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Noël : une période de surexploitation animale

Avec les fêtes de fin d’année, c’est toute l’industrie agroalimentaire qui se met en marche. Les industriels doivent répondre au phénomène de surabondance des produits issus de l’exploitation animale. Si en moyenne un français jette 20% de nourriture à la poubelle, en période de fêtes, ce chiffre augmente de 80%. Outre le gaspillage, la question éthique reste au cœur des débats. Exploitation, souffrance animale, espèce menacée… Noël n’est pas une fête pour les animaux.

Le foie gras : une souffrance haut de gamme

Depuis les années 80, la consommation du foie gras en France a été multipliée par 5. La hausse du niveau de vie a considérablement favorisé l’expansion de ce mets si cher au patrimoine culinaire français, si bien que la France est devenue à la fois le premier consommateur et producteur mondial de foie gras. Face à une demande toujours en hausse, les méthodes de productions intensives sont peu regardantes sur la souffrance animale. De ce fait, la production croissante s’est accompagnée de critiques grandissantes, et de vidéos choquantes, provoquant la colère des défenseurs de la cause animale quant aux méthodes inhumaines de fabrication.

Photo by Gary Bendig on Unsplash

Le foie des femelles étant trop petits, à la naissance, seuls les canetons mâles sont sélectionnés pour le gavage. Ainsi environ 35% des jeunes oiseaux seraient immédiatement éliminés, la plupart du temps par broyage. La sélection effectuée, pour les canards et les oies mâles, la torture du gavage commence.

Une pompe pneumatique leur injecte quotidiennement jusqu’à un kilo de bouillie directement dans l’estomac, pendant deux à trois semaines. Afin d’améliorer le rendement et pour que leur foie grossisse davantage, les bêtes sont immobilisées dans des cages étroites. De cette façon, les animaux prennent très rapidement du poids. Leur foie, de plus en plus gras et malade, atteindra à la fin du processus de gavage près de dix fois son volume initial. Malgré ce fléau, quatre Français sur cinq ‘ne peuvent pas se passer’ de foie gras à Noël.

Face à cet engouement pour le foie gras et les vives réactions provoquées par les vidéos filmées par des associations (notamment celle de L214de nombreuses alternatives ont vu le jour.

Saumon : la folie des grandeurs

En 2016, 72% des français estimaient que le saumon était un incontournable des fêtes et ce chiffre est en constante hausse. Selon le Syndicat du saumon fumé français, la France est au premier rang de la consommation de saumon fumé en Europe avec près de 37 000 tonnes par an devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Face à cette surconsommation, les stocks de saumon sauvage de l’Atlantique se trouvent à un niveau dangereusement bas.

Photo by Sticker Mule on Unsplash

Pollution, surpêche, aquaculture … Depuis le 19ème siècle, la surexploitation du saumon a vue la disparition de l’espèce dans de nombreuses régions du globe. Souvent vanté comme source d’oméga 3, le saumon est en réalité néfaste pour la santé. Soumis à une stimulation lumineuse artificielle et gavé durant l’élevage, le saumon contient aussi des traces de désinfectants et d’antibiotiques qui peuvent à long terme avoir des effets néfastes sur la santé.

D’un point de vue écologique la pêche intensive à un effet destructeur sur les ressources marines. En octobre dernier, la Norvège, leader mondial dans l’élevage de saumon, a annoncé l’ouverture de la première ferme offshore aquacole au monde. Construite en Chine, la structure de 250 000 mètres cubes de contenance, compte recevoir 1,1 million de saumon. A l’horizon 2050, le plus gros producteur au monde compte multiplier par cinq sa production actuelle.

Face aux conséquences écologiques et animalières, on peut trouver l’alternative que représente le saumon végétal en grande surface. Les algues sont aussi un bon moyen de remplacer les produits de la mer pendant les fêtes. Leur goût iodé rivalisera avec les traditionnelles huîtres, de quoi se faire plaisir sans cruauté.

Ramassage intensif : les escargots ne seront bientôt qu’une coquille vide

En moyenne dans l’hexagone, il se mange 424 millions d’escargots par an. À Noël, se sont les deux tiers de la production française qui est consommée et pour cause : la France, plus gros consommateur au monde de ces gastéropodes peine à répondre à la demande. L’escargot de Bourgogne, principale espèce transformée dans l’hexagone avec 150 millions de pièces préparées, a été décimée entre autres par les pesticides et désherbants ainsi que par la disparition partielle de leur habitat.

Depuis le XXème siècle, l’espèce subit également un ramassage intensif qui a eu pour conséquence directe de faire des escargots de Bourgogne, une espèce menacée.

Photo by Valeriy Andrushko on Unsplash

Recyclant les détritus végétaux, tels que le bois mort ou encore les champignons vénéneux, l’escargot est pourtant essentiel a l’écosystème et est également un précieux indicateur de la qualité des sols. Malgré tout, le ramasse illégal en France ne faiblit pas et met considérablement en péril l’espèce.

Que cache la pièce maîtresse des repas de fêtes ?

En période de fêtes, c’est près de 2,5 millions de dindes qui sont tuées puis consommées. Pièce maîtresse traditionnelle du réveillon, sa consommation a été multipliée par 6 en 30 ans, entraînant une surexploitation qui bafoue les règles du bien-être animal. L’association PETA confirme et déplore que « dans les abattoirs français, en 2015, 48 892 000 dindes ont été élevées puis tuées, ainsi que 28 288 000 pintades. 97 % des dindes vivaient dans des élevages dont la densité était de 8 oiseaux par mètre carré ».

Débecquées très jeunes, ces volailles sont engraissées de manière intensive, ce qui modifie leur croissance et provoque de nombreuses fractures en raison de leurs poids excessifs. Confinées dans des batteries, les dindes ne vivent que 15 semaines avant d’être abattues. Face à cette souffrance, des solutions sont possibles. Le Seitan (aliment végétal fabriqué à partir de protéine de blé) constitue une formidable alternative à la volaille.

Si l’exploitation animale est en très nette hausse en période de fêtes, le combat contre les souffrances animales reste permanent. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’industrie de la viande serait responsable de 14,5% des émissions à effet de serre mondiale ! Choisir l’alternative végétale c’est donc un choix éthique mais aussi un geste écologique.

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