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Les expérimentations animales : une cruauté menée en toute légalité

Dans le monde entier, les tests sur les animaux sont légaux. Les lois visant à réglementer cette pratique sont plus ou moins strictes selon les pays, mais elles tendent progressivement à s’harmoniser autour de principes communs tels que la limitation des tests aux domaines scientifiques et médicaux, un contrôle plus rigoureux des personnes, des structures et/ou des projets utilisant des animaux et une volonté de réduire l’utilisation des animaux ainsi que leur souffrance. Cependant, pour le moment, un arrêt total des expérimentations animales ne semble pas envisagé.

Pour la protection de la santé publique

Les lois mondiales autorisent les expérimentations à plusieurs fins :

  • diagnostic, traitement, prévention des maladies

  • contrôle de toxicité

  • contrôle des denrées alimentaires

  • recherche fondamentale et appliquée

  • enseignement supérieur

  • protection de l’environnement

  • recherche en vue de la conservation des espèces

  • les enquêtes médico-légales

L’usage d’animaux dans les tests est notamment récurrent avant la commercialisation de nouveaux produits rentrant en contact direct avec l’homme, les animaux ou l’environnement et pouvant entraîner des risques. Les animaux sont donc largement employés pour contrôler l’innocuité des substances concernant : les médicaments, les additifs alimentaires, les produits chimiques, les dispositifs médicaux, les constituants de produits ménagers ainsi que les produits agricoles.

Ainsi, en Europe, les laboratoires pharmaceutiques sont dans l’obligation de prouver la qualité, l’efficacité et la sécurité de leur médicament avant d’obtenir l’indispensable autorisation de mise sur le marché (AMM) octroyée par la Commission européenne. Les animaux sont largement ciblés pour effectuer ces tests, malgré l’inutilité prouvée des résultats.

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© terrefuture.blog.free.fr / DR

De même, en 2007 est rentré en vigueur le règlement européen REACH (règlement n°1907/2006). Cette réglementation vise à un meilleur contrôle des substances chimiques fabriquées et utilisées sur le marché européen. Bien qu’elle encourage l’utilisation de méthodes alternatives lorsque cela est possible, elle entraîne toutefois une hausse importante de l’emploi des animaux pour ces tests.

Aux États-Unis, le Toxic Substances Control Act (TSCA) autorise également l’utilisation d’animaux pour tester les produits chimiques. Cependant, Barack Obama a révisé cette loi en juin 2016. Désormais, elle décourage l’utilisation des animaux vertébrés pour tester les produits chimiques tandis que le ministère de l’environnement (EPA) doit créer une base de données des alternatives existantes dans les deux années à venir.

Des lois de protection insuffisantes

La majorité des pays possède des textes de protection des animaux de laboratoire à l’image de la directive européenne 2010/63/EU, l’Animals Act en Angleterre, l’Animal Welfare Act et le Health Research Extension Act aux États-Unis, les Considérations éthiques et protection des animaux de laboratoires en Chine (2005) ainsi que des organismes de contrôle comme le Conseil canadien de protection des animaux, le NHMRC (National Health and Medical Research Cole) et le National Animal Welfare Bill en Australie.

Quelles espèces protégées ?

La directive européenne protège les animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, amphibiens) y compris les formes larvaires autonomes ou fœtales. Après des études prouvant la capacité des céphalopodes a éprouvé de la souffrance, la directive l’inclut désormais dans le cadre de protection. L’utilisation des primates non humains fait également débat «en tant qu’espèces les plus proches des êtres humains». Elle considère aussi que :

« Il y a lieu de n’autoriser l’utilisation des grands singes, en tant qu’espèces les plus proches des êtres humains, avec les aptitudes sociales et comportementales les plus avancées, quaux fins des recherches visant à la préservation de ces espèces, et lorsque des actions concernant une affection potentiellement mortelle ou invalidante frappant l’homme s’imposent, et qu’aucune autre espèce ni méthode alternative ne suffirait pour répondre aux besoins de la procédure. »

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© maxisciences.com / DR

À noter que le terme de ‘grand singe’ englobe les espèces suivantes : chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans. En 2013, les États-Unis ont également renoncé à utiliser les chimpanzés dans la recherche. Retenons toutefois, que la directive permet quand même l’utilisation des grands singes en cas de problème majeur et que les grands singes ne constituent qu’une partie des nombreux primates utilisés dans les expériences biomédicales à l’image des macaques en neuroscience.

Hormis les primates non humains, la directive européenne permet également l’utilisation d’espèces menacées notamment pour la «prévention, la prophylaxie, le diagnostic ou le traitement de maladies, de mauvais états de santé ou d’autres anomalies ou de leurs effets chez l’homme, les animaux ou les plantes».

Les lois de protection américaines témoignent fortement de cette différenciation entre espèces. En effet, lAnimal Welfare Act offre une protection minimale à certaines espèces. Les rongeurs, les oiseaux, les animaux à sang froid, qui constituent 90 à 95 % des animaux utilisés dans les laboratoires américains, ne sont aucunement protégés par la loi. Ce constat est très inquiétant car les États-Unis sont les plus gros utilisateurs d’animaux de laboratoire avec environ 100 millions d’animaux par an. Aucune juridiction ne protège donc la grande majorité des animaux utilisée sur le territoire américain.

Diminuer la souffrance

Les textes insistent sur la nécessité de minimiser au maximum les souffrances des animaux. Dès lors, les expérimentations doivent être réalisées sous anesthésie générale. Toutefois, la recherche est privilégiée et la directive décide que :

« Les États membres veillent à ce que, sauf si cela n’est pas approprié, toutes les procédures soient menées sous anesthésie générale ou locale et en recourant à des analgésiques ou à une autre méthode appropriée, afin de s’assurer que la douleur, la souffrance et l’angoisse soient limitées au minimum. »

Article 14

Ainsi, «si l’anesthésie est incompatible avec la finalité de la procédure », elle n’est pas obligatoire. Dans ce cas, un minimum d’animaux doit être utilisé pour l’expérience.

Autorisation et contrôle

Les lois obligent l’obtention d’une autorisation pour toute utilisation d’animaux dans des expériences. En Europe, le chercheur doit justifier l’utilisation d’un animal dans son projet ainsi que l’impossibilité d’opter pour une alternative. Les lois exigent également des contrôles : des élevages, fournisseurs et laboratoire agréés tandis que les projet de recherche doivent faire l’objet d’une évaluation éthique. Les personnels suivent également des formations sur l’éthique. Les États-Unis et la Chine sont plus souples dans la mise en œuvre de ces contrôles.

Malgré ces contrôles, des violations sont souvent mises à jour par les associations anti-vivisections ou de protections animales.

Exemples :

Malheureusement, les amendes sont souvent insuffisantes par rapport aux bénéfices amassés par les laboratoires grâce aux expérimentations animales. C’est notamment le cas aux États-Unis où les inspecteurs de l’U.S Department of Agriculture (USDA), chargés de faire respecter AWA sont véritablement frustrés de leur incapacité à pouvoir sanctionner efficacement les laboratoires.

La règle des 3 R

Cette règle a été élaborée en 1959 par deux chercheurs anglais W.M.S Russel et R. L. Burch après avoir étudié les souffrances animales. Les 3 R signifient :

  • Réduire le nombre d’animaux utilisés

  • Raffiner les méthodes utilisées afin de réduire voire supprimer l’inconfort ou la douleur de l’animal.

  • Remplacer les animaux lorsqu’une alternative existe.

D’abord, considérée comme une recommandation, elle devient une ligne directrice adoptée par les institutions et introduite progressivement dans les réglementations. Cependant, cette règle reste une recommandation et en aucun cas une obligation. En effet, la loi stipule :

1. Les États membres veillent, dans toute la mesure du possible, à ce que soit utilisée, au lieu d’une procédure, une méthode ou une stratégie d’expérimentation scientifiquement satisfaisante, n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants.

2. Les États membres veillent à ce que le nombre d’animaux utilisés dans un projet soit réduit au minimum sans compromettre les objectifs du projet.

3. Les États membres veillent au raffinement des conditions d’élevage, d’hébergement et de soins, et des méthodes utilisées dans les procédures, afin d’éliminer ou de réduire au minimum toute douleur, souffrance ou angoisse ou tout dommage durable

Ainsi, le test de Draize (test d’innocuité sur la cornée) est toujours mené alors que des reproductions de cornées humaines et d’autres méthodes existent afin de remplacer le lapin.

Une réglementation insuffisante !

Avec l’interdiction des expérimentations dans le domaine des cosmétiques, naît un espoir de voir disparaître totalement les expérimentations.

Cependant, la directive européenne qui se révèle être un véritable exemple pour les autres pays favorise davantage la recherche scientifique au détriment du bien-être animal malgré ce qu’elle laisse paraître au première abord.

En effet, lorsque la directive déclare par exemple : « Les animaux capturés dans la nature ne sont pas utilisés dans des procédures » (Art.10) ; « Animaux d’espèces domestiques errants ou devenus sauvages » (Art.11) ; « les spécimens des primates non humains ne sont pas utilisés dans des procédures» (Art.8), ces affirmations sont ensuite toujours suivies de dérogations possibles. Ainsi, il ne s’agit que d’une protection de façade, ces exemples ne sont pas exhaustifs et ces dérogations se retrouvent encore dans de nombreux autres cas.

Enfin, le plus important, elle ne remet pas en cause l’utilisation des animaux et, au contraire, affirme la nécessité de poursuivre les expérimentations pour le progrès médicale.

« S’il est souhaitable de remplacer l’utilisation d’animaux vivants dans les procédures par d’autres méthodes qui

n’impliquent pas leur utilisation, l’utilisation d’animaux vivants demeure nécessaire pour protéger la santé

humaine et animale ainsi que l’environnement. Cependant, la présente directive représente une étape importante

vers la réalisation de l’objectif final que constitue le remplacement total des procédures appliquées à des

animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives, dès que ce sera possible sur un plan scientifique. »

Les États-Unis, quant à eux, en ne protégeant que 10 % des animaux utilisés dans les expériences, possède une réglementation totalement inutile. Tandis que d’autres pays peinent déjà à interdire l’utilisation des expérimentations animales dans le domaine des cosmétiques, il est difficilement envisageable que cela soit le cas dans une plus large mesure.

La recherche médicale est possible sans les animaux. Dans ce contexte, continuer de tuer des millions d’animaux chaque année légalement est inadmissible. Il faut continuer à sensibiliser les personnes autour de nous et faire entendre nos voix à nos gouvernement car ils sont les seuls à pouvoir définitivement mettre fins à ces tortures légalement.

Pour en savoir plus :

Stop-vivisection

NEAVS

Animal Legal Defense Fund

 

Allison Demailly, rédactrice EVI.Allison_Demailly

Dans une société où tout va à cent à l’heure et où les préoccupations du quotidien nous éloignent des dégâts causés à la planète, il est important de multiplier les actions afin d’informer et de sensibiliser les personnes au monde qui nous entoure. Une harmonie est possible entre l’homme et la nature. Il suffit que chacun y mette sa patte.

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