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Le chat sauvage écossais, une espèce préservée par les associations locales

Le chat sauvage écossais est l’un des mammifères les plus menacés au monde. Même si leur comptage est délicat, le nombre de chats dits « purs souches » et vivant dans la nature est environ de 100, et s’élève à 400 en comptant ceux en captivité. Sur 2 millions d’années, ce n’est qu’au cours des 150 dernières que leur espèce a fortement diminué.

Le « tigre des Highlands » : une espèce implantée au Nord-Ouest de l’Ecosse depuis 2 millions d’années

Il appartient à la sous-espèce « Felis silvestris grampie ». Il est largement différentiable de nos chats domestiques : sa tête est large et plate, ses oreilles sont à bouts arrondis, sa queue de 29 cm est touffue à bout arrondi et cerclée d’anneaux noirs et son pelage brun est rayé noir. Avec une longueur totale avoisinant les 56 cm et un poids allant de 5 à 7 kg pour les mâles et de 4 kg pour les femelles, ils sont intimidants.

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Les chats sauvages sont solitaires et nocturnes. Ils vivent dans les forêts écossaises du Nord-Ouest, les Highlands. Ces montagnes sont à faible altitude et couvertes par le pâturage des moutons. Craintifs, ils ne s’approchent pas des humains mais peuvent attaquer s’ils se sentent menacés. Ils chassent au lever et au coucher du soleil des petits mammifères (rongeurs, lièvres) ou bien des poissons, grenouilles et reptiles car ils n’ont pas peur de l’eau.

Leur espérance de vie dans leur milieu naturel est de 8 ans, contre 15 s’ils sont en captivité. Cette différence s’explique par des causes naturelles (hybridation, maladies) mais est accentuée par l’action de l’Homme (chasse, déforestation). Aujourd’hui, les derniers ne sont présents que dans les Highlands sur toute la Grande-Bretagne. C’est pour cette raison que la loi leur attribue un statut protecteur depuis 1981.

Une existence principalement menacée par l’hybridation

Les chats sauvages ont occupé pour partie les terres avoisinant les villages écossais. C’est de cette manière qu’ils se sont retrouvés au contact des chats domestiques errants. Cette rencontre a engendré la transmission de maladies mortelles par ces derniers, telles que la leucémie ou le coronavirus félin.

La reproduction des chats sauvages écossais n’a lieu qu’une fois par an, contrairement aux chats domestiques. Ces accouplements ont donné lieu à des hybridations engendrant la perte des spécificités de l’espèce. Les scientifiques considèrent aujourd’hui que les chats sauvages « purs » ont au moins une ascendance hybride ou domestique. Le phénomène de l’hybridation a été limité grâce à son isolement de leur territoire du reste de l’Europe.

L’intervention de l’Homme par la modification de son habitat et sa traque

Les Highlands écossais abritent des forêts calédoniennes composées en grande partie de pins, chênes et bouleaux. Dans les mousses et les broussailles les chats sauvages ont leurs terriers, et au-delà occupent un territoire de 6 km² en moyenne pouvant s’étaler jusqu’à 25 km². La déforestation massive du Nord-Ouest écossais a été engendrée par l’implantation de l’agriculture et des pâturages, par la volonté de réduire la population de loups en brûlant les bois et par la sylviculture commerciale (combustible). Par conséquent les félins ont été délogés de leurs territoires, tout comme les proies qu’ils chassent.

Le chat sauvage écossais a été considéré à tort comme un prédateur pour l’Homme jusqu’au milieu du XXè siècle. Malgré sa présence près des troupeaux en élevage, il ne les attaque que très rarement. Pourtant les pièges des chasseurs se sont multipliés contre lui. Avec l’action des braconniers, ils ont été chassés pour leur fourrure touffue. La technologie a quant à elle multiplié les accidents de voiture contre ces mammifères.

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Des initiatives associatives insolites

Highland Titles est une association qui souhaite « ré-ensauvager » les Highland, c’est à dire rendre les paysages plus naturels. Pour cela ils replantent des arbres (ceux d’origine ne représentent plus que 1% de la forêt totale), plantent des fleurs sauvages afin d’augmenter la population d’abeilles et réintroduisent la faune locale menacée (castor, campagnoles, libellules, Balbuzard pêcheur, Hespérie du brome…).

Pour parvenir à financer ces opérations de préservation, l’association a acquis deux réserves naturelles : Glencoe Wood et Mountain View. Elle propose l’acquisition de parcelles de terrain de 1, 10, 100 ou 1000 square feet (1 m² = environ 10 sqft) contre une certaine somme. Vendu comme « le cadeau le plus responsable au monde », l’achat permet en échange de se faire appeler par le titre honorifique de « Lord, Laird ou Lady ». L’acquéreur a un droit personnel sur sa parcelle, mais l’association reste le propriétaire foncier et gère le terrain. Leur communauté compte aujourd’hui près de 100 000 membres.

L’association Wildcat Haven travaille en collaboration avec la précédente. Elle procède à la capture des chats hybrides et errants afin de les stériliser et de les relâcher ensuite. Les chats sauvages purs sont dotés d’un collier radio afin de transmettre toutes les informations utiles sur leur environnement. Pour les attirer et les repérer, l’association a mis en place des pièges photographiques. Enfin, des enclos boisés avec un minimum de présence humaine accueille les chatons orphelins et les chats blessés.

Pour financer, l’association propose le parrainage d’un chat sauvage ou l’achat d’une parcelle de terrain également. A l’échelle locale, les propriétaires fonciers s’engagent volontairement dans la création et la préservation de zones forestières adaptées pour laisser les chats se développer.

La protection de cette espèce sauvage menacée peut impliquer de nombreux acteurs indirects via ces dons déguisés. L’originalité de ces achats doit pousser les touristes à en parler autour d’eux comme un souvenir de vacances à vie.

Le chat sauvage écossais est distinct du chat sauvage européen, même si le débat de sa classification reste actuel. Le chat sauvage européen est toujours implanté en France. Sa présence est répertoriée dans 44 départements dont les principaux sont les Vosges et le Jura. Comme toutes les espèces sauvages sont aujourd’hui exposées à l’activité de l’Homme, ces derniers doivent acquérir suffisamment de connaissances sur l’espèce afin d’harmoniser les besoins modernes à leur préservation.

Sources :