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Insecticides tueurs d’abeilles : le retour – Point sur l’actu

En juin dernier, le gouvernement français s’était interrogé sur un possible retour sur la loi biodiversité du 09/2016 portant sur l’interdiction des néonicotinoïdes, classe d’insecticide particulièrement nocive pour les abeilles, à compter du 1er septembre 2018. Aujourd’hui, il autorise le sulfoxaflor (de Dow AgroSciences) et la flupyradifurone (de Bayer CropScience).

Qu’est-ce que les néonicotinoïdes ?

Les néonicotinoïdes sont une classe d’insecticides neurotoxiques impactant les insectes. Ils facilitent, essentiellement en agriculture, la protection des plantes et animale en luttant contre les insectes dits nuisibles. De par leur faible biodégradabilité et leur forte utilisation, ces substances chimiques persistent dans l’environnement et se retrouvent diffusés dans ls milieu, impactant des populations d’insectes à l’origine non ciblées telles que les colonies d’abeilles.

insecticides-abeillesD’après un rapport de l’Agence Nationale de SEcurité Sanitaire (ANSES), « l’utilisation des néonicotinoïdes entraîne de sévères effets négatifs sur les espèces non-cibles qui fournissent des services écosystémiques incluant la pollinisation et la lutte intégrée. Ils entrainent notamment des effets sublétaux lorsque les espèces non-cibles sont exposées à des doses d’exposition faibles pendant de longues périodes. » ([1], ANSES).

Une étude publiée par la revue Science « A worldwide survey of neonicotinoids in honey » et réalisée par une équipe de chercheur franco-suisse, a constaté la présence de néonicotinoïdes dans trois quarts des 198 échantillons de miel étudiés à travers le monde. En Europe, les miels seraient contaminés fortement (concentration en pesticide supérieur à 10 ng/g) pour 79% des miels touchés.

Alerte biodiversité !

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Ces petites travailleuses accomplissent un travail colossal en assurant la pollinisation.

Les 1 000 espèces d’abeilles qui habitent nos contrées représentent pour les écosystèmes et l’agriculture un atout inestimable. Inestimable ? En fait, le service écosystémique pollinisation rendu par les abeilles a été chiffré par les chercheurs de l’Inra à 153 milliards d’euros !

Et pourtant, cette ouvrière si utile est menacée plus que jamais. Un article de l’Institut National de Recherche Agricole (INRA), explique que le taux de mortalité élevé des abeilles domestiques et des pollinisateurs sauvages, observé tout de même depuis plus de 60 ans, a grandement augmenté depuis les années 2000. Il faut noté que ce taux avait presque atteint les 30% en 2007 et 2008. Les origines de ce déclin sont multifactorielles mais les pesticides en restent la cause majeure. Les conséquences de la mortalité des abeilles devraient être une préoccupation majeure.

La production de miel en France

La première conséquence qui nous vient à l’esprit est simple : plus d’abeille, plus de miel. En France, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), accuse les néonicotinoïdes d’être pour une part, et non sans raison, à l’origine de la forte baisse de production du miel au cours des dernières décennies (cf graphique Production annuelle de miel).

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Cette chute de plus de 30% est d’autant plus inquiétante qu’elle se produit alors que sa demande et sa consommation sont toujours aussi fortes. Et oui, nous consommons 40 000 tonnes de miel par an et c’est tout juste si on arrive à en produire la moitié. Et tout ça, ce n’est pas bon pour notre économie !

Une décision lourde de conséquence : autorisé le sulfoxaflor et la flupyradifurone

Pourquoi le gouvernement français autoriserait-il l’utilisation du sulfoxaflor et la flupyradifurone alors que cela va à l’encontre de loi européenne et française ? La réponse réside en un simple mais efficace tour de passepasse de la part des fabricants. Ils soutiennent que leurs produits ne sont pas des néonicotinoïdes mais une autre classe de produits de chimiques (familles des sulfoximines) bien que leurs caractéristiques biochimiques et leurs effets sur les plantes soient très proches. En effet, ces produits, tout comme les néonicotinoïdes, contaminerait le pollen et le nectar des plantes qui les auraient absorbés. Ces produits pourraient très bien, après ingestion par l’abeille provoquer leurs morts et contaminer le miel.

En conclusioninsecticides-abeilles

L’agriculture conventionnelle utilise de plus en plus de produits phytosanitaires (pesticides, insecticides, herbicides) avec des répercussions catastrophiques sur notre environnement et notre santé. Dans cet article c’est le cas des abeilles qui est présenté mais ce n’est qu’une des conséquences de notre mauvaise gestion et exploitation de nos ressources. 

Une solution simple pour éviter la diffusion des néonicotinoïdes et espérer une reprise de la population d’abeilles, serait de supprimer ces produits. Cependant la pression du lobby de l’agriculture et la difficulté des études empêchent l’aboutissement de ces décisions.

Quelles marges de manœuvre nous reste-il alors ? Rappelons que nous sommes maîtres de notre consommation, et que nous faisons la demande. Provoquer le changement de notre agriculture en consommant de manière intelligente est à mon avis la véritable solution. Nous pouvons favoriser le développement d’une agriculture durable et biologique. Alors au moment de faire nos courses, gardons toujours à l’esprit « Quel futur voulons-nous bâtir ? ».

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