens Gamela ont été attaqués par des exploitants agricoles portant des machettes ainsi que des armes à feu. Depuis plus de quarante ans, la tribu se bat pour pouvoir vivre sur les terres desquelles elle a été bannie au lendemain de la mise en place du PIN en 1970 visant à répartir le territoire entre différents exploitants. Cet acte, qui n’est malheureusement pas isolé, illustre bien la position brésilienne autour de la distribution des terres, qui s’est faite aux dépends des peuples indigènes qui y vivaient et donc aux dépends de la préservation de l’espace amazonien.

On estime que le mode de vie de 350 peuples indigènes est directement lié à la forêt. En péril avec le défrichement massif, ces derniers, avec l’appui d’organismes au rayonnement mondial, font partie intégrante de la lutte pour la protection de leur espace de vie. Cela a permis la création d’aires protégées et de réserves indigènes telles que la réserve Raposa Serra Do Sol, où il aura fallu trente ans aux peuples indigènes pour en faire reconnaître les limites et éloigner les exploitants illégaux. Mais le combat des défenseurs des droits de la Terre n’est pas terminé puisqu’ils sont toujours menacés et on déplore la mort de nombre d’entre eux. C’est le cas de Luiz Alberto Araújo, secrétaire de l’environnement brésilien et impliqué dans plusieurs projets de défense de la nature brésilienne, tué par balle à son domicile le 13 octobre dernier, mais également de 448 autres militants écologistes qui, selon l’ONG Global Witness, ont été assassinés dans le pays entre 2002 et 2013. Ces chiffres seraient en augmentation puisqu’on dénombre 50 morts en 2015.

Comment agir ?

Plusieurs associations agissent sur le territoire brésilien.

  Planete Amazone combat la déforestation et soutient les peuples autochtones.

L’association Aquaverde apporte également son soutien aux peuples indigènes dans leur lutte contre la déforestation de la forêt amazonienne.

L’association Nordesta Reforestation & Éducation mène différents projets en zone rurale brésilienne de la sensibilisation de l’environnement à des campagnes de reforestation.

L’association REGUA est une association de protection de la forêt primaire de la région du bassin fluvial Guapiaçu.

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