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Japan Dolphin Day : massacre des dauphins au Japon

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Chaque année, au mois de septembre, la somptueuse baie de Taiji au Japon devient le lieu funeste du massacre de milliers de dauphins pour l’approvisionnement des delphinariums et de l’industrie alimentaire.

Malgré le film choc The Cove la baie de la honte paru en 2010 dévoilant la tuerie et les actions des associations de protection de cétacés, les massacres se poursuivent. C’est pourquoi, depuis 2011, Richard O’Barry a organisé la Japan Dolphin Day afin de mettre le projecteur sur cette tragédie et y mettre fin définitivement.

Si vous n’avez pas encore vu le formidable documentaire The Cove, EVI revient pour vous sur le contexte de cette pratique et les alternatives et actions actuelles très encourageantes qui sont menées pour stopper ce massacre.

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Le massacre des dauphins de Taiji : gros plan sur cette tragédie.

La ville de Taiji est située sur la rive orientale de la préfecture de Wakayama au Japon. Chaque année, les dauphins de ses côtes font l’objet d’une chasse au rabattage de septembre à février-mars.

La chasse au « rabattage » est une pratique apparue dans les années 70 et donc loin de faire partie des traditions culturelles japonaises comme veulent le faire entendre les autorités pour justifier le massacre. En effet, comme l’indique l’association C’estassez, la chasse au dauphin a débuté en 1969 afin de fournir des baleines-pilotes au Taiji Whale Museum. Avant cette date, on trouve des traces de cette pratique que trois fois dans les registres de la ville : en 1933, 1936 et 1944.

Le principe est simple : une dizaine de petits bateaux parcourent les chemins migratoires des dauphins. Équipés de tubes métalliques plongées dans la mer, les pêcheurs frappent ces tubes avec des marteaux afin de créer une barrière sonore pour effrayer et perturber les dauphins extrêmement sensibles au son. Dès lors, les pêcheurs profitent du trouble des mammifères pour les rabattre vers la baie et les coincer. Des dresseurs de dauphins viennent ensuite opérer une sélection pour les delphinariums. Ils recherchent principalement des femelles. Une fois la sélection faite, le reste des dauphins est retranché dans une petite crique afin de les harponner à mort. Les images de la baie ensanglantée après le massacre sont particulièrement choquantes. Afin de réduire la quantité de sang, les pêcheurs bouchent désormais le trou avec une cheville en bois. Les dauphins sont ensuite dépecés et coupés, bien souvent encore vivant. Le gouvernement japonais a beau se arguer de mettre en œuvre des pratiques de mises à mort rapides, le documentaire The Cove prouve sans équivoque le mensonge de cette affirmation et toute la cruauté dont font l’objet les dauphins. Les pêcheurs réussissent rarement à toucher directement la moelle épinière laissant des dauphins pleinement conscient tout au long du processus de mise à mort.

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Sea Sheperd

La viande de dauphin est ensuite vendue pour 600 dollars sous « l’appellation » viande de baleine car elle est la source d’une vive polémique à propos de sa nocivité. En effet, des spécialistes ont effectués des analyses répétées sur la viande de dauphin et ont révélé la présence d’un taux important de mercure, un métal lourd très toxique provenant de la pollution industrielle. Le mercure atteint notamment les fœtus et entraîne à long terme des pertes de mémoire, de la vue et de l’ouï.

Cette chasse a été pendant longtemps cachée à la population japonaise et mondiale. Elle a été mise au grand jour via le documentaire en 2010 et a déclenché une vague de d’indignation et de protestations partout dans le monde.

Toutefois, les syndicats de pêcheurs et le gouvernement japonais font bloc. Ils justifient notamment cette pratique en déclarant la population de dauphin nuisible car celle-ci serait coupable de manger trop de poissons au détriment des pêcheurs.

En réalité, il s’agit surtout d’une question d’argent. Le commerce des dauphins vivants est très lucratif : environ 150 000 dollars par dauphin. C’est pourquoi, il est difficile d’y mettre fin face aux pressions des syndicats des pécheurs et du gouvernement japonais.

Les delphinariums ou l’illusion du bonheur

Actuellement, il existe 34 delphinariums dans l’Union Européenne qui détiennent plus de 250 cétacés : orques, dauphins, bélugas, marsouins et petits cétacés.

La France compte 4 delphinariums (Marine Land d’Antibes, Parc Astérix, Planète sauvage et Moorea) détenant une trentaine de cétacés.

Ces établissements proposent au public des spectacles, des séances photos, de delphinothérapie ou encore de nage avec les dauphins sous prétexte de sensibiliser le public et de conserver l’espèce.

L’annexe A de la Directive No.338/97 du Conseil de l’Europe interdit en principe tout usage commercial de ces mammifères marins mais une exception est prévue en cas d’importation pour des motifs scientifiques, éducatifs ou à des fins de conservation.

Pourtant, cette exception devrait être supprimée car ces motifs sont totalement en décalage avec la réalité et les delphinariums ne participent en aucun cas à la protection de l’espèce.

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Delphinarium de Majorque (Libre de droit)

Beaucoup se targuent de participer à des actions de préservation en investissant dans des programmes de conservation mais ils sont rarement en rapport avec les cétacés.

De plus, La Directive EC 1999/22 exige qu’un environnement aussi proche que possible des conditions de vie en milieu naturel soit procuré aux animaux des zoos dont sont assimilés les delphinariums. Cependant, les scientifiques sont claires sur le sujet : ceci est impossible ! Le dauphin est une espèce migratrice qui peut parcourir des dizaines de kilomètres par jour. Aucun bassin ne pourra retranscrire la profondeur et la pression des océans.

Dans The Cove, Ric O’Barry revient notamment sur les delphinariums. Précurseur du phénomène via la série Flipper dont il fut le dresseur, il combat aujourd’hui la captivité de ces cétacés. Il insiste sur leur intelligence et leur profonde sensibilité.

Il déclare notamment :

Quand vous allez dans cet endroit avec la musique et le dauphin qui saute et qui sourit il est difficile de voir le problème mais le sourire du dauphin est la plus grande tromperie de la nature. Il crée l’illusion qu’il est heureux en permanence.

Il dénonce notamment l’impact de la captivité sur le comportement et la santé des dauphins : ulcères dû au stress et dépression.

Il est donc important de voire disparaître ces delphinariums qui n’ont aucune raison d’exister et de les boycotter.

Un déclin progressif

Depuis 2010, les campagnes contre le massacre de Taiji se multiplient. Les ONG tels que Dolphinproject, Sea Sheperd, International Marine Mammal Project sont particulièrement actives bien que les actions sont parfois difficiles à mener notamment à Taiji en raison du fort encadrage policier qui stoppe toute action de protestation.

Toutefois, le nombre de dauphin tué a progressivement baissé. Il y a une dizaine d’année, environ 1600 dauphins étaient tués dans la baie. Durant la saison 2015-2016, 630 à 650 dauphins ont été tués et 117 capturés selon les comptages quotidiens de Sea Sheperd.

Cette diminution s’explique par la baisse de la demande. En effet, des actions ont été menées par l’International Marine Mammal Project pour sensibiliser la population japonaise à la consommation de viande contenant du mercure. De plus, en 2015, l’Association Mondiale des zoos et aquariums a demandé à sa branche japonaise de stopper l’achat de dauphins provenant de la baie de Taiji. Il s’agissait de la plus grande partie des bénéfices des pêcheurs de Taiji.

Ces chiffres restent encore insoutenable toutefois, et les campagnes de protestation doivent se poursuivre. C’est dans ce but qu’est organisé chaque année la Japan Dolphin Day et c’est pourquoi il est important d’y participer.

Les manifestations Japan Dolphin Day 2016

Le 27 août

À Lyon: Place de la République

Happening pour protester contre les massacres de dauphins.

À Nantes: Place Royale (Tél : 0603943157)

Happening pour protester contre les massacres de dauphins.

Le 4 septembre

À Paris

Manifestation Japan Dolphins Day 2016 à 14h

Parvis des droits de l’Homme, Place du Trocadéro

Mobilisez-vous pour stopper le massacre

Signez et partagez les pétitions

• https://www.change.org/p/ban-the-killing-of-dolphins-in-taiji-japan

• http://www.animalsaustralia.org/take_action/Ban-Taiji-Dolphin-Hunt/

Écrivez aux autorités concernées

Par e-mail au consulat français : info-fr@ps.mofa.go.jp / consul@ps.mofa.go.jp

Au cabinet du Premier Ministre japonais ici, en anglais.

Notre lettre visible sur ce lien.

Boycottez les delphinariums

D’autres initiatives via l’association Cestassez : http://www.cestassez.fr/2016/02/taiji-au-japon-lenfer-des-dauphins.html

Pour aller plus loin

Sur le massacre des dauphins de la baie de Taiji :

https://dolphinproject.net/japan-dolphins-day-2016/

http://savedolphins.eii.org/campaigns/sjd

http://www.seashepherd.org/henkaku/

http://www.seashepherd.fr/cove-guardians/facts.html

http://www.seashepherd.fr/cove-guardians/cetacean-kill.html

http://www.ceta-base.com/

http://www.cestassez.fr/2016/02/taiji-au-japon-lenfer-des-dauphins.html

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2446_dauphins_massacre_Japon.php

http://www.huffingtonpost.com/mark-j-palmer/the-tragic-taiji-dolphin-_b_9083586.html

Sans oublier, le documentaire The Cove, oscarisé en 2010.

Le documentaire Black Fish est également un excellent moyen de plonger au cœur de l’univers des delphinarium. Le documentaire revient sur le meurtre d’une dresseuse par son orque dans le delphinarium Sea World et dénonce les conséquences néfastes de la captivité sur le comportement de ces animaux.

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