EVI
fren

Sachets en bioplastique comestibles

Un cocktail de sachet plastique avec votre plat ? Imaginez des sachets et emballages alimentaires tellement naturels qu’on puisse les manger ou les boire sans danger. C’est désormais une réalité ! Fabriqués en bioplastique, c’est-à-dire à partir d’ingrédients naturels, ces sacs n’ont plus rien à voir avec leurs prédécesseurs issus de l’industrie pétrochimique.

Ils sont non seulement biodégradables, mais aussi comestibles, donc inoffensifs pour les animaux et pour l’homme, et parfaitement respectueux de l’environnement. L’arrivée de ces sachets dans le secteur agroalimentaire pourrait révolutionner nos modes de consommation, tout en réduisant la masse des déchets plastiques, qui polluent la planète pendant des siècles.

Les bioplastiques en matières naturelles, pour des sachets biodégradables et comestibles

On ne dénoncera jamais assez tout le mal que fait le plastique à l’environnement. Pourtant, nous avons toujours du mal à nous en passer, malgré les efforts qui vont dans ce sens. Ainsi, l’interdiction des sacs plastiques à usage unique dans les supermarchés français est en vigueur depuis le début de cette année. Cette mesure est également implémentée, ou en cours d’implémentation, dans d’autres pays : Canada, Maroc, ou encore certains Etats de l’Inde.

Partout dans le monde, des ingénieurs et entrepreneurs prennent part au combat contre le plastique. Leur arme : des ingrédients naturels divers, d’origine végétale, qui entrent dans la composition des bioplastiques.

Le bioplastique, c’est ce matériau innovant avec lequel les scientifiques fabriquent des sachets tellement biodégradables qu’ils en sont comestibles.

Ci-après, une sélection non exhaustive de sacs bons pour l’environnement et à déguster (ou pas), qui vous montreront que la nature nous offre plein d’alternatives au plastique traditionnel.

Des sachets à base de pomme de terre

Pour l’entreprise française Sphère PTL, basée en Seine-Maritime, associée au laboratoire de chimie verte allemand Biotec, des pommes de terre peuvent concurrencer le pétrole.

Photo by Hai Nguyen on Unsplash

Depuis 2006, l’entreprise exploite le potentiel de la fécule, ou amidon, de pomme de terre pour fabriquer des sachets en bioplastique. Grâce à cette substance, qui facilite la dégradation, les sachets se décomposent sous six mois dans le compost ou en décharge. En plus d’être biodégradables, ils sont aussi solubles dans l’eau et comestibles par les animaux.

Déjà commercialisés sous la marque Alfapac, ces sacs écolos contenaient à leurs débuts 13% de fécule de pomme de terre. L’entreprise projetait d’atteindre les 100% de matière végétale en 2015.

Même si renoncer au plastique n’est pas encore donné – les sacs en pomme de terre sont deux fois plus cher que des sachets classiques –, cette démarche durable représente un nouveau débouché pour l’agriculture et gagne en popularité grâce à l’augmentation du prix du pétrole.

Des sachets buvables à base de manioc

En Indonésie, un entrepreneur du nom de Kevin Kumala a inventé un sac à base de manioc, une racine très répandue dans le pays. Contrairement à un sachet en plastique classique, on peut le brûler sans hésiter : sa combustion ne relâchera aucun gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Dilué dans de l’eau chaude, il peut être bu par les animaux et par l’homme sans que cela présente un risque pour la santé, car il ne contient pas de substance toxique.

Avec ce sachet biodégradable, l’entrepreneur souhaite tacler le problème de la pollution plastique dans son pays. Mais là encore, le prix rebute un peu, puisque le sachet en manioc coûte deux fois plus cher qu’un sac en plastique. En l’absence d’une politique d’aide publique encourageant la réduction des déchets plastiques, le sachet en manioc n’a convaincu que quelques hôtels et quelques enseignes locales.

Le sachet cocktail de fruits et légumes

Le secret du bioplastique développé par l’entrepreneur indien Ashwath Hedge ? Douze ingrédients naturels, provenant de fruits et légumes riches en amidon ou riches en fibre (maïs, tapioca, pommes de terre, banane), ainsi que des dérivés d’huile végétale et des biodéchets. Le mélange de toutes ces matières végétales donne un sac biodégradable et comestible.

Pour développer cette bonne idée, le jeune entrepreneur a monté une start-up, EnviGreen, à Bangalore. Ses sachets écolos répondent à la norme de biodégradabilité, à savoir qu’ils se décomposent en moins de trois mois lorsqu’on les jette dans la nature. Ils sont aussi solubles dans l’eau chaude en 15 secondes, et peuvent être brûlés sans émettre de dioxyde de carbone ou autres gaz à effet de serre. Même les écritures et les logos sur les sacs sont imprimés avec une encre respectueuse de l’environnement, sans produits chimiques.

Les sacs, commercialisés et disponibles en magasin depuis le début de cette année, sont encore 35% plus cher qu’un sac en plastique classique. Malgré tout, l’entrepreneur a bon espoir de contrer la pollution aux déchets plastiques en Inde, et d’encourager l’agriculture locale en offrant de nouvelles opportunités pour les fermiers.

EnviGreen projette en définitive d’inonder le marché d’emballages, de sachets, de films plastiques, de sacs-poubelles ou encore de housses de vêtements biodégradables.

Le sachet à base de maïs

Au Mexique, les étudiants de l’Institut Polytechnique National (IPN) ont valorisé une ressource locale : le maïs. Ils ont mis au point un plastique en polymère de maïs biodégradable et comestible. Effectivement, le matériau ne contient aucune substance dangereuse pour la santé. Il est soluble dans l’eau et buvable.

Il peut se décomposer en quelques jours, quelques semaines ou quelques années selon le processus de fabrication. Ce qui représente un grand avantage pour les industriels, qui pourront choisir la biodégradabilité du plastique en accord avec sa fonction (un sachet de caisse, par exemple) et le produit qu’il protège (des aliments, par exemple).

Les étudiants prévoient aussi d’autres usages dans la fabrication de jouet et l’industrie automobile. Leur bioplastique possède effectivement de nombreuses qualités intéressantes pour ces secteurs : souplesse, non toxicité, mémoire de forme…

Est-ce LA solution pour endiguer la pollution ?

Avec l’augmentation du prix du pétrole, les matières végétales sont en vogue. Les ingénieurs du monde entier se lancent dans la fabrication des bioplastiques. On peut envisager une multitude d’applications pour ces matériaux naturels et biodégradables. Ils devraient, en définitive, remplacer tout le plastique dans nos produits de consommation et donneraient un coup de pouce au secteur agricole.

L’avenir des sachets en bioplastique écolos semble assuré. En attendant, il revient à nous, consommateurs, d’éviter le plastique autant que possible, de poursuivre les efforts pour recycler et réduire nos déchets, et d’encourager des décisions politiques en ce sens. Et à défaut de manger nos sachets, assurons-nous qu’ils soient biodégradables et inoffensifs pour les animaux. Rappelons que les déchets plastiques polluent et menacent la biodiversité : les tortues s’étouffent avec les sachets, les oiseaux s’intoxiquent en avalant des débris plastiques…

Vous pouvez d’ores et déjà chercher sur vos sachets les différents labels écologiques, indiquant s’ils sont compostables, biodégradables et fabriqués à partir de matières premières renouvelables, tels le label Compostable, OK Compost, OK Compost HOME, OK Biodégradable, ou encore Ok Biobased. Ces labels assurent que les sachets et emballages sont conformes à la norme européenne NF EN 13432 en vigueur sur la dégradabilité et la compostabilité.

 

Vous pouvez donc par exemple vous diriger vers les sacs Végéos, composés de 30 à 50% de matières d’origine naturelle, disponibles dans le rayon fruits et légumes de certains supermarchés ; les sachets et emballages biodégradables de la marque Point E ; ainsi que les sachets et emballages alimentaires de la marque Alfapac, qui propose aussi des sacs-poubelle. Ces marques sont labellisées OK Compost Home.

Floriane Boyer, rédactrice EVI.

J’ai toujours été une fervente lectrice de fantasy et de science-fiction. J’aime explorer de nouveaux univers, peuplés de héros qui sauvent le monde. Et puis, en grandissant, j’ai compris que nous avions déjà un monde à sauver, bien réel celui-là, et que nous pouvions tous être des héros, à notre façon. Je suis fière de mettre ma plume au service de cette noble cause qu’est la protection de notre planète

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*