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Paradis en danger : la déforestation de Madagascar

Depuis le début du 20ème siècle, la moitié des surfaces boisées mondiales ont disparu. La déforestation de Madagascar et l’une des plus inquiétantes du monde tropical, et pour cause : cette île est le berceau d’une biodiversité unique sur la planète. Pourtant, des dizaines de milliers d’hectares de forêt sont rasés tous les ans et aujourd’hui, il ne reste que 10 à 13% de la forêt malgache originelle.

Madagascar, ce jardin d’Eden

madagascar-déforestationLa quatrième plus grande île du monde est l’un des écosystèmes les plus incroyables de la planète. Depuis les Hautes-Terre culminants à 800 mètres d’altitude, on aperçoit de vastes forêts tropicales côtoyant des savanes arides, qui se changent bientôt en immenses plaines ponctuées de vastes lacs. Arrivés sur la côte, on peut discerner des plages de sable fin qui s’étendent à perte de vue ! Et dans les eaux turquoises, se fondent récifs coraliens et jungles aquatiques foisonnantes de vie…

L’incroyable diversité des écosystèmes présents sur l’île, a permis le développement d’un nombre incalculable d’espèces animales et végétales différentes. En effet, 90% de la flore et 80% de la faune sont endémiques de l’île, c’est-à-dire que ces espèces N’EXISTENT NULLE PART AILLEURS. On peut par exemple citer plusieurs espèces de baobabs, des centaines de plantes médicinales. Mais aussi, la quasi-totalité des espèces de lémuriens de la planète, la moitié des caméléons, des centaines d’amphibiens et une faunes aquatique tellement vaste qu’elle est encore très méconnue.

Plante

Mammifère

Oiseau

Reptile

Amphibien

Poisson

Nombre espèce

12 000

160

283

363

238

165

Espèces globalement menacées (CR, EN, VU)

280

45

35

20

55

73

Endémicité

96 %

88 %

51 %

90 %

99 %

96 %

 

Les causes de la déforestation

déforestationSur les 20 millions d’hectares de forêts présents sur l’île en 1885, la FAO estime qu’il n’en resterait que 12 millions aujourd’hui. Chaque année, c’est 200 à 300 000 hectares qui partent en fumée. A l’heure actuelle, la déforestation de l’île atteint des proportions catastrophiques.

Paradoxalement, si Madagascar possède une richesse incomparable en termes de biodiversité, elle n’en est pas moins l’un des pays les plus pauvres du monde. Et pour survivre, les malgaches usent de la forêt de manière destructrice et non durable.

♦ La principale cause de déforestation de la Grande île est la culture sur abatis-brulis, appelée « tavy » à Madagascar. Cette technique culturale consiste à défricher partiellement une parcelle de forêt avant de la brûler.

Cette agriculture “ pionnière ” se développe rapidement aux dépens de la forêt sous l’effet de plusieurs facteurs : une pression démographique accrue, une saturation foncière des terres les plus fertiles consacrées aux cultures intensives, et un relâchement du contrôle de l’Etat sur les défrichements forestiers.déforestation

Le problème, c’est que cette technique n’est absolument pas durable ! Après 5 à 6 ans d’utilisation, la parcelle n’est plus rentable car les sols sont trop appauvris. L’agriculteur se trouve donc contraint d’abandonner ce terrain au profit d’une nouvelle défriche.

♦  Le charbon de bois, principale source d’énergie à Madagascar, est lui aussi source de déforestation. En effet, il faut 10 kg de bois pour produire 1 kg de charbon. Pour donner un ordre d’idée, en 2012, c’est 110 000 hectares de forêts qui ont été rasés pour la production de charbon !

♦  On peut enfin citer le commerce illégal de bois de rose. Cette essence précieuse est aujourd’hui très prisée par les nouveaux riches chinois, entre autres. Ainsi, le pillage de ces arbres atteint aujourd’hui son paroxysme, bouleversant irrémédiablement l’équilibre des écosystèmes.

Les conséquences de la déforestation des forêts malgaches

  • L’érosion des sols est une des principales conséquences de la déforestation. Les racines des arbres n’étant plus là pour maintenir la terre, les sols de Madagascar s’effondrent sous l’action de la pluie ou du vent. Causant ainsi une énorme perte de sol arable, faisant déjà défaut.

    Mais l’érosion des sols provoque aussi une accumulation de sédiments dans les rivières, réduisant et déséquilibrant ainsi les écosystèmes aquatiques.

  • Une autre conséquence directe de la déforestation est l’augmentation des gaz à effet de serre. Il faut savoir que ce sont les végétaux qui stockent et transforment le monoxyde de carbone en oxygène. De fait, outre les tonnes de gaz carbonique émises par les machines, des milliers de tonnes de CO2 sont relarguées dans l‘atmosphère lorsque les arbres sont brûlés.

  • Enfin bien sûr, la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Parmi les plus menacées on peut citer les lémuriens, ces petits primates vivant EXCLUSIVEMENT sur la Grande île.

déforestation

Si la déforestation continue à ce rythme, les chercheurs estiment qu’ils auront totalement disparus d’ici une vingtaine d’années. En ce qui concerne les végétaux, selon une estimation réalisée dans la forêt des Mikea, la déforestation s’accompagne de la disparition de 75% des espèces végétales originelles.

Des solutions ?

Si le bilan est alarmant, des solutions se mettent en place :

  • Accompagnement des populations locales pour la gestion des espaces forestiers.

  • Enseignement de méthodes culturales plus rentables et durables.

  • Sensibilisation aux problèmes environnementaux

Je vous invite par ailleurs à découvrir le « Programme holistique de conservation des forêts » de Madagascar, ainsi que notre article sur la déforestation au Brésil pour plus d’informations concernant ce phénomène mondial.

Camille Handrich, rédactrice EVI.camille-handrich

Je pense que le seul moyen de sauver notre Terre est d’éveiller les consciences. C’est nous, pourtant si petits sur ce vaste monde, qui tenons son salut entre nos mains. Alors nous devons lutter, informer, agir ! Chacun à son échelle peut participer à construire le monde de demain.

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