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Les girafes et les okapis menacés d’extinction

girafe

À l’occasion de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP13) qui s’est déroulé à Cancún du 2 au 17 décembre 2016, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a de nouveau mis à jour sa liste rouge.

Désormais, les girafes et les okapis sont menacés. Peu médiatisées, ces espèces déclinent progressivement dans le silence.

Des espèces animales en déclin

L’UICN l’a annoncé le 8 décembre dernier, les deux espèces de la famille des giraffidés, comprenant la girafe et ses neuf sous-espèces ainsi que l’okapi, sont menacées d’extinction. Les deux espèces étaient jusqu’à maintenant classées dans la catégorie « préoccupation mineure » de la liste rouge. Désormais, les girafes sont considérées « vulnérable » tandis que les okapis sont « en danger ».

En effet, ces trente dernières années, leur population a décliné de 35 à 50 %. Ainsi, les girafes sont passées d’environ 151.702 spécimens en 1985 à 97.562 en 2015 et comme l’indique l’UICN : sur les neuf sous-espèces reconnues, cinq comptent des populations en baisse, trois en croissance et une stable.

okapi

En cause : l‘activité humaine

Perte et dégradation de l’habitat

Espèces emblématiques du continent africain, ces deux animaux subissent de fortes pressions liées au développement de cette partie du monde : perte et dégradation de l’habitat en raison de la croissance de la population humaine avec un taux de fécondité très élevé > 4%, du pastoralisme, de l’expansion de l’agriculture, de l’urbanisation, des extractions minières et des récoltes des bois de constructions.

Les changements climatiques impactent également les populations de girafes. En effet, les sécheresses sont plus courantes et entraînent des incendies de brousse ainsi que des mouvements migratoires des populations humaines.

Les okapis sont sensibles à la présence humaine et ne parviennent pas à survivre face à une trop grande densité d‘homme tandis que la fragmentation et la dégradation de l’habitat constitue l’une des menaces les plus importantes pour la girafe.

Troubles civils

À cela s’ajoute les guerres et les troubles civils que peuvent connaître actuellement le Soudan du Sud, la Somalie, l’Éthiopie ou encore la République Démocratique du Congo. Ces instabilités civiles entraînent des migrations. Dans une étude réalisée sur l’okapi à l’initiative de l’UICN et l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) en 2015, la guerre civile a été identifiée comme la principale cause de la baisse de population entre 1995 et 2007. Actuellement, la présence de groupes armés illégaux constitue encore la menace la plus importante pour les okapis. À titre d’exemple, en juin 2012, un groupe armé rebelle a attaqué le centre de la réserve de faune à okapi (RFO) tuant sept personnes et 14 okapis. De plus, ces troubles civils entraînent également une migration des populations humaines sur des zones protégées.

Braconnage

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© David Chancellor Institut


Comme de nombreuses espèces dans le monde, les girafes sont victimes de la chasse illégale. La viande de brousse procure de la nourriture et des revenus aux populations rurales touchées par la pauvreté. Elle est également recherchée par les groupes armés afin de se nourrir et de générer des revenus. L’augmentation de la chasse illégale s’explique par le développement des infrastructures et l’ouverture des forêts pour l’exploitation minière ou forestière ces dernières années permettant l’accès à des zones plus vastes jusque alors protégées. De plus, certains pays, à l’image de la Namibie ou de l’Afrique du Sud, autorisent la chasse.

Cependant, la viande n’est pas le seul motif expliquant le braconnage des girafes. Comme l’a récemment dénoncé David Hamlin, vidéaste pour le National Geographic, la girafe est au cœur des pratiques culturelles. Ainsi au Congo, les queues des girafes de Kordofan sont offertes en cadeau de mariage ou utilisées pour réaliser des bracelets porte-bonheur ainsi que des filets chasses-mouches.

La girafe de Kordofan, une sous-espèce rare tuée par les braconniers pour sa queue par Gentside Découverte

Des solutions pour la girafe et l’okapi ?

Dans ce contexte, un texte de résolution a été adopté par l’assemblée dans le but de combattre ce déclin lors du Congrès mondial pour la nature à Hawaii en septembre 2016.

Il appel notamment l’UICN et ses membres (États, organisations non gouvernementales, agence gouvernementale) à :

  • refuser les activités d’extraction dans les zones du patrimoine mondial où vivent des giraffidés et garantir que toutes les activités en cours et futures, dans les régions environnants, ne les menacent pas. Cette résolution concerne tous les États parties à la Convention du patrimoine mondiale.

  • soutenir la réalisation de la Stratégie de conservation de l’okapi 2015-2025 et encourager à la mise en œuvre d’un même projet pour la conservation des girafes.

  • sensibiliser au niveau mondial et local au déclin des giraffidés et rechercher des soutiens financiers afin de renforcer la gestion et le suivi des aires protégées.

Certains pays ont déjà appliqué des mesures de conservation. Le Niger a notamment mis en place une stratégie nationale de conservation. Ce plan a permis de multiplier par 8 la population de girafes en vingt ans. Ce constat est très encourageant et laisse espérer des initiatives et des résultats similaires pour d’autres pays.

En plus des États, les associations telles que Giraffe Conservation Foundation, African Wildlife Foundation, Giraffe Research et Conservation Trust, Giraffe Conservation Alliance agissent sur le terrain afin de protéger les girafes et les okapis des diverses menaces qui pèsent sur eux. Vous pouvez aller consulter les sites des différentes associations afin de vous informer des dernières actualités sur les giraffidés ou des projets mis en œuvre pour leur conservation. Des dons sont possibles afin d’encourager leurs actions.

Enfin, longtemps mis de côté par les scientifiques, les girrafidés font désormais l’objet de recherches plus nombreuses. Ainsi, le Wild Nature Institute tente d’appréhender comment les facteurs naturels et humains impactent la démographie des girafes afin de mettre en place des plans d’actions pour y remédier.

Pour en savoir plus

Stratégie et revue du statut de conservation de l’okapi, étude réalisée par l’UICN et l’ICCN

Fiche girafe de l’UICN (en anglais)

Fiche okapi de l’UICN (en anglais)

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