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« Rapport spécial » du GIEC : un constat alarmant

         

Le groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a fait paraître un rapport terrifiant ce lundi 8 octobre. Approuvé par les gouvernements ce samedi, il a été publié hier et tire la sonnette d’alarme sur l’état de la planète. Si les températures continuaient à augmenter, la Terre pourrait bien ne plus ressembler à ce que l’on connait aujourd’hui. En effet, une hausse de 1,5 à 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle aurait de graves conséquences irréversibles.

+1,5 ou +2°C, des conséquences irréversibles

Ce 5ème rapport de 400 pages dresse un constat alarmant. Il nous apprend que si la température globale venait encore à augmenter de 0,5 degré (soit 1,5 degré en plus depuis l’ère préindustrielle) les conséquences seraient dévastatrices pour l’environnement et nos modes de vie. Aussi, le GIEC insiste fortement sur la rapidité avec laquelle nous devons agir. En effet, au vu du rythme actuel, nous devrions avoir atteint ces températures entre 2030 et 2052. Le « Rapport spécial » du GIEC montre qu’une différence entre 1,5 degré et 2 degrés aurait des conséquences incroyablement différentes sur l’environnement.  Deux degrés de plus engendreraient des vagues de chaleur sans précédent ainsi que de nombreux cyclones qui produiraient des précipitations dévastatrices pour les cultures et les populations affectées. Les espèces seront, elles aussi, largement touchées par ce réchauffement climatique. Cette hausse de 2 degrés ferait subir un changement d’écosystème à 13% de la surface du territoire. Alors qu’une hausse de 1,5 degré limiterait le développement d’espèces invasives et les feux de forêt ravageurs pour les territoires.  Notre sécurité alimentaire et notre survie sont en jeu.

Les dégâts du réchauffement climatique sur la mer

Cet écart de 0,5 degré pose aussi de sérieux problèmes concernant la hausse du niveau de la mer. Si nous ne dépassons pas ces 1,5 degré la montée des eaux pourrait varier entre 26 et 77 centimètres d’ici 2100. Mais si nous atteignons les 2 degrés, il faudrait ajouter 10 centimètres aux chiffres précédents. Ces 10 centimètres supplémentaires auront pour conséquence le déplacement de 10 millions de personnes en plus. En outre, contenir la température globale à +1,5 degré est aussi essentielle pour la biodiversité marine. La fonte de la calotte glacière serait enclenchée entre +1,5 et +2 degrés, aussi afin d’éviter l’acidification des océans et la destruction des fonds marins il est nécessaire de réduire drastiquement notre empreinte carbone. Avec une augmentation de 1,5 degré l’Arctique ne connaîtrait qu’un été sans banquise tous les siècles, or avec une hausse de 2 degrés cela serait un été tous les 10 ans.

Quelles sont les actions à mener ?

Le GIEC insiste sur la nécessité d’un changement rapide et colossal. Il faudrait arriver d’ici 2050 à une  « neutralité carbone », c’est-à-dire une émission « résiduelle » et limitée aux secteurs dont nous ne pouvons nous passer. Le GIEC appelle à  «une transition rapide et de grande portée en matière d’énergies, d’usage des sols, de transports, bâtiment et systèmes industriels» afin de sauver la planète et d’assurer notre survie. Il est donc d’une grande nécessité que les dirigeants choisissent enfin de sortir des énergies fossiles afin de laisser la place aux énergies renouvelables qui devraient occuper, selon le rapport, 70% de la production d’ici 2050. Cette transition énergétique est estimée à 2 100 milliards d’euros d’investissements annuels (soit 2,5% du PIB mondial) d’ici à 2035 pour espérer un passage effectif et efficace aux énergies renouvelables. Il est donc primordial qu’une prise de conscience collective se fasse afin d’interpeller nos gouvernants pour inverser la courbe du carbone et espérer sauver la Terre.