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Le Jour du dépassement 2016

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Depuis 1986, l’ONG Global Footprint Network s’attache à calculer annuellement le jour à partir duquel la consommation de l’Homme excède ce que la planète peut produire et absorber en un an.

Cette année, ce jour est tombé ce lundi 8 août, 132 jours plus tôt qu’il y a 45 ans. Chaque année, cette journée survient plus tôt et les conclusions sont de plus en plus alarmantes, mais sur quoi repose réellement ce calcul et existe-t-il des solutions pour remédier à ce phénomène ?

Le principe

Global Footprint Network base son calcul sur la comparaison entre l’offre de la nature ou « biocapacité », c’est-à-dire tout ce qu’une zone peut produire et absorber comme déchets, et la pression exercée par l’Homme sur la nature ou « empreinte écologique », c’est-à-dire ce que l’Homme a besoin pour consommer et ce qu’il rejette comme déchets à l’échelle d’un pays, d’une région ou encore d’une ville.

Calcul : (Biocapacité / Empreinte écologique) × 365 jours = jour du dépassement

Le résultat actuel est de 221, signifiant que le 221e jour de l’année symbolise le jour du dépassement. Ce chiffre reste symbolique mais le bilan est flagrant : nous surexploitons la planète qui n’est plus dans la capacité de se régénérer. Or, les ressources naturelles sont indispensables à notre survie.depassement

Un indicateur controversé

Ce calcul est très critiqué par de nombreux scientifiques et journalistes. Le plus fervent opposant est Léo Hickman, chef de la WWF au Royaume-Uni. Dans son article publié dans le Guardian, il déclare notamment 

Comment pouvez-vous coller ensemble des faits concernant, par exemple, les gaz à effet de serre, la destruction des forêts tropicales et le rendement du maïs, pour arriver à un seul chiffre.

Il critique notamment la notion « d’hectare global » qui repose sur des milliers de données issus de divers organismes (ONU, Agence internationale de l’énergie, le département des statistiques des Nations unies et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

La notion d’empreinte écologique est également remise en cause par les scientifiques, qui considèrent qu’elle est impossible à calculer en raison de la multiplicité des méthodes de calculs et des facteurs pouvant être pris en compte.

Pour certains, il semble que ce soit principalement les émissions de CO2 qui sont responsables du dépassement et non l’emploi des ressources pour nous nourrir. C’est pourquoi Michael Shellenberger, Breakthrought Institute propose :

Laissons tomber l’empreinte écologique et commençons à mesurer directement notre empreinte carbone. Et utilisons des mesures plus significatives pour vérifier si notre exploitation des terres, des forêts, des mers, est faite de façon durable.

Phénomène irréversible

Bien que controversé, ce jour du dépassement veut avant tout marquer les esprits dans un contexte de surconsommation et de pollution intensives. Nous ne possédons qu’une seule terre et notre survie est en jeu. Quels que soient les facteurs et les possibilités de calcule divers, il est démontré que l’activité humaine actuelle puise dans les sources de notre planète. Il plus que jamais indispensable de prendre des mesures significatives et durables pour assurer les ressources naturelles de la planète et réduire les émissions de CO2.

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Source Global Footprint -FNH

De nombreux pays multiplient déjà les efforts dans le domaine environnemental, notamment dans la production d’électricité à partir des énergies renouvelables. Mais désormais, l’espoir repose avant tout sur la tenue des engagements pris par la communauté internationale lors de la COP 21 en décembre 2015. Sinon, le « jour du dépassement » pourrait survenir dès le mois de juin en 2030.

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