EVI
fren

L’huile de palme : une menace pour l’environnement, les animaux et l’homme

L’huile de palme est actuellement l’huile végétale la plus consommée au monde. La production mondiale a été multipliée par 4 en 20 ans, passant de 15,2 millions de tonnes en 1995 à 60 millions de tonnes en 2015. Elle est particulièrement prisée par l’industrie agroalimentaire, mais on la retrouve aussi dans presque tous les produits de consommation courante, y compris les cosmétiques et les biocarburants.

 

Depuis quelques années, elle fait face à de vives critiques car elle est à l’origine d’une véritable catastrophe écologique. On l’accuse également d’être mauvaise pour la santé.

Pourquoi est-elle si populaire ?

Cette huile, extraite des fruits du palmier, a l’avantage d’avoir un coût de fabrication très faible pour un rendement énorme. Par comparaison, la production des autres huiles végétales demande beaucoup plus de surface cultivable : pour un hectare, on obtient près de 4 tonnes d’huile de palme, contre moins d’une tonne d’huile de colza, de tournesol ou de soja.

Produite majoritairement en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique, l’huile de palme présente des propriétés intéressantes pour l’importation. Elle est facile à transporter sur de longues distances car elle reste semi-solide à température ambiante, grâce à sa forte teneur en acides gras saturés. Elle peut aussi se conserver très longtemps, à savoir pendant plusieurs années.

En quoi la production d’huile de palme pose problème ?

Des conséquences écologiques désastreuses

Les palmiers à huile ont pour particularité de pousser au sein d’un climat tropical et humide. Les plantations empiètent donc sur des forêts très riches en biodiversité. L’Indonésie et la Malaisie sont les deux plus gros producteurs, avec 85% de la production mondiale. La Thaïlande, la Colombie, ou encore le Nigéria se partagent le reste.

Dans ces pays, on assiste à une déforestation massive au profit de l’implantation de palmiers. La culture de ces arbres compte pour 40% de la déforestation mondiale liée à l’agriculture intensive.

huile de palme

© Rainforest Action Network https://www.flickr.com/photos/rainforestactionnetwork/5244533471

Mais ce n’est pas tout : pour cultiver les palmiers, les industriels défrichent les champs par le feu. Les incendies détruisent les écosystèmes, les sols et participent à la pollution atmosphérique. En effet, cette technique dite du « brûlis » relargue des milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, et contribue donc au changement climatique.

D’autres pratiques agricoles sont néfastes pour l’environnement. Des pesticides très toxiques sont encore trop souvent utilisés dans les plantations, malgré leur interdiction par l’UE. Il s’agit par ailleurs d’une monoculture, qui remplace des forêts. Cela engendre une dégradation massive de la diversité des plantes, mais aussi des oiseaux, des insectes et des mammifères qui en dépendent.

Des animaux sauvages en grand danger

Là où les forêts tropicales cèdent face à des champs de palmiers qui s’étendent à perte de vue, c’est toute la faune qui est en péril. De nombreux animaux pâtissent de la destruction de leur habitat naturel, voire meurent brûlés par les incendies. Ils sont également menacés par le braconnage, et sont capturés ou tués lorsqu’ils errent dans les plantations, où leur présence est vue comme une gêne.

Les orangs-outans sont les victimes de l’huile de palme les plus médiatisées. C’est une espèce en danger, qui ne vit plus à l’état sauvage qu’en Indonésie et en Malaisie. Or, on observe une diminution drastique de la population au cours des dernières décennies. S’ils ne meurent pas dans les feux de forêts, les orangs-outans sont braconnés et finissent sur le marché noir. Ils sont vendus comme animal de compagnie ou pour leur viande. Au rythme actuel, ils pourraient disparaître à l’état sauvage dans les dix ans à venir.

huile de palme

© Tbachner [Public domain], via Wikimedia Commons

Mais les orangs-outans ne sont pas les seuls à souffrir. Du côté de l’Asie, on trouve également les rhinocéros, les tigres, les éléphants et les ours. Du côté de l’Afrique, où l’exploitation de palmiers à huile commence à se développer, ce sont d’autres grands singes qui sont en danger : les gorilles et les chimpanzés.

Des conséquences humaines et sanitaires

La production d’huile de palme a des impacts sur l’homme, notamment sur les populations locales. Les feux de forêts produisent des fumées toxiques qui se propagent sur de longues distances. Ces fumées sont responsables de la mort de milliers de personnes.

Dans les plantations, les organisations de défense des droits de l’homme relèvent des violations graves, allant de l’expropriation illégale des fermiers locaux à l’exploitation des travailleurs. Ces derniers travaillent dans des conditions abusives et dangereuses. En cause : la pauvreté et l’utilisation de pesticides toxiques, entre autres. Il arrive que des enfants et des femmes soient soumis au travail forcé.

Des mesures prises pour encadrer l’huile de palme

La législation sur l’étiquetage des produits figure en tête de la lutte contre l’huile de palme. Des labels « sans huile de palme » sur les produits alimentaires ont été créés, mais ne sont pas obligatoires. En revanche, les industriels n’ont pas le droit de masquer sa présence sous une désignation générique, comme « huile végétale » ou « graisse végétale ».

Depuis le début des années 2000, il existe une certification RSPO sur l’huile de palme issue de l’agriculture durable. Elle garantit que les plantations de palmiers n’ont pas remplacé des forêts primaires, et que la production s’est faite dans le respect des populations locales et sans travail infantile.

Certains pays, en l’occurrence la France et l’Allemagne se sont engagés à utiliser 100% d’huile de palme issue de l’agriculture durable d’ici 2020.

Que faire à notre niveau ?

Faut-il boycotter l’huile de palme ?

Ce n’est pas si simple, mais c’est important. Les autres huiles végétales, comme celles de de tournesol, de colza ou d’olive, ont moins de conséquences environnementales et sont meilleures pour la santé.

Elles sont plus chères et moins productives et donc moins utilisées dans la conception de produits divers. Pour autant, de nombreux éléments similaires à ceux utilisant l’huile de palme existent sans celle-ci. Prenez la peine de regarder les ingrédients et de progressivement opérer un changement dans votre alimentation. Vous remarquerez que vous pourrez toujours trouver les mêmes types de produits que vous recherchez, moins nombreux mais bien existant, et que vous ferez alors un véritable geste pour la nature, les populations locales et vous-même.

Si besoin, préférez d’ores et déjà l’huile de palme durable, ou certifiée RSPO. A l’origine cette huile est utilisée dans la médecine et la cuisine traditionnelles dans des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud. Elle est naturellement riche en vitamine A et en nutriments. Sa consommation, de façon modérée, ne pose a priori pas de problème. Pour votre santé, privilégiée l’huile non hydrogénée. L’huile transformée pour l’industrie agroalimentaire par raffinage peut présenter des risques. Lorsqu’elle est hydrogénée, elle contient des acides gras trans qui contribuent à l’augmentation du taux de cholestérol et aux maladies cardio-vasculaires.

Attention : les produits bio peuvent contenir de l’huile de palme. Vérifiez donc bien les informations données sur l’emballage pour mieux choisir votre produit.

Agir pour la protection des espèces en danger

Pour participer à la protection des animaux et encourager les industriels à adopter des pratiques plus respectueuses, vous pouvez également apporter votre soutien aux associations défense :

  • La LFPO (Ligue Française de Protection des Orangs-Outans).

  • Kalaweit, qui agit sur le terrain pour protéger les primates, notamment via l’achat de terres.

Des pétitions à signer en ligne :

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*