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Pollution océanique : un septième continent de plastique

Invisibles, innombrables, les déchets plastiques polluant les océans couvrent une étendue telle que l’on parle d’un « septième continent ». 10% des 280 millions de tonnes de plastique fabriquées chaque année finissent dans les océans. La consommation de matière plastique ne fait qu’augmenter, et la production de déchets avec. Le septième continent grandit de jour en jour.

Un nouveau continent fait de déchets plastiques

Les océans sont saturés de déchets plastiques comme nous vous l’avions déjà signalé dans cet article. Ils sont jetés directement dans les mers, ou y finissent par le biais des fleuves et des égouts. Les plastiques sont effectivement une des principales sources de pollution de l’eau. 90% des déchets déversés dans les mers sont en plastique.

Ils sont emportés par les courants marins et s’agglutinent massivement dans certaines zones en particulier : les gyres océaniques du Pacifique Nord et de l’Atlantique Nord. Ce sont des énormes tourbillons engendrés par la rencontre des courants marins. Les déchets y restent « emprisonnés » et forment d’immenses étendues de plastique en pleine mer, assez vastes pour être comparées à un continent.

Ce nouveau continent – le septième – est invisible, car en général les déchets sont minuscules et flottent sous la surface de l’eau. Comme un iceberg, sa partie immergée est bien plus grande que sa partie émergée.

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© Cesar Harada sur Flickr / Courtesy of Algalita Foundation

C’est en fait une véritable « soupe » de pollution, constituée de 5 000 milliards de morceaux de plastique, soit 150 millions de tonnes. Selon les estimations, si on accolait tous les débris plastiques formant actuellement le septième continent, sa taille dépasserait déjà la surface totale de tous les océans.

Il a été identifié dès la fin des années 90 dans le nord de l’océan Pacifique par un skipper américain. Celui-ci a aperçu des plaques de déchets plastiques dérivant sur l’eau. En 2010, une découverte similaire est faite dans l’Atlantique Nord. Cette pollution n’épargne aujourd’hui aucun endroit sur la planète. On retrouve des détritus plastiques sur les plages des petites îles inhabitées du Pacifique, et même dans la banquise arctique.

Les plastiques, c’est bien connu, mettent des siècles à se dégrader. Entre-temps, ils persistent sous forme de fragments plus ou moins gros. Ils peuvent se décomposer par érosion en microparticules, voire en nanoparticules, sous l’action des rayons du soleil, du sel et des vagues.

Ces petits morceaux de plastique, aussi appelés micro-plastiques, ont une taille inférieure à un centimètre. Les nanoparticules sont encore plus petites. C’est pourquoi la pollution plastique des océans est difficile à voir et à contrer.

Plastiques et micro-plastiques, des produits de consommation courante

Les déchets plastiques qui flottent en masse dans les océans résultent de tous les produits et activités de notre vie quotidienne : bouteilles, sachets, emballages, polystyrène, jouets, cosmétiques, vêtements, poussières urbaines, revêtements des bateaux, mégots de cigarette, etc.

Les micro-plastiques comptent pour 15 à 31% des déchets plastiques jetés dans les mers chaque année. On en trouve dans de nombreux produits de consommation : par exemple, les petites billes présentes dans certains cosmétiques et dentifrices.

Les vêtements sont aussi fabriqués à partir de matières plastiques variées (polyester, fibres synthétiques, élasthanne, etc.). Ces micro-plastiques, trop petits, échappent aux filtres utilisés actuellement dans les machines à laver. Ils finissent donc dans les égouts, puis dans la nature.

L’impact de la pollution sur l’environnement et les écosystèmes marins

Parler d’océan de plastique n’est pas une exagération : à ce rythme, en 2050, le poids des plastiques dans les océans dépassera celui des poissons !

La pollution touche également les fonds marins (filets de pêcheurs qui restent accrochés aux récifs coraliens, etc.), tandis que les microparticules de plastique emprisonnées dans la banquise accélèrent la fonte des glaces.

Il existe des bactéries, des algues et des coquillages qui se fixent sur les déchets plastiques. Ils peuvent voyager de cette façon à travers les océans, transportés par les courants. Or, ces espèces sont parfois invasives : elles bouleversent l’équilibre des écosystèmes marins dans lesquelles elles s’implantent.

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Les déchets sont ramenés sur les plages par les vagues. Sur certaines plages, la masse de déchets plastiques est si importante qu’on ne voit même plus le sable en-dessous. Une plage d’Hawaii, surnommée « Plastic Beach », est ainsi tristement connue pour sa pollution. 

Les plastiques déciment les animaux marins

La pollution plastique est dévastatrice pour la faune marine. Les animaux meurent emprisonnés dans les gros débris comme les filets, ou en ingérant des morceaux de plastique.

Cette réalité se manifeste à travers de bien tristes images, tels des albatros morts dont l’estomac ouvert déborde de détritus plastiques colorés. Des cas similaires ont été vus chez les tortues vertes, les requins et les cétacés.

Le nombre des victimes est difficile à estimer, surtout chez les poissons. Mais le plastique tuerait environ 1,5 million d’animaux par an. Parmi eux, on compte un million d’oiseaux marins et 100 000 mammifères, comme les baleines ou les orques.

Les animaux confondent les débris plastiques avec leur nourriture. Cela est vrai à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. Les micro-plastiques, par exemple, peuvent aussi bien être absorbés par le plancton que par les organismes plus gros.

Les poissons ingèrent les morceaux de plastiques directement, ou en dévorant des proies déjà intoxiquées. Les tortues avalent des sachets, les prenant pour des méduses.

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© thebiggoodbye sur Flickr

Les albatros scrutent la surface de l’eau à la recherche de nourriture et confondent les débris plastiques avec des aliments. Ils rapportent dans leurs nids des déchets, comme des bouchons de bouteille, pour nourrir les oisillons.

Les animaux risquent aussi l’étouffement en avalant des sachets ou autres emballages. Enfin, ils peuvent tout simplement mourir de faim à force de consommer du plastique en lieu et place de nourriture.

En quelques chiffres : 30% des poissons du Pacifique Nord et 94% des oiseaux de mer du Nord ont ingéré du plastique au cours de leur vie.

L’ingestion de plastique est fatale pour les animaux. Les matières plastiques contiennent des substances chimiques toxiques, tels les phtalates. Certains plastiques intègrent et concentrent d’autres substances dangereuses présentes dans les eaux polluées, comme les pesticides. Cela augmente encore davantage leur toxicité.

La présence de ces plastiques toxiques dans la chaîne alimentaire remonte jusqu’à l’homme, avec des conséquences sur la santé encore mal connues.

Stop à la pollution plastique : les solutions envisagées

Il y aujourd’hui deux combats à mener : la suppression des déchets plastiques non biodégradables dans notre société et le nettoyage des océans. Comment peut-on agir ?

  • Collecter et gérer les déchets, c’est le point de départ. Il est temps de pourvoir toutes les populations qui n’en ont pas d’un service de ramassage des déchets. Il est encore souvent inexistant dans les pays émergents.

  • Le recyclage du plastique est primordial, pour réduire la production et la masse de déchets.

  • Réduire les déchets, voire éliminer ce type de déchets totalement.

  • Cela passe par la sensibilisation : nous devons prendre conscience de l’impact de nos déchets sur l’environnement, changer nos comportements, encourager les industriels à stopper la production de plastique et à proposer de meilleures solutions : emballages alimentaires et sacs biodégradables, ou réutilisables, dans les supermarchés, etc.

  • Modifier la fabrication des objets sources de pollution plastique, comme les pneus, les vêtements, les cosmétiques, ou encore les machines à laver. On pourrait utiliser du caoutchouc pour faire des pneus, ou mettre des filtres capables d’arrêter les microparticules dans les machines à laver.

  • De nouvelles lois passent et nous encouragent à poursuivre les efforts : interdiction des sacs plastiques en 2016 ; interdiction des microbilles de plastiques dans les produits de beauté en 2018 ; interdiction des cotons-tiges et de la vaisselle en plastique en 2020.

D’un autre côté, les projets de nettoyage des océans sont mis à mal par l’ampleur de la tâche et les limites technologiques. Il y a déjà beaucoup trop de plastiques dans les océans, et capter les microparticules ou nanoparticules plastiques est un vrai défi à cause de leur petite taille. Il faut donc développer de nouvelles techniques pour assainir les océans.

  • Des marins sensibles à la cause proposent de sillonner les mers à bord de voiliers un peu spéciaux, équipés d’un peigne pour ramasser les déchets. Ceux-ci seront stockés dans leurs coques et ramenés sur terre. C’est un petit geste, qui ne permettra sans doute pas de nettoyer l’océan, mais qui est lourd de signification.
  • Pour s’informer et soutenir des actions en faveur de la sauvegarde des océans, vous pouvez suivre ces organisations :

expédition 7eme continent   Pour accéder au site d’Expédition 7e continent, cliquez ici.

Ces deux associations étudient la pollution plastique et organisent des campagnes de sensibilisation et de nettoyage

  Pour accéder au site de Race for Water, cliquez .

Race for Water

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