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Participez aux consultations publiques relatives au nouveau plan Loup 2018-2023

Deux consultations publiques concernant la politique qui va être mise en place pour le loup en France de 2018 à 2023 sont disponibles jusqu’au 29 janvier sur le site du Ministère de la transition écologique et solidaire :

 

loup

Pourquoi dire NON à ces propositions ?

Malgré quelques avancées dont la conditionnalité de l’indemnisation des dégâts à la mise en place des moyens de protection des troupeaux, le plan d’action national reste en grande partie basé sur l’abattage de loups comme solution à l’image des précédents plans. Ainsi, 40 loups pourront encore être abattus en 2018.

Or, le loup n’est pas une espèce nuisible. Au contraire, il s’agit d’une espèce protégée et inscrite sur la liste rouge française de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en tant qu’espèce vulnérable.

Risque d’extinction de la population lupine à long terme

Actuellement, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) estime la population de loups en France à environ 360 spécimens. Or, d’après l’expertise scientifique réalisée par l’ONCFS et le Muséum national d’Histoire naturel (MNHN) à la demande du ministère de l’Environnement en 2017, une population minimale de 2500 à 5000 individus dont 500 mâles reproducteurs est nécessaire pour garantir une population viable à long terme. Selon la Convention de Berne et la Directive Habitats-Faune-Flore, la France doit permettre un état de conservation favorable de l’espèce et permettre également sa restauration sur le territoire.

Or, le plan d’action national ne suit qu’en partie les préconisations de l’expertise et considère qu’un seuil de 500 spécimens est suffisant à garantir une population viable.

De même, alors que l’expertise conclue que les « prélèvements légaux ne devraient pas, s’ils sont purement additionnels aux autres causes de mortalité, dépasser 10 % de l’effectif estimé pour que la population présente un bilan numérique au moins stable », le projet d’arrêté fixe un plafond pour l’abattage correspondant à 10-12 % de la population estimée.

De plus, les préfets auront la possibilité d’augmenter le nombre de loups à abattre dans le cas de situations exceptionnelles (non précisées) et de dépasser les 12 % menaçant sérieusement la viabilité de la population de loups à long terme.

Le projet poursuit tout simplement la politique des années précédentes puisque chaque année environ 12 à 15 % de la population estimée de loups est abattue.

Inutilité des tirs

Malgré ces tirs, la prédation ne cesse d’augmenter prouvant leur inutilité. En effet, les derniers chiffres de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement d’Auvergne et du Rhône-Alpes montrent une augmentation de la prédation : 9930 animaux indemnisés en 2016 pour 11740 en 2017.

L’expertise scientifique précédemment citée souligne également l’inefficacité des tirs :

«il est clair que le nombre de loups pouvant être retirés de la population ne pourrait à lui seul moduler les niveaux d’attaques sur le long terme. À partir de travaux récents en écologie de la faune et en sciences sociales, Bergstrom (2017 et articles associés) suggèrent que les méthodes non létales pour réduire les dégâts sur les troupeaux seraient plus efficaces et plus justifiables que les tirs de prédateurs.»

De même, en juin 2017, le Conseil national de la protection de la nature était défavorable au projet d’arrêté fixant déjà à 40 le nombre de loups pouvant être tués. L’avis soulignait également l’efficacité des moyens de protection des troupeaux lorsqu’ils sont mis en place et réclamait la réalisation d’une étude sur l’efficacité des tirs avant de vouloir les poursuivre, voire les amplifier. Bien que ces études sont prévues dans le nouveau plan d’action, les tirs n’ont pas été suspendus en attendant leurs conclusions.

La disparition du loup en France dans les années 1930 a été causée notamment en raison d’une politique volontaire d’extermination des loups. Ne reproduisons pas les mêmes erreurs ! Le loup est utile et bénéfique à notre écosystème.

Lire aussi notre article Le loup : une espèce à protéger

Dites non à ces propositions

Donnez votre avis sur les pages des deux consultations en cliquant sur «Déposer votre commentaire» ICI pour le projet de plan d’action national et ICI pour les arrêtés fixant les conditions et limites des dérogations ainsi que le quota de loup pouvant être abattu.

Pour en savoir plus sur la situation du loup en France

Dénoncez les incohérences de la politique du gouvernement sur le loup . Cette article de l’ Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) met en lumière l’ensemble des incohérences de ces propositions.

Pour en finir avec les contre-vérités sur le pastoralisme et la chasse, documentation réalisée par le Collectif des associations de protection de loup en France (CAP Loup).

Le loup en France, plaquette réalisée par FERUS.

N’hésitez à lire et à utiliser ces documents afin de compléter notre article pour votre argumentaire.


Allison Demailly, rédactrice EVI.

Allison_Demailly

Enfin diplômée et passionnée de nature depuis toujours, je souhaite désormais me consacrer aux causes qui me tiennent particulièrement à cœur. Dans une société où tout va à cent à l’heure et où les préoccupations du quotidien nous éloignent des dégâts causés à la planète, il est important de multiplier les actions afin d’informer et de sensibiliser les personnes au monde qui nous entoure. Une harmonie est possible entre l’homme et la nature. Il suffit que chacun y mette sa patte.

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