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Le requin, animal essentiel au sein de l’écosystème

Le requin, ou l’incompris

Le requin est un prédateur naturel primordial au sein de l’écosystème marin. Ce n’est pas uniquement au bénéfice des mers et des océans qu’il est utile, mais pour l’ensemble de la Terre et de ses habitants, y compris nous, les humains. En tuant les poissons blessés, porteurs de maladies ou carnivores, le requin régule les fonds marins. S’il n’exerçait pas ce rôle de prédateur, d’autres animaux se multiplieraient, perturbant le cycle qui perdure depuis des centaines de millions d’années. Les herbivores seraient chassés en masse par les carnivores. Ils ne pourraient plus assurer leur propre rôle régulateur, les récifs étoufferaient sous la végétation abondante. L’oxygène délivré, ainsi que l’absorption des gaz carboniques, ne seraient alors plus gérés par ce que l’on nomme le « second poumon de la Terre ». Ainsi, lorsque l’on ôte une maille de la chaîne, cela influe sur l’ensemble de la planète et c’est ce qu’il nous revient de réaliser, en tant qu’individu et consommateur. Pêcher, manger, ne sont en effet pas des actes individuels, mais une prise de position sur le maintien et l’avenir de la biodiversité.

La technique de pêche dite du « finning »

Une pratique particulièrement cruelle, le « finning », est encore illégalement utilisée à travers le monde et est passée très longtemps inaperçue. Cette méthode consiste à prélever uniquement l’aileron du requin avant de rejeter l’animal, encore vivant, à l’eau. L’objectif étant de pêcher plus vite et de ne pas s’encombrer des requins entiers – jugés inutiles – afin de posséder plus de place, pour plus d’ailerons. Mais cet acte signifie pour l’animal une souffrance inimaginable et une mort assurée, coulant au fond de l’océan sans possibilité de pouvoir nager de nouveau. En 2003, le « finning » a été interdit en haute mer en Union Européenne. Les pêcheurs devaient alors conserver les animaux à bord. Mais des dérogations permettaient encore de nombreux actes illégaux. Entre 2012 et 2013, la Commission Européenne a mis en place une nouvelle réglementation obligeant à débarquer les requins entiers dans le but d’empêcher toute possibilité de « finning » illégal. La Commission des pêches de l’Atlantique nord-est a banni le « finning » en 2014 et celle du nord-ouest a réagi de même en 2016. Le Costa Rica a notamment interdit cette technique depuis 2005. Certaines régions interdisent même toute possession d’aileron de requin – comme en Californie ou à Hawaï aux États-Unis – tandis que d’autres ont créé des zones protégées – comme les îles Marshall, en Océanie, à Honduras, aux Maldives ou aux Bahamas. La Chine elle même, principale cause de l’importation d’ailerons de requins, semble vouloir oeuvrer dans ce sens. Pourtant, la demande est encore forte et la pêche illégale présente, même au sein de réserves naturelles protégées. La pêche intensive du requin, qu’elle soit réalisée via le «finning», les palangres ou toute autre méthode, met sérieusement en péril cette espèce – déjà réduite de 90% en quelques années – ainsi que le bon fonctionnement de l’écosystème qui nous fait vivre.

Attaques de requins ?

Le requin est perçu comme un animal dangereux pour l’homme depuis des années. Cette image accentuée par les films divers est devenue un véritable fléau pour l’animal. Car, en réalité, les attaques mortelles de requin envers l’homme ne dépassant pas la dizaine. Statistiquement, il est plus probable de périr en étant frappé par la foudre, qu’en subissant une attaque de requin. Il revient notamment de la responsabilité de chaque individu de ne pas se mettre volontairement en situation de danger en allant parfois dans des zones interdites. Naturellement, le requin ne possède aucun intérêt à attaquer l’homme. Divers facteurs peuvent être à l’origine de ces attaques, notamment le réchauffement des eaux dû au changement climatique. En effet, la température de l’eau augmentant, les requins peuvent modifier leurs habitudes et s’aventurer dans des zones plus froides.

En 2003, Yann PERRAS, véliplanchiste, a été victime d’une attaque de requin. Pourtant, son désir de voir l’espèce protégée est resté intact comme le prouve son témoignage relayé par l’ASPAS :


Amputé d’une jambe suite à une morsure, j’ai refusé de laisser ma tragédie personnelle alimenter la peur infondée de ces animaux. Au contraire, je veux mettre en lumière des pratiques de pêche à la fois cruelles et destructrices. Mon témoignage a pour objectif d’alerter les consciences, en plaidant en faveur de l’arrêt du finning, et de l’établissement de quotas de pêche. La réaction à La Réunion qui a été d’autoriser la pêche punitive de requins n’est à mon sens non seulement pas une décision rationnelle et utile mais elle va également à l’encontre même du message que je souhaite véhiculer : le requin n’est à la base pas un animal dangereux, seules certaines circonstances peuvent êtres dangereuses. Il appartient donc à l’homme de respecter les conditions pour assurer des baignades en sécurité. 


Comment aider à protéger le requin dans le monde ?

Les requins comprennent plus de trois cent cinquante espèces, pourtant une grande majorité des populations de requins a disparue ou est en danger. Les requins atteignent leur maturité sexuelle tardivement. Le requin blanc mâle, par exemple, ne peut procréer qu’à partir de l’âge de 10 ans. Ovovivipare, la femelle développe des œufs au sein de son utérus, elle produit une petite portée de petits, suite à une gestation allant de 7 mois à 2 ans. La surpêche sans considération de leur âge ou de leur taux de survie, entraîne un déclin de l’espèce qui ne se reproduit pas assez vite et cela affaiblit autant leur population que l’écosystème qui en dépend.

. N’achetez pas de produits issus des requins

. Soutenez les associations qui luttent pour préserver les requins telles que :

ASPAS

. Signez les pétitions :

 

Stopper le massacre des requins à la Réunion

 

Retrouvez ces informations et de nombreuses autres ainsi que « Wilson » notre requin abandonné au sein de l’EVI MAG’ illustré !

 

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