enfr

L’instrumentalisation des éléphants d’Asie dans le tourisme

Le façonnage d’un être vivant pour satisfaire le tourisme

  • Les balades à dos d’éléphants

Les touristes arrivant en masse en Asie ont souvent la volonté d’avoir une approche « authentique » de la culture de leur pays d’accueil. Ainsi les balades dans la jungle à dos d’éléphants paraissent répondre à leurs critères.

Un éléphant ne peut porter que 150 kg sur son dos à cause de la fragilité de son ossature. Or une nacelle accueillant les touristes pèse à elle seule 50 kg, ce qui ne laisse plus beaucoup de marge. Pourtant les éléphants les moins épargnés accueillent jusqu’à 6 personnes en même temps.

éléphants à touristes

  • Les spectacles de rues

Toujours en termes de modélisation de l’animal, les dresseurs proposent des spectacles de rues mettant en scène les éléphants. Ils proposent des pièces sportives où l’animal se transforme en footballeur, basketteur, jongleur, danseur ; ou bien culturels où il devient peintre. Ces représentations sont le résultat de répétitions et de dressages musclés.

éléphants à touristes-tourisme-éléphant tourisme-éléphant-asie éléphants à touristes-tourisme-éléphant

Le conditionnement cruel des éléphants

  • Un procédé de dressage des éléphants dès le plus jeune âge

Le procédé de « dressage » des éléphants est finalement toujours le même. Il commence par la capture du mammifère ou d’un petit groupe dans son milieu naturel. Il est choisi de préférence très jeune, en moyenne 2 ans, et si sa famille le défend elle est décimée.

S’ensuit le processus brutal du « phajaan » consistant à « briser l’éléphant ». L’éléphanteau est souvent enfermé dans une cage au sein de laquelle il ne peut à peine bouger. Son dresseur – le mahout – l’attache, l’affame et l’empêche de dormir pendant plusieurs jours. L’animal est frappé, battu avec du bois, poignardé sur les zones où il est le plus sensible.

Ce rituel bien rodé se termine lorsque le dresseur considère que l’éléphanteau est « brisé ». À la fin de cette période d’apprentissage à la soumission de l’homme, la moitié des éléphanteaux ne survivent pas. Les survivants sont considérés comme résignés à la lutte et prêts à obéir aveuglément à leur dresseur. Cette domestication est vue comme nécessaire pour rendre l’animal malléable et pouvoir se servir de lui comme appât touristique. En effet un éléphant dressé peut exécuter jusqu’à 30 ordres différents.tourisme-éléphant

éléphants exploités en Asie

  • Des conditions de vie rigides

Une fois l’étape de la domestication passée, les éléphanteaux débutent les tâches pour lesquelles ils ont été choisis. Ils sont entreposés près des touristes toute la journée, ce qui implique qu’ils sont exposés aux nuisances sonores (forte musique des cirques par exemple) et au passage. Même s’ils peuvent dormir debout, leurs dresseurs ne leur permettent que rarement de s’allonger, signe de détente absolue. Ils sont laissés sur les sols durs, sans hygiène et constamment attachés.

Attachés entre deux balades ou représentations, ils ne peuvent subvenir à leurs propres besoins vitaux. Ainsi exposés, ils ne peuvent pas s’arroser, se rouler dans la boue ou la poussière pour protéger leur peau du soleil et des insectes. Ils deviennent alors encore plus vulnérables.

La nourriture qu’ils reçoivent est souvent insuffisante et de mauvaise qualité. Les éléphants d’Asie ont besoin de manger 150 kg en saison sèche et 250 kg en saison des pluies. Ils se nourissent d’herbes, fruits, racines, tubercules, écorces, bois de Baobab … ainsi que 140 litres d’eau par jour.

Au cours de leur vie ils n’ont accès qu’à très peu de soins vétérinaires. Si leur état se dégrade, ou que l’animal est considéré comme trop vieux ou usé pour être rentable, alors ses dresseurs l’abattent et revendent sur les marchés noirs leurs défenses et leur peau. L’ONG World Animal Protection a conclu que sur 220 attractions proposant des balades à dos d’éléphants en Asie, les ¾ vivaient dans des conditions inacceptables.

  • La santé dévastée de l’animal

Outre le stress subi, la répétitivité de leurs tâches fait qu’ils développent des troubles du comportements et neurologiques. Leur comportement et leur humeur pourront devenir plus instables et extrêmes, ce qui poussent les mahout à les abandonner pour d’autres.

Les éléphants affectés aux promenades ont la colonne vertébrale déplacée et des meurtrissures (marques sur un peau blessée) au niveau des pattes.

L’éléphant, un ancien souverain d’Asie

L’éléphant est un symbole fort en Asie : au Laos il incarne des valeurs telles que la force, la longévité et la fertilité et en Inde il évoque la force et la puissance. Au delà de cette vénération, l’éléphant a une réputation très méliorative en Occident où il est notamment connu pour sa mémoire.

L’éléphant d’Asie, appelé « elephas maximus » appartient à la catégorie des éléphants indiens. Il est distinct des éléphants de savane et de forêts d’Afrique. Cette distinction est tant géographique que physique. L’éléphant d’Asie est plus petit, la femelle ne possède pas de défense tandis que le mâle n’en possède que des petites et leurs trompes se terminent en forme de poire.

L’éléphant vit en troupeaux réduits (une vingtaine de mammifères). Avec une taille moyenne de 3 mètres et un poids de 4 tonnes pour les mâles contre 2,5 tonnes pour les femmes, sa carrure est majestueuse. Sa peau épaisse le rend intouchable et sa grande trompe lui donne l’impression d’être armé contre ses prédateurs. Pourtant il n’en est rien, avec une espérance de vie de 60 ans, il est menacé.

Au XIXè siècle les éléphants étaient répartis sur l’ensemble du continent asiatique. Aujourd’hui leur population totale en Asie est comprise entre 25 000 et 40 000 où ils sont répartis sur 15% de leur habitat d’origine. Ils sont présents pour moitié en Inde et pour le reste dans des pays tels que le Laos (800 mammifères dont la moitié sont en captivité), la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge, le Népal, l’Indonésie, la Malaisie et dans le sud-ouest de la Chine.

Ainsi l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) classe l’éléphant d’Asie dans la catégorie des espèces sauvage « en danger ». Les principales causes de la diminution de son espèce sont la destruction de son habitat (déforestation), la chasse (ivoire, peau) et son utilisation comme attraction touristique.

Des actions efficaces pour lutter contre l’exploitation des éléphants

  • Modifier ses habitudes en tant que touriste

De plus en plus de tours opérateurs ne proposent plus de programmes incluant les promenades à dos d’éléphant. Les touristes sont maintenant orientés vers des parcs où ils pourront observer les éléphants sans les exploiter. Mais il existe encore de nombreuses offres d’activités impliquant cette utilisation des animaux et, en tant que touriste, on ne se rend pas nécessairement compte du contexte bien dissimulé. TOUS les éléphants exploités au sein d’activités touristiques proviennent de captures au sein de la nature et ont subis le « débourrage » (« phajaan ») pour se soumettre à la volonté de l’homme.

  • Mobilisation pour les éléphants d’Asie

Votre association EVI s’engage dans le mouvement de lutte contre l’exploitation animale. N’attendons pas la journée mondiale de protection des éléphants le 12 août prochain pour s’engager à leur protection. Agissons ensemble.

EVI collabore avec l’auteur Jean-François Chabas pour son roman « La loi du Phajaan » chez Didier Jeunesse où il sensibilise sans choquer, à ses pratiques toujours appliquées à l’ère de la modernité.

De nombreux groupes se mobilisent tels que l’ONG ElefantAsia qui fournit des soins vétérinaires, met en place des programmes d’élevage et sensibilise à l’environnement et à l’écotourisme au Laos. Des associations étrangères sont tout autant impliquées telle que ElefantFamily qui finance la recherche des environnementalistes et des organisations de conservations locales.

Ophélie, rédactrice EVI

Je fais un don pour les éléphants !

Collecte 100% dédiée aux éléphants

éléphants à touristes-éléphant-protéger

Propulsé par HelloAsso

Via Paypal

Logo-EVI  

Rencontrer les éléphants sans maltraitance, c’est possible

Consultez notre répertoire associatif pour y trouver des associations locales au sein desquelles vous pourrez aller à la rencontre des animaux, dans le cadre de leur bien-être !

Associations pour les animaux et la nature en Asie

Les images d’éléphants exploités en Indonésie

S’abonner à la Newsletter EVI


EVI MAG illustré : Le tourisme. Edition n°2