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Quelle « camera trap » choisir ?

Dans l’article précédent, je vous présentais les pièges photographiques. Cet outil qui permet de capturer des images de ce qui peut se passer quelque part lorsque vous n’êtes pas là. Que cela soit chez vous, dans votre jardin, dans une forêt, ou dans le cadre d’un projet scientifique ou de conservation, il s’agit de bien choisir le modèle. Pour vous aider, je vous propose ce petit guide.

Quelques astuces à savoir avant d’envisager de se procurer une « Camera Trap »

L’utilisation des « Camera Trap » s’est considérablement développée avec la mise en commerce de caméras pièges dans les débuts des années 1990. Désormais, les personnes envisageant d’utiliser des pièges photographique se retrouvent face à des gammes de produits disponibles à l’achat qui peuvent leur mettre des étoiles plein les yeux.

Ils se retrouvent aussi face à de nombreuses options pour designer et customiser leurs propres systèmes de piège. Les avancées technologiques dans des domaines tels que l’ingénierie électronique leurs ont été profitable en permettant une automatisation de leurs composants, leur miniaturisation et leur organisation en réseau. Tous les attributs d’un système de piège photographique moderne. Ces progrès ont permis aux pratiquants d’utiliser des « Camera Trap » plus efficacement et d’échantillonner toute une variété d’espèces, sous des conditions environnementales de plus en plus variées.

Mais surtout, ces appareils sont aussi devenus plus efficaces et plus fiables. Leur coût à l’achat, les coûts de leur utilisation et de leur maintenance ont significativement diminués, éveillant de ce fait l’intérêt de plus en plus de monde. Aussi, si le principe général d’un piège photographique reste globalement le même, il en existe aujourd’hui tout un tas de modèles différents destinés à des utilisations différentes.

Choisir le bon modèle est compliqué par le fait que les pièges photographiques sont conçus pour ces utilisations diverses, dans des conditions différentes et pour des espèces différentes. Leurs applications en recherche scientifique inclues des utilisations bien plus variées qui peuvent avoir des besoins différents.

Par exemple, un piège destiné à détecter une espèce rare dans une zone reculée a besoin d’être robuste, fiable et doit être capable d’effectuer des photographies des semaines après avoir été posé, alors qu’un piège utilisé pour observer les comportements alimentaires des couvées d’oiseaux dans leur nid doit être lui silencieux, discret et capable de prendre un large nombre d’images successives.

Les différentes conditions et les espèces ciblées peuvent aussi influencer le choix du piège photographique. Les conditions météorologiques et le climat sont un bon exemple : une humidité importante sur un site tropical crée des problèmes différents que ceux créés par le froid et la neige. Travailler en zone urbaine où le vandalisme et le vol sont un sérieux problème nécessite bien plus souvent de camoufler ou « blinder » son équipement que si l’on travaillait dans un contexte plus sauvage. De la même manière, les pièges photographiques utilisés pour étudier les petits oiseaux que sont les passereaux requièrent l’utilisation de différents systèmes de déclenchement, sources de lumière, distance focale que ce qui est requis par les pièges destinés à étudier les grands mammifères, les reptiles …

La question que l’on se pose, le but de l’utilisation d’un piège photographique, ainsi que les conditions de leur utilisation doivent diriger le choix du système à utiliser. Et il est important d’y réfléchir avec soin avant d’opter pour un type de piège, plutôt qu’un autre. Par exemple, selon certains, on devrait choisir son piège photographique sur la base de la taille de l’espèce et la zone ciblée. Il est fortement recommandé aux personnes inexpérimentées de lire avec soin les instructions fournies avec leur nouvel équipement, et de largement s’entraîner avant d’utiliser l’appareil sur le terrain. Rien ne remplace le fait de se poser des questions et de travailler sur le terrain avec des personnes expérimentées avant de se lancer dans un tel projet.

Les différents types de pièges photographiques et leur application

Les « Camera Trap » se divisent en deux grands ensembles : Les systèmes qui se déclenchent, et ceux qui n’ont pas besoin d’être déclenchés.

Dans le second cas, le système inclus une caméra programmée pour enregistrer des images soit continuellement, soit par intervalle de temps régulier préétabli.

À l’opposé, l’autre catégorie reste inactive jusqu’à leur déclenchement par un événement, le plus souvent par l’arrivée de l’animal. Leur système de déclenchement peut être mécanique, comme une plaque de pression sur lequel l’animal doit marcher, mais le plus souvent il s’agit de systèmes utilisant une source de lumière infrarouge. Certains pièges photographiques peuvent aussi être conçus pour être à la fois déclenchée ou programmée afin d’effectuer des time-lapses.

Les pièges photographiques sans systèmes de déclenchements sont en général conçus en deux ensembles : L’appareil photo et la source d’énergie. Ils sont de plus en plus personnalisables et robotisés, afin de permettre de les contrôler à distance afin de le faire pivoter, zoomer et dézoomer.

Ceux qui possèdent un système de déclenchement sont par contre constitués de plusieurs parties qui fonctionnent indépendamment ou qui sont empaquetés en une seule machine. Ces différents ensembles peuvent être des capteurs infrarouges, un appareil photo, des câbles connectifs, un mécanisme d’éclairage ou des sources d’énergie supplémentaire…

Pouvoir les installer séparément permet une utilisation plus souple du piège photographique et d’obtenir de meilleures images. Pouvoir installer les capteurs infrarouges séparément, permet par exemple d’adapter la position (distance, angle…) de l’appareil photo par rapport à la cible afin d’obtenir de meilleures images. Néanmoins, si une partie ne fonctionne pas, tout le système peut ne plus fonctionner. Equipement endommagé par l’animal, désalignement, problème de batterie ou des capteurs de l’appareil photo… les raisons sont multiples. Raisons parmi lesquelles les problèmes de câbles rongés ou tirés par des animaux semblent être assez récurrents. Mais certains pièges photographiques commerciaux de ce type proposent en option des connections sans fils entre les différents composants, ou des câbles renforcés. En tout cas, les « Camera Trap » formées par une seule unité sont moins susceptibles d’échouer sur le terrain. Elles sont aussi plus faciles à transporter, à mettre en place et à renforcer. C’est pourquoi il est recommandé de les utiliser lorsque l’on prévoit d’en utiliser plusieurs dans des régions reculées.

Les systèmes sans mécanismes de déclenchement

Les pièges photographiques qui n’ont pas besoin d’être déclenchés sont le plus applicable dans le cas où l’on cible des animaux qui sont résident et présent en plein air, ou bien présentant un fort taux de passage, ou encore lorsque l’enregistrement continu est important (comme par exemple pour établir des présences/absences). Dans le cas où l’on cible des espèces rares ou des événements peu fréquents, l’utilisation de tels systèmes demanderait beaucoup d’énergie et l’analyse des images prendrait beaucoup trop de temps.

Les systèmes à déclenchement

Les « Camera Trap » avec mécanisme de déclenchement sont elles pratiques dans les cas où l’on doit abandonner l’appareil sur le terrain sur de longues périodes de temps, ou bien pour des événements rares. Dans les cas où ces événements d’intérêts sont fréquents ou bien continu, ces systèmes peuvent se montrer plus compliqués et moins fiables que les systèmes qui fonctionnent sans déclenchement.

Les systèmes avec déclenchement mécanique sont particulièrement utiles lorsque l’activité d’intérêt impose à l’animal de s’appuyer physiquement sur un endroit bien précis, ou de pousser une carcasse/un objet. Dans ce genre de contexte, les mécanismes de déclenchements par faisceaux infrarouges sont plus compliqués à utiliser et moins fiables. Mais en dehors de ces contextes, ces mécanismes à déclenchement mécanique sont inutiles. Auquel cas, opter pour l’utilisation de faisceau infrarouge peut s’avérer bien plus judicieux. Particulièrement si l’animal est trop léger ou trop rapide.

Lorsqu’il est important que le piège ne soit pas déclenché par les espèces qui ne sont pas ciblées (comme celles qui sont en dessous d’une certaine taille), on peut avoir recours à des mécanismes de déclenchement avec un faisceau infrarouge actif que l’animal doit traverser. Surtout si la mémoire, ou la quantité d’image est limitée. Mais la végétation, si elle croit très rapidement, peut couper le faisceau entre les visites, rendant ce mécanisme peu pratique. Le vent, la pluie ou la neige peuvent aussi fréquemment couper le faisceau déclencheur ou pousser la végétation au travers. Dans les cas où ces conditions sont communes, et aussi si une zone de détection plus large est désirable, on peut opter pour un système infrarouge passif. Mais, dans les environnements chaud, ce mécanisme échoue parfois à détecter le différentiel de température entre animaux et environnement.

Le caisson des pièges photographiques

Le caisson des « Camera Trap » peut varier en couleur, en taille, en poids. Il peut varier en durabilité et aussi être à l’épreuve de l’eau ou non. Un camouflage peut par exemple, être très important, pour réduire sa visibilité pour les animaux ou les humains. Ne serait-ce que pour empêcher qu’il affecte le comportement des animaux ciblés, ou qu’il soit attaqué, mâchouillé, abîmé ou volé. Pour les animaux, cela implique d’avoir des informations sur leurs capacités visuelles (vision en couleur ? Longueur d’onde visible ? Etc.).

Cela dépend des espèces impliquées, mais la plupart du temps, il est aussi important que le caisson puisse protéger l’appareil des animaux. Comme évoqué précédemment, les câbles et les cordes sont souvent rongés par les petits mammifères, comme les rongeurs. Ils peuvent être renforcés par le fabricant, ou soit même sur le terrain avec de l’étain ou couvert d’une substance répulsive. De nombreux mammifères, comme les ours et les éléphants détruisent l’appareil quand ils tombent dessus. Ce qui est à l’origine de la production de systèmes commerciaux populaires possédant des caissons « blindés ».

Utiles pour éviter des disfonctionnements, les caissons Water-Proof sont eux essentiels dans les environnements pluviaux et humides. Un sachet de gel de silice placé à l’intérieur peut aider à déterminer l’étanchéité du caisson. S’il change de couleur, le caisson n’est pas étanche. Dans les régions tropicales, des joins en caoutchouc doivent renforcer et sceller le piège photographique sur chacune de ses ouvertures (capteurs, vis…), afin d’empêcher la moisissure de s’infiltrer à l’intérieur. Ce qui aurait tôt fait d’endommager les composants électroniques, d’oxyder les parties métalliques etc. La moisissure peut même se développer à l’intérieur à partir de la transpiration humaine, et se former à l’intérieur lorsque l’appareil est transporté dans un sac à dos. Aussi, les chercheurs Japonais estiment que l’humidité est le plus gros des problèmes lorsque l’on souhaite utiliser des équipements électroniques en environnement tropical. Qui plus est, fourmis et termites s’installent dans les caissons non étanches.

Des Camera Trap sont désormais conçues spécialement pour être utilisées dans ces régions. Une personne a même eu l’idée d’en cacher une dans un sceau d’eau afin de voir qui venait s’y abreuver :

Les déserts posent aussi problème. La plupart des pièges photographiques y sont difficilement utilisables, car conçus pour fonctionner jusqu’à 40°C. Sous de très fortes chaleurs, à cause de la qualité de leurs capteurs infrarouges, la plupart des « Camera Trap » utilisant des déclenchements par lumière infrarouge passifs sont inutilisables.

Des pièges et caissons les plus petits et compacts sont conçus pour les nichoirs où il y a peu d’espace disponible dans la chambre. D’autres caissons sont destinés à réduire le bruit produit par l’appareil et évitent d’alarmer l’animal. Certains permettent d’enregistrer aussi le son avec les images. Les systèmes sans mécanismes de déclenchement peuvent même bénéficier de longueur de câble supplémentaire, permettant de connecter l’appareil photo avec un matériel placé à une centaine de mètres pour visionner, transmettre les images ou l’alimentation.

Ces pièges peuvent parfois prendre des formes parfois surprenantes. Des systèmes bien plus complexes et originaux ont été conçus et utilisés. Comme un système construit spécifiquement pour cibler des ours blancs. La caméra était incluse dans un caisson camouflé en blanc, monté sur des roues dirigé à distance et blindé comme un mini-tank.

La programmation et le logiciel

La plupart des « Camera Traps » commerciales contiennent des logiciels qui servent à assister le système, en augmenter les fonctionnalités et fournir des données supplémentaires souvent utiles en écologie. En général, ces logiciels proposent des options à l’utilisateur afin d’optimiser les captures et d’obtenir plus d’informations.

Des data loggers par exemple, permettent d’enregistrer la date, le temps, la température associés aux événements enregistrés. L’enregistrement des images peut aussi être programmable. Ces logiciels peuvent permettre d’économiser la mémoire en mettant en pause l’appareil après quelques images, afin de ne pas obtenir trop d’images pour un seul et même événement, ou encore permettre d’obtenir des images d’événements ayant lieu seulement dans un intervalle de temps voulu. Déclencher l’appareil seulement à certains moments (la nuit, ou le jour par exemple) augmente aussi la longévité de la batterie et économise l’énergie.

Avec des objectifs similaires, ces options peuvent concerner la mise en veille de l’appareil ou les options d’enregistrement, comme le paramétrage d’un délai de pause après une voir quelques captures. Ces options proposent parfois de pouvoir diminuer ou augmenter la rapidité du dispositif. C’est à dire le temps entre le déclenchement du piège et la capture des images. La sensibilité du système peut aussi faire l’objet d’un paramétrage, afin de cibler des espèces particulières. Plus de sensibilité permettrait de capturer l’activité d’espèces plus légère et petite, comme les oiseaux. Parfois les programmes permettent d’activer des caractéristiques audio du piège photographique, comme des « sifflets d’arrêt » pour provoquer l’arrêt de l’animal devant l’objectif et obtenir de meilleures images. Des mots de passe de protection et des paramétrages anti-vols peuvent s’ajouter à la liste des options.

Les pièges photographiques modernes peuvent donc être programmés directement avec son ordinateur portable. Mais gare aux programmes mal faits et trop complexes qui peuvent compliquer la pose et augmenter les risques d’erreurs !

L’alimentation électrique des Camera trap

Comme vous venez de le lire, des efforts ont étés fournis pour diminuer les besoins énergétiques des pièges photographiques. Car l’alimentation en énergie d’une « Camera Trap » est un facteur limitant son utilisation. Des efforts ont été aussi été faits au court des époques pour en diminuer la taille et en augmenter l’autonomie.

L’énergie peut être fournie par courant alternatif, au travers d’un cordage branché sur une prise électrique standard, ou par un courant direct apporté par une batterie ou de l’énergie solaire. L’énergie solaire peut permettre d’obtenir un courant continu et d’éviter d’avoir à revenir trop régulièrement. Mais ces systèmes sont chers et compliqués à déplacer. Ils sont néanmoins idéaux pour les pièges photographiques placés pour de longues périodes de temps au même endroit.

Les systèmes utilisant un courant alternatif sont moins chers et plus faciles à utiliser. Mais ils ne sont pas réalistes dans des conditions de terrains reculés. Les pièges photographiques, du commerce, avec système de déclenchement fonctionnent essentiellement avec des batteries, des piles. A l’inverse, la plupart des autres fonctionnent sur courant alternatif. Lorsque c’est possible d’étudier/observer l’animal près de source de courant alternatif, cela procure de précieux avantages mais les prises électriques sont rares en terrains reculés.

Les batteries utilisées pour alimenter les « Camera Traps » sont variées. Celles qui sont rechargeables participent avec le temps à limiter les coûts, mais sont plus cher au départ et leur autonomie diminue avec le temps. Elles doivent donc être bien utilisées, et évitées en zone humide sans caisson water-proof. Les batteries/piles alcalines et Ion-Lithium sont souvent préférées pour leur fiabilité, le fait qu’elles fournissent une puissance uniforme et ne requièrent aucune maintenance si l’on s’en débarrasse une fois vide (si elles sont non rechargeables). Dans les contextes où la portabilité et la durabilité sont importantes, il est essentiel que ce choix soit effectué avec précaution.

Pour cela, chacun est obligé d’effectuer des comparaisons entre batteries et analyser les informations fournies à ce sujet par les fabricants, et de manière plus fiable en cherchant sur internet la moyenne de watt par heure fournie par la batterie. Il semblerait que les batteries destinées à la photographie professionnelle procurent les meilleures performances sur ce point. À noter que les piles à combustibles fourniraient d’aussi bonnes performances et sont plus « eco-friendly ». Couplées avec des panneaux solaires elles intéressent beaucoup certains professionnels du « camera trapping », mais restent beaucoup trop coûteuses.

Les photos/vidéos et les options d’éclairage

Tous les types de pièges photographiques peuvent se retrouver associés à n’importe quel type d’appareil photo.

Pour ce qui est de leurs caractéristiques, les règles et la logique sont les mêmes que pour tout autre appareil photographique et reste une question de bon sens. Cela peut concerner la vitesse d’obturation, l’auto-focus (pour obtenir une image nette de l’animal, peut importe sa distance par rapport à l’objectif), la résolution (attention, plus les photos sont de bonne qualité, plus elles occupent de mémoire), le flash (pour éclairer lors de photos nocturnes), le flash infrarouge (diminue le risque d’alarmer l’animal mais procure de moins de bonnes images), la possibilité de capture d’images sous très faible luminosité comme l’imagerie thermique (bien plus coûteux), la possibilité de visualisation des clichés sur place, la miniaturisation de l’appareil… tout est fonction de ce que l’on souhaite obtenir.

Dans les cas où l’animal ciblé est sombre, ou bien si l’on a besoin de photos de meilleures qualités, un système d’éclairage supplémentaire, ou un stroboscope, peut s’ajouter à la liste, ou être installé soi même, pour permettre d’obtenir de meilleures images qu’avec un flash ordinaire (mais cela consomme plus d’énergie et altère aussi le comportement de l’animal). Opter pour l’obtention de vidéos plutôt que de photos, et donc pour des « Camera Trap » proposant la capture de vidéos, peut être tentant, surtout si l’on s’intéresse au comportement animal ou à des choses rares. Mais cela requiert beaucoup plus d’énergie et consomme donc plus vite la batterie. Ces besoins énergétiques pour la capture de vidéo ne sont plus un problème lorsque le piège dispose à proximité d’une source de courant alternatif ou d’énergie solaire.

Certains chercheurs ont signalé des effets des « Camera Trap » sur le comportement des animaux, et les biais potentiels dans leurs données. D’autres, n’ont trouvé que peu d’effets avec leurs systèmes. En plus de l’odeur et du bruit, les flashes peuvent les effrayer et leur faire éviter, ou détruire le piège photographique.

L’alternative principale qui a été trouvée passe par l’utilisation de source de lumière infrarouge que les mammifères et les oiseaux ne peuvent souvent pas voir. La lumière infrarouge peut aussi être utilisée comme flash, ou programmée pour s’activer à certaines heures. Mais la qualité d’image n’est pas aussi bonne qu’avec les autres systèmes d’éclairage.

Les prix, la question du vandalisme et du vol

Les « Camera Trap » présentent parfois en plus des caractéristiques assez spéciales. Elles peuvent posséder des câbles de fixations et verrous, et même être blindées. Il en va de même pour les câbles les connectant ailleurs ou les alimentant !

Ces précautions servent à éviter le risque que ces systèmes ne soient endommagés par les animaux, mais aussi à réduire le risque de vandalisme et de vols. Aussi, même si les « Camera Trap » sont devenues au cours des époques de plus en plus petites et abordables ; Même si certains affirment qu’avec une compétition entre les différentes marques le nombre de modèles différents disponibles dans le futur va diminuer et leur prix évoluer ; Elles coûtent tout de même plus de 100 euros à l’unité (de 300 à 900 euros), et restent assez cher pour des particuliers. Ce qui a pour effet d’attirer la curiosité et la convoitise de personnes plus ou moins bien intentionnées. Les adeptes du « Camera Trapping » doivent donc en plus composer avec les vols et dégradations. Et les pièges photographiques doivent donc être parfois à l’épreuve de ces risques.

Photo du « caisson de sécurité pour camera trap » conçu par Paul Meek et ses collègues, avec une de leurs photos montrant des promeneurs en train d’inspecter de près le piège photographique, à Mylestom pit, en Nouvelles-Galles du Sud, Australie.

 

Les caissons renforcés et à verrous ne sont pas nécessaires partout, mais sont absolument vitaux dans certains secteurs. Apparemment les personnes malveillantes ne reculent devant rien pour accéder aux pièges photographiques. Paul Meek, écologue et chercheur Australien, est obligé de travailler en perpétuelle course aux armements avec les contrevenants.

Lors de l’une de leurs études, sur 566 événements, ils ont obtenus 23 photos de personnes intéressées par le piège, et aucune image de l’animal qui les intéressait ! Face à de premiers vols, il n’a jamais manqué d’imagination pour contrer ce problème. Pour travailler en paix, lui et ses collègues ont dus régulièrement se creuser la tête afin de trouver des solutions. Allant jusqu’à développer et fabriquer des caissons hyper blindés, ancrés solidement au sol, il leur a fallu à chaque fois s’adapter de nouveau : ajouter une notice informative, camoufler le piège photographique et même placer en hauteur, une caméra pour surveiller la camera. Certaines solutions ne fonctionnaient pas, d’autres affectent la probabilité de détection et faussaient leurs résultats. Meek ne revient toujours pas des raisons de ces échecs : attaques à la voiture bélier et utilisation d’outils de chantiers comme des meuleuses… Selon lui, les pertes dues aux vols et dégradations de pièges photographiques s’élèvent à plus de 70 000 dollars pour lui et ses collègues Australiens ! Il cherche encore aujourd’hui une solution à ce problème sans fin.

Certains chercheurs se penchent sur des prototypes plus complexes organisés en réseau et gérés par des scientifiques directement depuis leurs bureaux.

 

Abderrahim Oughadou, rédacteur EVI.

abderrahim-oughadou

 De par ma formation, je m’intéresse au comportement animal, à l’évolution et applications de ces sujets, notamment dans le cas du cancer. Je m’intéresse aussi à l’histoire de la mer, et réalise l’intérêt de lier l’archéologie et l’écologie. En tant qu’écologue je me suis rendu compte que l’on parle beaucoup d’écologie mais que cela reste un domaine pourtant mal financé et méconnu. Je souhaite partager, faire découvrir, réfléchir et échanger des idées là dessus.

 

 

 

 

 

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