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La faune et la flore au pied du mur

Le 25 janvier 2016, le président américain, Donald Trump, signait un décret en faveur de la construction d’un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, première phase de son plan de réforme de l’immigration.

Le président américain veut empêcher l’immigration illégale des sans-papiers et mettre fin aux trafics de drogue provenant du Mexique. Son projet a suscité un tollé général au sein des associations humanitaires. Deux ans après, le président américain n’en démord pas. Le mardi 9 janvier 2018, il a plaidé pour le financement du « mur » qu’il souhaite voir érigé sur la frontière avec le Mexique. Si un désastre humanitaire ne fait guère de doute, le risque d’un désastre écologique- pourtant bien réel- semble, à tort, moins considéré.

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Huit prototypes en phase de construction par six entreprises américaines dans la région de San Diego. (© Frédéric J. Brown/ AFP)

Que risquent les animaux vivant dans la zone concernée si le projet se concrétise ?

Restriction du milieu de vie naturel des animaux

Une des menaces qui pèse sur la faune est la perte d’un espace considérable nécessaire pour son développement et à sa survie. Déjà fortement diminué par le mur érigé de 1 046 kilomètres de frontières physiques construit par l’administration de Georges W. Bush en 2006, le mur de Trump s’étendra sur 3 200 kilomètres de long sur 10 à 20 mètres de haut.

Le prolongement du mur metterait en difficulté les animaux qui vivent d’un côté ou de l’autre de la frontière comme les loups, lièvres, mouflons, cerfs etc. Ces derniers voient leur périmètre de chasse fortement réduit et seraient privés de routes migratoires importantes. Un rapport publié affirme que plus de 100 espèces animales seraient menacées par le mur du président américain.

Dérèglement du mode de vie des animaux

L’emprisonnement physique est malheureusement loin d’être le seul inconvénient. D’une part, l’élaboration du mur nécessite la construction de routes qui suppose la présence de camions et d’ouvriers. En d’autres termes, le projet de construction d’un mur génèrerait de nombreuses particules nocives pour les animaux, tant en terme de pollution aérienne que de nuisances sonores et visuelles.

D’autre part, la grande majorité de ces animaux ont pour habitude de circuler librement de parts et d’autres de la frontière pour s’abriter, s’accoupler ou se nourrir. Avec le mur, leurs déplacements seront limités et les conséquences seront désastreuses.

Un loup gris près de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. (© Miguel Angel Grageda/AFP)

Les loups gris du Mexique, dont la population est déjà limitée, risquent de devenir consanguins s’ils ne peuvent plus passer la frontière pour trouver des femelles. Cela provoquerait alors un appauvrissement de la diversité génétique.

Des oiseaux survolant le mur qui sépare les Etats-Unis du Mexique. (© Bloomberg, Getty Images)

Les espèces volantes seront également déstabilisées par le mur. Le papillon Monarque, qui hiberne au Mexique, sera désorienté par le mur qui pourrait perturber les marqueurs nécessaires à cet insecte. De plus, les lumières qui sont présentes sur toutes les constructions de l’homme perturbent les routes migratoires habituelles des volatiles.

Extinction de certaines espèces animales

La conséquence la plus tragique pour la faune serait la formation d’un « no animal’s land », autrement dit, privés de leur liberté de circuler librement, ces animaux seraient voués à disparaître.

Les plus impactés par ce « mur » seraient les grands mammifères endémiques et déjà menacés d’extinction, comme l’antilope de Sonora ou le mouflon. Les ours noirs, les jaguars, les chouettes et les cerfs seront aussi victimes du mur. Les jaguars, peu nombreux aux Etats-Unis, dépendent de l’arrivée de leurs voisins au Mexique pour se reproduire.

Quelles sont les conséquences sur l’environnement ?

Si le mur venait à être érigé entre les deux pays, ses effets seraient tout aussi néfastes pour la flore qui s’y trouve. La frontière traverse en effet des zones de biodiversité très riches : la vallée du Rio Grande par exemple, qui abrite 700 espèces de vertébrés, ou encore, au sud-ouest, des massifs de montagnes qui abritent des espèces végétales et animales endémiques.

Par ailleurs, la construction du mur modifierait les cours d’eau de la frontière, dont le passage serait désormais bloqué entre les deux pays, risquant de provoquer des inondations. Les plantes pourraient être aussi affectées. Elles risquent de s’assécher, l’eau étant bloquée par les murs, ce qui conduirait fatalement à leur mort.

Et vous, que pouvez-vous faire ?

Réagir ! L’Etat de Californie a porté plainte contre le gouvernement car il estime que l’administration Trump viole la Constitution américaine ainsi que la loi environnementale californienne. Vous aussi, réagissez. Parlez-en autour de vous, commentez, et partagez votre point de vue. Plus nous sommes nombreux à réagir, plus notre voix sera audible.

Soutenir les associations de protection des animaux et de l’environnement telles que U.S Fish and Wildlife Service qui œuvre pour la gestion et la préservation de la faune aux Etats-Unis ou encore Reporterre, le quotidien de l’écologie. Le plus important est de se mobiliser ensemble afin d’exprimer notre indignation face aux mesures d’un président climatosceptique.

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Marjorie de Larichaudy, rédactrice EVI.

J’aime la beauté des choses de l’intérieur, du dedans, qui relèvent de l’intime : comme les belles histoires d’amour et de courage que renferment les livres ou le magnifique souvenir enfoui dans une photographie. Mais j’ai vite compris qu’il y avait plus beau à contempler, dehors, à l’extérieur : le monde.

Si ma plume peut chatouiller les consciences d’un plus grand nombre, c’est avec un réel plaisir que je la prendrai pour soutenir cet admirable combat qu’est la protection de l’environnement et de tous les êtres qui y vivent.

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