EVI
fren

La surpêche : un désastre océanique

D’après certains scientifiques, si la surpêche conserve ce rythme effréné, les océans seront vides d’ici 2050. Cela paraît impossible, et pourtant aujourd’hui, une espèce de poisson sur trois est menacée d’extinction et parvient tout juste à se renouveler. On estime également que 29% des 600 espèces pêchées dans le monde sont en voie de disparition totale. Et il n’est question ici QUE des poissons, c’est-à-dire que les mammifères marins et autres mollusques et crustacés ne sont pas pris en compte.

Qu’est-ce-que la surpêche ?

On parle de surpêche lorsque les quantités de ressources marines prélevées sont supérieures aux « réserves » disponibles. De fait, les espèces concernées sont exposées à un rapide effondrement, voire à la disparition de leur population.

Ainsi, on peut citer l’exemple de la morue de Terre-Neuve. Ce poisson a été pêché de façon si intensive qu’il fut déclaré pratiquement disparu au 20ème siècle. Depuis, sa pêche est interdite, et pourtant sa population n’a jamais pu se reconstituer. Cette espèce a définitivement perdue sa place dans l’écosystème.

Vous pouvez consulter l’animation « Mettez fin à la surpêche » sur le site Spion.com ici.

 

Les conséquences de la surpêche 

  • La principale conséquence de la surpêche est le risque de disparition des espèces ciblées. Par exemple, il est souvent question du thon rouge, qui fait partie des poissons les plus consommés au monde.

Pour donner un ordre d’idée, dans les années 2000, les captures de ce poisson atteignaient 53 000 tonnes par an alors qu’elles n’auraient pas dû dépasser 25 000 tonnes pour assurer la pérennité de l’espèce. Le thon rouge est aujourd’hui une espèce menacée, à l’instar de nombreuses autres telles que le cabillaud (aussi appelé morue), l’espadon, le colin, l’anchois, plusieurs espèces de requins et de raies, et bien plus encore !

  • La forte baisse de concentration d’une espèce déséquilibre inéluctablement l’écosystème. Un exemple frappant concerne le poisson perroquet : cet animal « broute » les algues qui se développent sur les coraux. À cause d’une pêche intensive, il n’y a plus assez de poisson perroquets pour débarrasser les coraux des algues. Ces derniers finissent par mourir étouffés, ce qui impacte des centaines d’autres espèces, etc.
  • Avec la hausse du pouvoir d’achat dans les pays en développement et l’augmentation de la population, la demande en poisson ne cesse de croître. L’industrie halieutique a donc développé des systèmes de pêche très rentables mais incroyablement destructeurs.

surpêcheParmi ces méthodes, la plus utilisée dans le monde est celle du chalutage. Elle permet pour les plus gros bateaux, de pêcher PLUSIEURS CENTAINES DE TONNES de poissons PAR JOUR. D’immenses bateaux pouvant atteindre 150 mètres, traînent un gigantesque filet (le chalut) en forme de poche. Les plus grands chaluts ont une « gueule » aussi grande qu’un terrain de rugby et laissent des cicatrices de plusieurs kilomètres de long sur les fonds marins !

Cette pêche peut aussi bien se pratiquer en surface qu’en profondeur. Dans le deuxième cas de figure, le filet est lesté de poids et racle le fond des océans, détruisant tout sur son passage : récifs coralliens, aires de reproduction, … Ces écosystèmes absolument indispensables au maintien de l’équilibre écologique ont mis plusieurs milliers d’années à se construire, et ces filets les détruisent en quelques minutes.

On peut aussi citer les filets dérivants de plusieurs dizaines de kilomètres de long, les lignes d’hameçons tout aussi longues pouvant compter jusqu’à plusieurs millions de crochets.

surpêche

© Vikas Kanwal

Mais également les pêches aux explosifs ou au cyanure ! 

Comme si ces pratiques n’étaient pas assez productives et destructrices, les moyens technologiques ne cessent de se développer et deviennent de plus en plus performants : radar, localisation satellite, drone et autres techniques ne laissent plus aucune chance aux poissons.

  • Ces méthodes extrêmement dévastatrices sont également non sélectives. Chaque bateau rejette à la mer des quantités astronomiques d’organismes marins « non désirés ». Parmi eux on compte de grands animaux tels que les mammifères marins (dauphins, baleines), les requins, les tortues, ainsi que nombre d’oiseaux. Mais également les espèces non comestibles ou n’ayant pas de marché, les poissons trop petits pour la vente et les espèces interdites car protégées. Certains de ces organismes sont rejetés juste parce que le bateau en question n’a plus de place ou que le capitaine a décidé que ce n’est pas l’espèce qu’il voulait attraper.

Evidemment, tous ces animaux sont rejetés à la mer mort ou blessés, et on parle ici de MILLIONS DE TONNES d’êtres vivants. Pour certaines pêcheries, les rejets (bycatch) sont estimés à 80, voire 90% des prises. Un rapport du WWF, estime qu’ils représenteraient 40% des prises maritimes totales.

Un manque de volonté politique

Le lobby de la pêche est très puissant, et il est lourdement financé par l’argent du contribuable. Ces subventions toujours plus importantes encouragent la pêche industrielle, à bord de bateaux-usines toujours plus grands. Les subventions mondiales pour la pêche sont estimées à 30 MILLIARDS de dollars annuels, dont 60% encouragent les pratiques non durables, destructrices, voire illégales.

Mais c’est aller droit dans le mur : les populations de poisson trop affaiblies ne parviennent pas à se renouveler, les réserves halieutiques baissent et les bateaux rentrent au port de moins en moins pleins. Au-delà du désastre écologique que représente la surpêche, elle met en péril la stabilité économique et surtout alimentaire de nombreuses populations humaines vivant de la pêche artisanale.

Malgré les cris d’alerte des scientifiques et les ravages avérés de la surpêche, les quotas de pêche ne sont souvent pas diminués, ou trop peu. À tire d’exemple, en 2016, le quota pour la sole du Golfe de Gascogne a été abaissé de seulement 10% contre les 36 initialement proposés. On peut encore citer le cas du bar dont la population chute dangereusement : la commission avait proposé 6 mois d’interdiction de pêche, elle a finalement été ramenée à 2 mois…

camille-handrich

Camille Handrich, rédactrice EVI.

Je pense que le seul moyen de sauver notre Terre est d’éveiller les consciences. C’est nous, pourtant si petits sur ce vaste monde, qui tenons son salut entre nos mains. Alors nous devons lutter, informer, agir ! Chacun à son échelle peut participer à construire le monde de demain.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*