EVI
fren

Inti Wara Yassi : un centre de secours pour animaux sauvages

ciwi-volontaire

Qui sont-ils ?

Inti Wara YassiInti Wara Yassi (« Soleil Etoile Lune » en langue Quechua, Aymara et Chiriguano-Guarani) est une organisation bolivienne fondée en 1992 par Juan Carlos Antezana et Tania « Nena » Baltazar, visant à protéger les animaux sauvages.

 À l’origine, l’association travaillait avec des jeunes défavorisés tout en participant à des activités pour la protection de l’environnement, souhaitant sensibiliser la population au sujet de la biodiversité. Au cours des ans, la CIWI (Communauté Inti Wara Yassi) a dénoncé le commerce illégal touchant les espèces animales malgré les lois imposées.

L’organisation s’est alors donnée pour rôle de prendre en charge les animaux et de leur donner une meilleure seconde vie. C’est ainsi que les coordinateurs de la CIWI sont devenus les pionniers dans le domaine de la protection des animaux sauvages en Bolivie en 1996.

En tant qu’organisation, nous voulons promouvoir des changements importants dans notre pays et créer une prise de conscience responsable sur cette question. […] Idéaliser un monde où la faune vit à l’état sauvage, sans les danger de la chasse aveugle, de la capture et de la destruction insensée de leur écosystème. CIWI

Les centres de secours

Le parc Machía

Le parc Machia, crée 1996 dans la région de Cochabamba, offre un espace d’environ 36 hectare pour la protection de plus de 500 animaux incluant primates, félins, coatis et oiseaux. Spécialisé dans le secours aux singes, ce centre peut être en partie visité par les touristes qui bénéficient d’une observation des animaux en liberté. Dirigé par le Docteur Luis Morales, le parc ne tire aucun profit du tourisme qui est une opération menée par la mairie de Villa Tunari, où il se situe.

Le parc Ambue Ari

Le centre Ambue Ari a été crée en 2002, près de la ville de Trinidad, dans le but de recueillir plus d’animaux, manquant d’espace au sein du parc Machía. « Ambue Ari » signifie « Nouvelle aube » dans la langue native de la région, le Guarayos. Spécialisé dans le secours des félins, il prend soin de plus de 70 animaux dans un espace d’environ 800 hectares.

Le parc Jacj Cuisi

Le parc Jacj Cuisi est situé dans la région de La Paz et s’étend sur 300 hectares de terrain achetés en 2009, en bordure du parc national Madidi, de 1,8 million d’hectares. En Moséten et Tacana, deux dialectes natifs de la région, « Jacj Cuisi » signifie « Pays des rêves ». Dirigé par Miriam ‘Querubina’ Rios, il héberge des pumas et se construit progressivement afin de recevoir de nouveaux animaux.

Le travail de l’association

L’organisation s’occupe de plus de 50 espèces animales différentes. Au sein des parcs sont prit en charge des singes, des félins, des oiseaux, des tortues, des tapirs, des coatis, etc.

Le but de l’organisation est d’offrir une nouvelle vie, saine, aux animaux récupérés de maltraitance, d’exploitation, de commerce illégal ou d’abandon.

Malheureusement, bien qu’une loi existe contre le commerce des animaux sauvages en Bolivie, le pays dans son ensemble a encore besoin d’évoluer dans l’intérêt qu’il porte vis à vis de la situation pour ces espèces.

L’association travaille au quotidien grâce au soutien des volontaires et des donateurs. En effet, ce sont eux qui permettent à la CIWI d’exercer. Les animaux sont nourris en fonction de leurs besoins, leurs enclos sont entretenus, ils reçoivent de l’attention et des enrichissements chaque jours.

volontaires-inti-wara-yassi

© EVI

Le travail avec les félins : un exemple concret

Le centre Ambue Ari s’occupe essentiellement de félins : jaguars, pumas, ocelots, geoffrey’s cats. Mais aussi de singes, d’oiseaux, de coatis, de tortues, de cochons sauvages et de tapirs. Le parc de 800 hectares se situe au cœur de la forêt tropicale, au sud de l’Amazonie.

Il existe plus d’une dizaine de félins au sein du centre, chacun d’entre eux ayant été secouru de mauvais traitement. Certains possèdent des blessures à vie, comme l’un des jaguars qui est aveugle. Pour ces animaux, l’association a mit en place un système afin de leur offrir la meilleure vie possible.

Juancho - Jaguar

Afin de ne pas seulement laisser les animaux vivre dans des enclos, ceux-ci sont pris en charge individuellement par les volontaires, de façon adaptée à leur personnalité. La plupart des félins en sont sortis afin qu’ils puissent marcher, courir, se détendre hors de celles-ci durant plusieurs heures. Leurs besoins, uniquement, sont pris en compte et c’est ainsi que chacun possède sa propre « routine ».

Les animaux sont sortis de manière sûre, pour eux autant que pour les volontaires. Ils sont reliés par des cordes à la (ou les) personne(s) qui s’en occupe et sont alors libres de profiter de la forêt, ayant été habitués au cours des ans à respecter des règles de sécurité. Lorsqu’ils marchent, le but est qu’ils ne se préoccupent que de l’environnement qui les entourent, oubliant les volontaires qui le suivent.

C’est une grande chance et une chose rare que leur apporte ainsi Inti Wara Yassi. Plus il y a de volontaires, plus cela permet de s’occuper des animaux de la meilleure façon : certains peuvent alors même sortir la journée entière.

Certains d’entre eux ne peuvent pas sortir de leur espace pour diverses raisons : crainte de l’humain, crainte de l’extérieur, agressivité. Pour autant, ils n’en sont pas plus délaissés : des personnes sont là pour passer plusieurs heures à leur côté ou pour leur apporter de nouvelles distractions afin qu’il ne soient pas seuls et qu’ils ne s’ennuient pas. Un animal en cage sans affection ne peut devenir qu’un animal sans raison.

Ocelot-Inti-Wara-Yassi

© EVI

Les motivations de l’association

Je me suis rendue au sein du parc Ambue Ari afin de me faire ma propre opinion durant deux mois, de l’activité entreprise par l’organisation.

Arrivant avec quelques incertitudes, c’est à force de semaines d’observation et de travail que mes doutes quant aux motivations de l’association se sont évaporés. En effet, j’ai pu constater que l’organisation Inti Wara Yassi agit et s’investit au quotidien dans le but d’offrir le meilleur aux espèces recueillis.

toucan-inti-wara-yassi

© EVI

Les animaux au sein des refuges

Les animaux de la CIWI sont humanisés, mais en aucun cas domestiqués. Il s’agit là d’un point d’ordre que les coordinateurs s’efforcent de répéter aux volontaires venant apporter leur soutien. Ils sont très bien traités et leur état de santé est suivit au quotidien par un vétérinaire spécialisé. Chaque animal a sa propre personnalité et celle-ci est prise en compte et répertoriée. Par exemple, certains apprécient peu la compagnie humaine, d’autres au contraire, l’adorent. C’est pour cela que l’aide apportée varie selon lui.

Des mesures de sécurité sont mises en place afin que les démarches se réalisent dans les meilleures conditions : les animaux sont pris en charge par deux ou trois personnes à la fois si nécessaire, des téléphones sont à la dispositions des volontaires en cas d’urgence, des durées minimum de volontariat sont imposées afin d’avoir le temps de comprendre l’animal et de lui permettre de s’habituer, etc.

L’animal aime généralement partager de l’affection, d’une part parce qu’il est reconnaissant de ce que lui apporte la personne, mais aussi parce que cela lui est bénéfique de ressentir de l’amour. Alors, le volontaire peut le lui en donner en respectant certaines consignes (durée, sécurité, démarche). En revanche, restent sauvages et c’est une mise en garde que met en évidence l’organisation.

perroquet-ambue-ari

La réhabilitation

La réhabilitation n’est pas chose facile en Bolivie entre la destruction des habitats naturels, l’accord du gouvernement, les menaces du commerce illégal. Ré-introduire une espèce est, de plus, un très long processus : il faut d’abord mettre en condition l’animal et le réhabituer à n’utiliser que son instinct naturel, oubliant la présence humaine. Cela peut parfois prendre plusieurs années lorsque celui-ci a été ôté de son habitat trop tôt ou trop longtemps.

L’association ne s’est pour autant pas arrêtée là : elle travaille à la réintroduction de coatis et permet à des singes hurleurs ainsi qu’a des singes araignée de vivre en liberté ou semi-liberté au sein de ses parcs.

Inti Wara Yassi ne souhaite pas « accumuler » les animaux au sein du parc. Elle n’en tire aucun profit car tous les fonds qu’elle reçoit permettent tout juste de les nourrir, d’acheter du matériel et de prévoir, quand elle le peux, des projets tels que l’agrandissement ou la construction d’enclos.

L’organisation n’est pas équipée ni suffisamment épaulée pour pouvoir mettre en place un système de réhabilitation complet. Les animaux secourus ont malheureusement été privés de leurs instincts naturels et d’une vie à l’état sauvage. Peut-être, avec le temps, la CIWI obtiendra de meilleurs support pour permettre la remise en liberté des espèces, dans des zones protégées.

singe-hurleur

Comment aider ?

Le volontariat

Pour être volontaire, il est nécessaire de s’investir au minimum 15 jour, ou 1 mois pour les félins, afin que les animaux puissent avoir le temps de s’adapter à vous. Il est possible de participer au sein des trois parcs, chacun offrant une expérience réellement intéressante et différente. Il n’est pas rare que les volontaires restent plus longtemps que prévu ou qu’ils reviennent au cours des années.

Il est important de prendre en compte que l’activité n’est pas facile. Il faut être capable de s’adapter au lieu, aux conditions de vie et au rythme de travail guidé par les animaux. De plus, un volontaire ne doit pas oublier qu’il est là pour apporter son aide et qu’il sera donc placé là où l’on a besoin de lui. Le personnel de l’association reste cela dit toujours à l’écoute des attentes et des possibilités de chacun. Enfin, plus longtemps le volontaire restera, plus son expérience sera enrichissante et variée.

Rendez-vous sur le site Internet de l’association pour savoir comment participer !

Initi-wara-yassi-volontariat-

Les donations

Au quotidien, l’organisation nourrit plusieurs dizaines d’animaux au sein des centres de secours et leur apporte des soins spécifiques. Ce travail nécessite un budget important et c’est essentiellement grâce aux dons reçus et à la participation des volontaires que l’association, qui n’est pas soutenue par le gouvernement, peut agir.

De plus, l’association Inti Wara Yassi s’éfforce de créer de nouvelles actions lorsque cela lui est possible, comme par exemple au parc Ambue Ari, où l’équipe souhaite actuellement offrir un nouvel enclos à l’un de ses jaguar, afin qu’il vive dans de meilleures conditions. L’ensemble de ces travaux coûte plusieurs milliers de dollars (25.000$), l’association a besoin de notre soutien.

º Découvrez sur leur site Internet la « wish list », le parrainage des animaux et les différents modes de donations ou comment devenir membre.

*

º Découvrez notamment le site Internet réalisé par un volontaire français, Jonathan Billaud, qui vous apporte des informations sur l’association et ses activités.

Eco Volontaire International soutien la CIWI

Vous pouvez aussi effectuer un don ici-même spécifiant lors du paiement « Inti Wara Yassi », celui-ci sera alors directement dédié au parc.

Merci !


félin-bolivie

© EVI