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La controverse du fruit tendance en Europe : l’avocat

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Introduit au XVIIème siècle en Europe par les conquistadors à leur retour du « Nouveau Monde », l’avocat issu des forêts tropicales du Mexique, longtemps perçu comme un produit de luxe, est devenu de nos jours un produit courant, très prisé pour son goût, ses nombreuses vertus et bienfaits sur la santé.

Perçu comme le fruit miracle contre certains cancers et maladies cardiovasculaires, ses protéines sont aussi un véritable atout dans le régime alimentaire. Sa consommation connaît donc un réel succès.

Devenu produit de consommation de masse en France, en Angleterre et en Allemagne, la demande et l’offre exponentielles font de ce fruit une exception jamais égalée dans l’univers du commerce mondial fruitier.

L’avocat : une catastrophe écologique

Bien que l’Amérique latine et les Caraïbes demeurent la première région productrice, la production s’accroît aussi en Asie et en Afrique du Sud.

Des provenances situées à des milliers de kilomètres du consommateur, qui demandent donc une consommation en carburant conséquente lors de la livraison, mais ce n’est que le début du problème.

Un fruit gourmand en eau

L’avocat est un fruit est considérablement gourmand en eau. La culture de deux avocats et demi nécessite 1000 L d’eau, une aberration pour des pays souffrants de la raréfaction des ressources hydrides, notamment dues au réchauffement climatique. Au Chili, il faut 366,4 litres d’eau pour produire 453 g d’avocat.

À titre de comparaison, le poids équivalent de tomates nécessite quasiment 9 fois moins de ce précieux liquide, soit 40,9 litres.

Des pesticides à outrance

À cela s’ajoute l’usage de nombreux pesticides, destinés à produire plus, plus vite, plus gros, plus « vendeur ». Responsables de la prolifération de pathologies sévères au sein des communautés proches des cultures, ces pesticides employés sans ménagement sont un véritable désastre pour la santé. Les sols et les nappes phréatiques sont aussi inexorablement affectés par les produits agrochimiques, de façon presque irréversible.

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Un acheminement très peu écologique

L’acheminement du produit sur les marchés européens est aussi source de critique. L’avocat étant un fruit fragile, un véritable plan d’action est alors conçu afin de répondre aux exigences des consommateurs.

Quelle que soit sa provenance, l’avocat, suite à son post acheminement par camion dans nos supermarchés, dispose d’un bilan carbone déplorable.

En effet, l’habitacle permettant de garantir sa préservation sur l’ensemble du trajet ainsi que son espérance de vie est un conteneur réfrigéré à 6°C.

Quelques jours plus tard, arrivés à destination, les fruits sont parqués et entreposés dans une mûrisserie. Durant cette période, le fruit va être exposé à un hydrocarbure, l’éthylène, qui a pour but de les faire mûrir.

Une production anti-environnementale et un impact économique fort

De l’autre côté de l’océan Atlantique, en Amérique central et tout particulièrement au Mexique, la culture de l’avocat surnommée « l’or Vert » est devenu un enjeu écologique majeur. Les forêts sont décimées clandestinement aux profits de champs avocatiers. Un problème écologique mais pas uniquement, son impact relève aussi du domaine économique et social. Effectivement sa culture devenue très lucrative attise la convoitise, notamment celle de la mafia.

Les habitants étant dépendants de l’activité liée aux fruits, cette perte conduirait bon nombre d’entre eux dans la précarité. Ils seront alors aussi victimes de cet engouement appelé communément « fièvre verte ».

Et la liste est non exhaustive…

Que puis-je faire ?

Comme pour chaque fruit, il conviendrait de consommer l’avocat lorsqu’il est de saison.

Si l’avocat est de saison, il est toujours bon de vérifier sa provenance : en tant que consommateur européen, choisissez plutôt un avocat produit en Grèce, en Espagne et même en France (Corse). Le but de cette manoeuvre étant de limiter les déplacements, en favorisant des circuits courts, et privilégier le local.

Plus globalement, si nous changeons tous peu à peu nos habitudes alimentaires, en consommant moins d’avocats, cela diminuera la demande et par conséquent l’offre. Pour information, l’avocat est arrivé sur les marchés européens il y a environ 50 ans.

Il serait utile aussi d’analyser les nouvelles tendances mises en avant sur les réseaux sociaux ou par les médias notamment par la presse spécialisée (gastronomie, santé, société). Ces orientations décrivent un produit selon un point de vue spécifique (bienfait, goût, esthétique) mais négligent souvent leurs impacts à moyen-long terme sur l’environnement.

I.C

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