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Journée internationale de sensibilisation aux vautours

vautoursVictime de leur mauvaise réputation, les vautours sont pourtant indispensables au maintien des écosystèmes pastoraux. Aujourd’hui, ils sont en danger d’extinction.

C’est pourquoi, chaque année, tous les premiers samedi de septembre, une journée internationale leur est dédiée. Cette journée vise à sensibiliser et à faire connaître les différentes espèces de vautours existantes, les menaces qui pèsent sur elles et les mesures prises pour y remédier.

Pour l’occasion, EVI en profite pour rappeler le rôle primordial de ces rapaces dans notre écosystème afin de remédier à la désinformation dont ils sont victimes et pour revenir sur les causes de leur disparition.

Qu’est-ce qu’un vautour ?

vautoursLe vautour est un oiseau et plus précisément un rapace. Il est un charognard et se nourrit donc des cadavres. Ainsi, comme le souligne la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) :

Leur anatomie est adaptée à cette nourriture : le bec est crochu pour entamer les chairs, le cou recouvert d’un fin duvet se nettoyant facilement. Les serres sont peu puissantes et non adaptées à la préhension comme celles de l’Aigle royal. Pour terminer, leur système digestif leur permet d’assimiler la viande putréfiée sans dommage.

Le nom de vautour englobe en réalité 20 espèces différentes présentes sur l’ensemble des continents excepté les deux pôles et l’Océanie. La France compte 4 espèces différentes : le Vautour fauve, le Vautour moine, le Vautour percnoptère et le Gypaète barbu.

Le vautour, ce mal aimé !

Dans l’imaginaire collectif, les vautours font peur et sont associés à la mort. L’expression désignant une personne de « vautour » illustre bien la mauvaise réputation dont est victime cet animal. Pourtant, il n’a pas toujours possédé une image négative. Dans la mythologie égyptienne, il symbolisait la maternité et était un passeport pour l’au-delà tandis que dans l’astrologie aztèque, il symbolisait la bonne fortune.

Malheureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui et leur mauvaise réputation explique les différentes accusations qui ont pu être portées à leur encontre. En Europe, ils sont souvent accusés d’attaquer les bétails notamment dans le Pays basques où une nouvelle attaque a eu lieu en avril dernier sur une jument.

Toutefois, la LPO insiste sur le fait que les vautours ne possèdent en aucun cas une aptitude naturelle à attaquer des troupeaux. De plus, l’étude « dommages attribués au vautour fauve sur le bétail domestique dans les Pyrénées françaises » publié en 2010 a montré que dans la très grande majorité des cas, le vautour intervient sur des animaux morts. Des attaques ont également été constatées sur des animaux vivants qui étaient généralement malades ou en détresse physiologique, notamment durant les mises-à-bas. Quelques attaques rares sur des animaux à priori en bonne santé ont pu être observées.

Ces agressions continuent de susciter des débats et une nouvelle étude du sénat est en cours.

Leur rôle fondamental : équarrisseur naturel

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Dans tous les cas, il ne faut pas oublier le rôle fondamental du vautour pour la santé des populations humaines. En effet, en consommant les cadavres, les charognards permettent d’endiguer la propagation de potentielles maladies et de favoriser l’accessibilité des cadavres aux détritivores (champignons, vers) pour le renouvellement des matières organiques. Les vautours sont également des alliés économiques importants pour les éleveurs, car lorsque leur troupeau sont dans des endroits éloignés, les vautours sont les seules à pouvoir nettoyer les carcasses rapidement afin d’éviter toute propagation d’épidémie sur l’ensemble des animaux. Comme l’indique Argumentaire et plan d’actions pour la conservation du vautour fauve en France de 2011, les vautours font économiser environ 400 000 euros par an aux éleveurs et apporte des avantages environnementales non-négligeables : limitation des transports des cadavres et incinération.

D’autre type de charognards existe : corbeaux, rats ou chiens errants et se substituent parfois aux vautours. Néanmoins, il s’agit d’animaux au contact de l’homme et ils peuvent causer des épidémies. Ainsi, entre 1996 et 2006 une population importante de chiens errants en Inde avait favorisé la propagation de la rage tuant 48 000 personnes.

Si les vautours tendent à disparaître totalement, d’autres épidémies de cette ampleur pourraient survenir.

Enfin, une étude récente de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en Inde estime que 600 vautours consomment la même quantité qu’une usine moyenne d’équarrissage. Les chercheurs indiens suggèrent donc d’investir plutôt dans la conservation des vautours que dans la construction de nouvelles usines d’équarrissage.

Les vautours en danger d’extinction : menaces

vautours-Une récente étude publiée dans le Biological Conservation par deux chercheurs américains alarme sur la situation de ces charognards. Ils affirment que les vautours sont les oiseaux les plus menacés de la planète. 6 des 11 espèces de vautours d’Afrique sont menacées d’extinction d’après l’UICN.

Les causes de cette extinction sont multiples, mais ont toutes un dénominateur commun : l’homme. Par exemple, en France, le vautour a été totalement exterminé au siècle dernier par l’homme. On ne doit sa présence aujourd’hui qu’aux programmes de réintroduction des espèces sur le territoire.

Les vautours doivent faire face à de nombreuses menaces : trafic, électrocution, collision avec les éoliennes, modifications de leur habitat, réglementation sur l’équarrissage, mais surtout empoisonnement.

En effet, en 2004, l’Inde constate la disparition de 95 % de la population de vautour de son territoire en trois ans. Le Pakistan ainsi que le Népal sont également touchés par ce mal. Après de nombreuses recherches, la source de cet empoisonnement se révèle être : le diclofénac. Il s’agit d’un anti-inflammatoire utilisé par les vétérinaires notamment pour le traitement des vaches et des cochons. Les vautours meurent après avoir ingéré la carcasse traitée auparavant au diclofénac. L’Inde et le Pakistan ont donc interdit son utilisation. Or, l’Union européenne ne l’interdit en aucun cas. En 2015, malgré les demandes d’interdiction des associations de protections animales et les indications de l’Agence européenne des médicaments sur le danger encouru pour les vautours, les états-membres de l’UE ont décidé que le médicament pouvait être contrôlé par le biais de vagues plans d’action plutôt que définitivement interdit.

Pourtant, comme l’indique l’IFAW, Janice Weatherley-Singh, Directrice des politiques européennes pour le WCS, déclare :

La communauté scientifique est unanime : le diclofénac pose une menace réelle aux vautours. Nous demandons donc à la Commission européenne d’en interdire l’utilisation vétérinaire. Les “plans d’actions” et autres études ultérieures préconisés pour l’heure sont insuffisants.

Jose Tavares, Directeur de la Vulture Conservation Foundation, ajoute :

L’Inde montre l’exemple encore une fois puisque le pays a récemment interdit les médicaments multidoses pour l’homme à base de diclofénac. Il s’agit là d’une avancée majeure dans la lutte pour retirer ce produit des écosystèmes et sauver les vautours. Il faut à présent que l’Europe lui emboîte le pas et interdise les produits vétérinaires vendus en toute légalité en Espagne, en Italie et dans plusieurs autres pays de l’UE.

Les empoisonnements dont sont sujets les vautours sont aussi bien souvent volontaires. En effet, depuis quelques années, les braconniers ont pris l’habitude d’empoisonner les cadavres des animaux qu’ils ont tués afin d’éviter que la venue des vautours sur la carcasse avertisse les gardiens du délit.

L’Inde et l’Afrique sont notamment les lieux de prédilection des braconniers et ils continuent de tuer en masse les vautours. Cette année, deux lions, deux chacals et 110 vautours sont morts après avoir mangé une carcasse d’éléphant empoisonnée par des braconniers dans le Kruger National Park en Afrique du Sud. Il s’agit d’un cas d’empoisonnement supplémentaire à déplorer en Afrique, car cela est désormais très développé.vautours-evi

Partez à la découverte de cette espèce indispensable

La journée internationale de sensibilisation aux vautours est l’occasion de découvrir une espèce importante de notre écosystème malgré les menaces qui pèsent sur elle. Cette journée est l’occasion de mettre le projecteur sur les différents plans d’actions qui sont menés pour les protéger et les encourager.

De nombreuses activités seront proposées toute la journée du 4 septembre : points d’observations, expositions, conférences, sortie de terrain. Ces animations auront lieu en France jusqu’au 7 septembre alors n’hésitez pas à aller sur le site de la LPO pour vous renseigner sur les animations proposées près de chez vous :

https://journee-vautours.lpo.fr/participant.php

Sources :

Pour en savoir plus sur la journée internationale :

https://journee-vautours.lpo.fr/

http://www.vultureday.org/2016/index.php

Pour en savoir plus sur les espèces de vautours :

http://rapaces.lpo.fr/grands-causses/les-quatre-vautours

http://www.vautours.info/index.htm

Pour en savoir plus sur les attaques de vautours :

https://www.senat.fr/questions/base/2015/qSEQ150415667.html

Pour en savoir plus sur les menaces qui pèsent sur les vautours :

http://biofaune.canalblog.com/archives/2014/09/06/30527997.html

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20160302.AFP8584/afrique-du-sud-des-lions-et-des-vautours-empoisonnes-au-parc-kruger.html

http://www.naturemp.org/Les-vautours-piliers-de-l.html

http://www.birdlife.org/europe-and-central-asia/news/international-vulture-awareness-day-%E2%80%93-no-cause-celebration

http://www.especes-menacees.fr/actualites/vautours-africains-en-danger/

http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/oiseaux/20160506.OBS9943/vautours-en-danger-pourquoi-l-homme-devrait-s-en-soucier.html

http://www.ifaw.org/france/actualites/un-dangereux-m%C3%A9dicament-d%C3%A9nonc%C3%A9-par-les-d%C3%A9fenseurs-des-animaux-lors-de-la-journ%C3%A9e-interna

http://www.4vultures.org/2016/03/02/poison-continues-to-kill-masses-of-vultures-in-africa-and-asia-while-at-the-same-time-their-value-is-highlighted-in-yet-another-study/

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