L'importation des trophées de chasse de nouveau autorisée aux Etats-Unis
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Credit GAO U.S Government Accountability Office
Credit GAO U.S Government Accountability Office

L’importation des trophées de chasse de nouveau autorisée aux Etats-Unis

Encore un pas en arrière de la part du gouvernement américain, qui favorise les intérêts des chasseurs au détriment de l’éthique et des animaux. Les animaux tués en Afrique par les chasseurs américains pourront désormais être rapportés aux États-Unis en tant que (vulgaires) trophées.

Le 1er mars 2018, le U.S. Fish and Wildlife Service a fait savoir que l’importation de trophées de chasse en provenance de six pays africains – l’Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe – à destination du territoire américain, serait de nouveau possible. Les chasseurs recevront des autorisations au cas par cas, à l’abri du regard du grand public et des associations de défense de la vie sauvage.

Les éléphants, les antilopes et les lions touchés par la mesure

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Antelope blesbock By Derek Keats from Johannesburg, South Africa – Blesbok, Damaliscus pygargus phillipsi, at Krugersdorp Game Reserve, Gauteng, South Africa, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49391408

Le US Fish and Wildlife Service autorise donc dorénavant l’importation de trophées d’éléphants, d’antilopes connues sous le nom de blesboks, ainsi que de lions, tués en Afrique. La décision de cet organisme gouvernemental américain dédié à la gestion et la préservation de la faune aquatique et sauvage, ainsi que des habitats naturels, annule la législation antérieure établie sous Obama. Cette dernière interdisait l’importation de défenses et autres parties d’éléphants chassés au Zimbabwe et en Zambie.

Le contexte politique actuel aux États-Unis, sous l’administration de Trump, joue en défaveur des animaux. Le U. S. Fish and Wildlife Servie est rattaché au Département de l’Intérieur. Or, il se trouve que le secrétaire à l’Intérieur, Ryan Zinke, est lui-même un chasseur. D’où, sans doute, les mesures en faveur de la chasse prises ces derniers temps.

Deux lobbies influents, la NRA pour la possession d’armes aux États-Unis et le Safari Club International réunissant des chasseurs du monde entier, ont par ailleurs encouragé de telles décisions. Ils ont même porté plainte contre le U.S. Fish and Wildlife Service pour dénoncer des failles juridiques dans l’implémentation de la législation d’Obama sur l’interdiction d’importer des trophées de chasse.

La chasse autorisée dans les parcs nationaux

La chasse d’animaux sauvages protégés peut être pratiquée en toute légalité dans certains parcs nationaux africains, à condition d’acheter un permis. Paradoxalement, les défenseurs de la chasse affirment que leurs actes aideraient à la conservation des espèces, car des sommes colossales, à hauteur de 50 000 à 100 000 dollars, sont mises en jeu dans l’obtention des permis de chasse, pour un lion ou un éléphant.

Cet argent serait, officiellement, réinjecté dans les parcs, dans la lutte anti-braconnage et dans le soutien aux communautés locales. Dans les faits, la pratique souffre d’une mauvaise gestion. Par exemple, les quotas d’animaux chassés sont trop élevés, ou encore, les sommes d’argent ne sont pas « correctement réinvesties ».

Protéger les espèces menacées d’Afrique

Il est inutile de rappeler qu’aucun animal ne mérite d’être chassé et transformé en trophée pour le plaisir du « sport ». Les éléphants et les lions d’Afrique méritent au contraire d’être protégés, et ceci par des moyens respectueux de l’éthique et de la nature. Ces espèces, et bien d’autres comme elles, sont en danger d’extinction, à cause du braconnage et du recul de leur habitat naturel. Les éléphants et les lions figurent sur la liste rouge des espèces menacées l’UICN.

Pour les préserver, soutenez nos actions, ainsi que celles d’organisations telles que l’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), ou Panthera, association de défense des grands félins dans le monde.

Floriane Boyer, rédactrice EVI.

J’ai toujours été une fervente lectrice de fantasy et de science-fiction. J’aime explorer de nouveaux univers, peuplés de héros qui sauvent le monde. Et puis, en grandissant, j’ai compris que nous avions déjà un monde à sauver, bien réel celui-là, et que nous pouvions tous être des héros, à notre façon. Je suis fière de mettre ma plume au service de cette noble cause qu’est la protection de notre planète

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