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Papahânaumokuâkea : mobilisons-nous pour la réserve marine !

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Photo: Andy Collins/NOAA Office of National Marine Sanctuaries

Le 16 juin 2016, le sénateur hawaïen Brian Schatz, soutenu par toute la communauté hawaïenne, propose au président Barack Obama d’élargir le « Monument national marin » de Papahânaumokuâkea.

Cette réserve marine, inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2010, a été créée en 2006 par Georges W Bush. Cette initiative avait d’ailleurs inspiré un vaste mouvement international de création de parcs marins permettant, actuellement, une protection de 3 % de l’océan. Toutefois, ces 3 % sont clairement insuffisants puisque environ 40 % des océans sont touchés par les activités humaines à travers la surpêche ou la pollution.

Il est donc indispensable de poursuivre les efforts pour la sauvegarde de l’écosystème marins et d’atteindre une protection recouvrant 30 % des océans comme le recommandent les spécialistes.

L’extension de la réserve marine de Papahânaumokuâkea s’inscrit dans ce sens. C

EVI vous propose donc de revenir sur la richesse culturelle et scientifique de cette réserve et de vous présenter tout l’intérêt de ce projet.

Une biodiversité unique

Cet archipel, située à 250 km au nord-ouest des côtes hawaïennes, recouvre environ 2000 km. L’aire marine s’étend, quant à elle, sur environ 362 075 km² et abrite un écosystème spectaculaire.

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En effet, la réserve abrite pas moins de 7000 espèces marines et terrestres, dont un quart existe que dans l’archipel, à l’image du phoque moine hawaïen en danger d’extinction, de la tortue verte ou encore d’1/5ème des espèces de poissons de cette zone.

Le site se distingue également par un taux d’endémisme élevé grâce à son isolement biogéographique, qui a permis le développement d’une grande variété d’habitats : abysses, monts sous-marins, bancs submergés, récifs coralliens, lagons, dunes. Ces habitats sont cruciaux pour la survie de nombreuses espèces en danger ou vulnérables. Papahânaumokuâkea détient notamment des habitats de nourrissage, de reproduction et de nurseries pour de nombreuses espèces. Elle accueille ainsi la plus grande colonie d’oiseaux marins tropicaux du monde avec, chaque année, 5,5 millions d’oiseaux et 14 millions de 22 espèces différentes, de façon saisonnière. Les eaux hawaïennes comptent également une douzaine d’espèces de requins et quatre espèces commercialement importantes de thons.

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Photo by FWS Volunteer Sarah Youngren

Des eaux profondes encore inexplorées

À cette biodiversité exceptionnelle, s’ajoute une grande partie encore inconnue. En fait, la majorité des profondeurs de l’océan est encore inexplorée. Les spécialistes évaluent à environ 10 millions d’espèces vivant dans cette partie de l’océan. Fortement sensible aux dérangements, notamment au chalutage en eau profonde, des centaines d’années seraient nécessaires à la reconstruction de cet écosystème. Dès lors, l’extension de cette zone protégée permettrait de prévenir toute destruction et protégerait un nombre important d’espèces.

Un refuge idéal face au dérèglement climatique

D’après l’avis des spécialistes, la réserve de Papahânaumokuâkea, étant une zone qui bénéficie à la fois d’un climat tempéré et tropical, constitue un refuge idéal pour les espèces qui migrent vers des zones plus froides en raison du changement climatique.

De plus, il est désormais prouvé que les zones protégées se révèlent être beaucoup plus résistantes au changement climatique. Elles assurent une sécurité alimentaire pour les espèces y vivant et sont moins sensibles à l’acidification et à la hausse du niveau de la mer. La protection de la biodiversité facilite grandement son rétablissement et sa durabilité. Dans ce contexte, les populations de poissons se déplacent plus facilement dans les eaux voisines, au-delà des frontières de la réserve.

Pour assurer l’avenir des Hawaïens

Pour les Hawaïens, Papahânaumokuâkea est un lieu sacré. Il symbolise le lien entre l’homme et la nature, et constitue la terre d’accueil des âmes après la mort. Le peuple hawaïen est très proche de la nature et soucieux de sa protection. Au cours de leur histoire, ils ont dû développer un système de gestion complexe et des compétences spécifiques pour survivre avec des ressources limitées.

La population hawaïenne est en première place dans le soutien de cette demande. Le projet prévoit notamment pour les Autochtones de pouvoir continuer à pêcher dans les zones habituellement pêchables. En revanche, toute activité d’extraction ou de destruction, commanditée par les lobbies de pêches, seraient interdites dans la zone. Néanmoins, il convient de préciser que cette partie n’est pas un lieu de pêche majeur, puisqu’il ne représente que 5 % des prises. L’interdiction n’entraînera donc aucune conséquence pour la pêche commerciale, malgré les dires des industries de la pêche. L’extension de la zone permettrait à la population d’assurer leur sécurité alimentaire et de sauvegarder leurs traditions.

Barack Obama et la création de la plus vaste aire marine protégée

Actuellement, 10 ème réserve marine protégée la plus vaste au monde, Papahânaumokuâkea pourrait devenir la première si Barack Obama répondait positivement à la requête du sénateur hawaïen.

Durant son mandat, Barack Obama s’est révélé être un fervent défenseur de la biodiversité. En 2014, il décida de multiplier par six l’aire marine Pacific Remote Islands Marine National Monument, crée en 2009 par Georges W Bush, atteignant désormais 1,270 million de kilomètres carrés. L’expansion du Monument national marin de Papahânaumokuâkea pourrait être pour lui la consécration de son mandat, d’autant plus qu’il s’agit de son lieu de sa naissance.

Cela constituerait un pas en avant dans la protection de la biodiversité marine, indispensable à la bonne santé de notre planète. Elle permettrait d’assurer à long terme la santé de l’écosystème marin des eaux hawaïennes et un héritage en ressources pour les futures générations. Les menaces extérieures à la zone, telles que l’exploitation minière, le transport de marchandises dangereuses, les dommages causés par les ancres ou échouages, seraient reportées encore plus loin, renforçant la santé du pacifique environnant.

Pétition : Protégeons Papahânaumokuâkea

Ainsi, afin d’apporter votre soutien à ce projet, vous pouvez signer la pétition lancée par Avaaz. Cette dernière sera directement remise à la Maison Blanche et le président américain pourrait dès septembre annoncer l’expansion de la réserve de Papahânaumokuâkea ! Celui-ci attend en effet un positionnement de la communauté internationale afin de prendre sa décision. Alors allons-y, prenons position, nous avons tous un rôle à jouer, saisissons cette opportunité :

SIGNER LA PÉTITION

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