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La survie des abeilles en jeu

« Si les abeilles venaient à disparaître, l’humanité n’aurait plus que quatre ans à vivre ». Nombreux sont ceux ayant déjà entendu cet adage. Une menace qui semble invisible mais qui pèse pourtant au-dessus de nos têtes et qui soulève des questions quant à l’importance de cet insecte pour maintenir un équilibre écologique fragilisé.

Les causes de la mortalité élevée des abeilles

Depuis quelques années, le taux de surmortalité des abeilles ne cesse d’augmenter. Il atteint aujourd’hui 30 à 35 %, ce qui est totalement anormal. Les pesticides sont les principaux responsables de ce massacre mais d’autres facteurs ne sont pas négligeables : les monocultures, les frelons asiatiques, le changement climatique ainsi que les parasites et autres maladies, pour ne citer que les principaux…

Les pesticides

Avec la croissance de la population, notre société se veut toujours plus productiviste. Et pour produire toujours plus, on n’hésite pas à déverser des tonnes et des tonnes de produits phytosanitaires sur nos cultures.

abeilles

Outre l’impact catastrophique sur notre santé, l’usage de ces substances est un véritable désastre écologique.

On les divise en plusieurs catégories selon leur fonction.

Dans le cas de la mortalité des abeilles, les insecticides sont principalement tenus responsables, bien que TOUS les pesticides soient nocifs. D’ailleurs leur nom vient de l’anglais pest, signifiant « nuisible » et du latin cida, signifiant « tuer ».

Cruiser, Régent ou encore Gaucho, ces noms ne vous sont peut-être pas inconnus, et pour cause : ils ont été au cœur de nombreux scandales environnementaux. Aujourd’hui, aucune multinationale de l’industrie agricole n’oserait prétendre que ces substances ne sont pas toxiques. Bien que certaines sont interdites en France, elles circulent encore sur le marché mondial, sont répandus sur des milliers d’hectares de cultures, et déciment les insectes polinisateurs par milliards.

Des êtres vivants sont empoisonnés voir tués pour le seul motif du profit des multinationales, les insectes mais aussi un bon nombre d’animaux, sans compter les risques humains.

Les monocultures

Les abeilles butinent un très large panel de fleurs différentes, et ont besoin de cette diversité alimentaire pour survivre. Lorsqu’une seule espèce végétale est cultivée sur des dizaines, voire des centaines d’hectares, les abeilles sont privées de nourriture, elles meurent simplement de faim.

Le frelon asiatique

Cet insecte venu d’Asie a été observé pour la première fois en France en 2004, dans le Lot-et-Garonne. Il s’est très vite répandu dans tout le pays et sa population en perpétuelle augmentation est un véritable problème. 

En effet, le frelon asiatique (Vespa velutina) est un prédateur particulièrement vorace, pour qui l’abeilleabeilles est une prise de choix. Ses ravages sur les ruches atteignent leur paroxysme en fin d’été où il lui arrive de dévorer les larves en plus de tuer les ouvrières.

Les changements climatiques

Le réchauffement climatique a un impact indirect sur les abeilles. En effet, il va agir sur les plantes nectarifères, qui, à cause des températures anormales vont avoir du mal à s’épanouir. De fait, elles produiront moins de nourriture pour les abeilles.

Mais en plus d’affaiblir la ruche, le manque de nourriture peut conduire la reine à réduire, voire cesser sa ponte. Dès lors, on assiste à un vieillissement très rapide de la colonie pouvant provoquer sa disparition totale.

Les parasites et maladies

Comme tous les animaux, les abeilles peuvent être touchées par divers parasites ou maladies. De plus, dans une colonie comptant plusieurs centaines d’individus, les épidémies se propagent particulièrement vite. Les plus grands fléaux des ruches sont :

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exemple d’un varroa

Le varroa : acarien qui parasite tous les individus de la ruche sans distinction.

L’acariose : parasite qui se nourrit de l’hémolymphe des insectes. L’hémolymphe peut grossièrement se comparer au sang chez les mammifères, à la différence qu’il circule librement dans le corps des insectes, alors que le sang reste dans les vaisseaux sanguins.

La nosémose : maladie affectant le tube digestif, ne touchant que les abeilles adultes.

Les loques (américaine ou européenne) : bactérie infectant les larves, provoquant la pourriture du couvain. Les deux loques ont des effets similaires, bien que l’américaine soit plus agressive.

L’ascosphérose : mycose qui momifie les larves du couvain.

L’abeille, gardienne de l’équilibre écologique

Au printemps les fleurs s’épanouissent par centaines dans les champs. Leur prolifération est due à la pollinisation. Elle-même due en grande partie aux insectes pollinisateurs, et plus particulièrement aux abeilles.

abeilles

En effet, 80 % des plantes à fleurs sont pollinisées par les insectes, dont 85 % de celles-ci par les abeilles. Concrètement, on compte environ 170 000 espèces de plantes pollinisées par nos petites butineuses.

On estime qu’une colonie peut visiter plusieurs millions de fleurs en une journée. Cette redoutable efficacité est due à l’organisation parfaitement réglée de la ruche, et aux capacités de communication entre les individus. Si les abeilles venaient à disparaître, on considère qu’environ 40 000 espèces de plantes à fleurs ne pourraient plus se reproduire et verraient ainsi leur population chuter drastiquement, voir s’éteindre.

La disparition de tant de variétés de plantes serait dramatique pour l’environnement. En effet, c’est tout l’équilibre de l’écosystème qui serait perturbé.

Les abeilles et les hommes : des destins croisés

Les conséquences de la disparition des abeilles seraient également catastrophiques pour les humains. En effet, un tiers des aliments que nous consommons sont tributaires de ces insectes : sans la pollinisation par les abeilles, les pertes de végétaux cultivés à grande échelle seraient énormes.

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Ainsi, nous verrions notre diversité alimentaire considérablement réduite. Ce phénomène mènerait directement à une diminution de notre qualité de vie.

De plus, la valeur économique mondiale de la pollinisation étant estimée à 265 milliards d’euros par an, sans compter les abeilles sauvages, l’industrie agricole serait exposée à d’énormes pertes économiques en cas de disparition des abeilles. Ce point montre bien que la démarche de cette industrie est absurde et contre productive : elle serait la victime de sa propre politique.

Agir pour les abeilles 

Voici les liens de quelques associations qui luttent pour la préservation des abeilles, n’hésitez pas à y jeter un œil ou deux !

http://www.sauvonslesabeilles.com/ : Association française d’intérêt général, Terre d’Abeilles agit au plan national, européen et international pour la protection des abeilles et autres pollinisateurs sauvages.

http://www.pollinis.org/ : POLLINIS est une association européenne indépendante et sans but lucratif. Elle milite pour sortir l’Europe du système agricole intensif actuel en luttant contre le tout-pesticide et pour la protection des pollinisateurs, notamment les abeilles.

https://www.greenpeace.fr/ : En ce qui concerne les abeilles, Greenpeace lutte actuellement pour l’interdiction des pesticides qui leur sont nocifs, la conservation de leur habitat et pour soutenir et promouvoir l’agriculture écologique.

De votre côté, vous pouvez également œuvrer pour la sauvegarde de ces insectes :

  • Consommez un maximum de produits issus de l’agriculture biologique si vous en avez la possibilité. Ainsi vous soutenez le développement d’une agriculture sans pesticides, donc non meurtrière pour les insectes pollinisateurs.

  • Si vous avez un jardin, n’hésitez pas à le fleurir avec des fleurs mellifères. Pensez également à utiliser des produits écologiques pour son entretien, n’utilisez plus les engrais chimiques et autres herbicides car il existe des alternatives.
  • Fabriquer un hôtel à insectes pour héberger les abeilles solitaires et leurs œufs. C’est facile et très amusant à faire avec les enfants !

  • Soutenir des associations en leur faisant un don ou en parrainant une ruche.

  • Vous informer et relayer l’information ! Plus nous serons nombreux à être conscient de ce qui est en train de se jouer, plus notre impact sera grand pour la protection des abeilles ! Je vous invite à visionner ce film de Markus Imhoof : Des abeilles et des hommes, documentaire traitant des conséquences de la disparition des abeilles.

 

 

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