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Justice : la nature reconnue comme une personnalité juridique

La nature, des écosystèmes, ou d’autres éléments de l’environnement, sont maintenant reconnus comme des personnalités juridiques dans plusieurs pays du monde. Ce statut leur confère les mêmes droits que des personnes. La pollution est alors vue comme une atteinte à l’intégrité physique de l’environnement.

Ce mouvement en faveur de la nature a commencé en Amérique latine, avec des principes comme le Buen vivir, ou « vivre bien », une philosophie de vie des peuples autochtones. Ces derniers ne font pas la distinction entre l’homme et la nature. Il est tout naturel pour eux de protéger l’environnement. À nous de nous en inspirer.

Tour d’horizon des écosystèmes considérés comme des personnes dans le monde

La terre-mère

  • En 2008 et 2009, l’Equateur et la Bolivie inscrivent dans leur Constitution les droits de la Terre-mère.

La nature dans sa globalité obtient des droits : montagnes, rivières, terres. C’est un pas gigantesque pour la protection de l’environnement. Tout individu peut désormais saisir la justice au nom d’un élément de la nature qui aurait subi une dégradation.

Les fleuves et les océans

  • En 2012, la Nouvelle-Zélande accorde le statut de personne juridique au fleuve Whanganui.

Ce fleuve est sacré dans la culture maorie : c’est un être vivant. Les maoris le considèrent comme leur ancêtre. L’Etat néo-zélandais a aussi officiellement reconnu les maoris comme étant les gardiens du fleuve. Cette victoire est le fruit d’un long combat : la tribu maorie Iwi réclamait qu’on reconnaisse l’identité du fleuve depuis 1870.

Le fleuve Whanganui est notamment menacé par la pollution industrielle. Le gouvernement a prévu une enveloppe de 52 millions d’euros pour réparer les dommages et assurer sa protection à l’avenir.

  • En mars 2017, l’Inde accorde au Gange et à un de ses affluents, la Yamuna, le statut de personnalité juridique.

    justice-nature

Le Gange est le fleuve le plus sacré de l’Inde. On y pratique quotidiennement divers rituels et pèlerinages. Les Indiens viennent y boire, prier, se baigner et se purifier, ou encore répandre les cendres de leurs défunts.

Mais le Gange est aussi un des fleuves les plus pollués au monde. La décision de protéger juridiquement ce fleuve vise à lutter contre la pollution par les industries et les eaux usées.

  • En juin 2017, lors de la première conférence mondiale sur les océans tenue à New York, la Nouvelle-Calédonie propose de reconnaître les droits de l’Océan Pacifique.

On attend encore la décision de l’ONU. Si elle est favorable, l’Océan Pacifique pourrait se voir accorder le statut de personnalité juridique. L’Océan Pacifique, déclarent ses défenseurs, est victime de nombreux abus : pollution, surpêche, acidification des océans, perte de biodiversité, blanchissement du corail, etc.

Les sites naturels et les animaux

  • Depuis 2016, les îles Loyauté, en Nouvelle-Calédonie, déclarent que certains éléments de la nature et de la biodiversité pourraient être sélectionnés pour bénéficier d’une personnalité juridique. Des sites naturels et des animaux totémiques sont envisagés.

Les Kanaks de Nouvelle-Calédonie, comme beaucoup de communautés autochtones, ont une conception de la nature très différente de la nôtre. Dans leur culture, la nature est sacrée ou déifiée. L’identité des Kanaks est donc intimement liée à certains sites naturels, qu’ils considèrent comme des temples.

Droit et politique pour protéger l’environnement

Protéger la nature grâce au droit et à la politique, serait-ce l’ultime solution pour la sauver ? La situation environnementale est en effet critique. Les mesures se veulent donc extrêmes et originales. Le droit est une nouvelle arme pour tacler le problème de la pollution. Reste à en constater l’efficacité.

Dans la sphère politique française, la lutte pour la reconnaissance des droits de la nature fait aussi son chemin. Par exemple, lors de la campagne présidentielle précédente :

  • Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour la reconnaissance du crime d’écocide. C’est l’équivalent d’une agression physique pour un écosystème victime d’une dégradation.
  • Benoît Hamon a quant à lui proposé d’inscrire dans la Constitution les communs planétaires, à savoir l’air et l’eau.

Il convient dorénavant de suivre et de soutenir ce type d’initiative visant à protéger efficacement la nature qui nous entoure.

 

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