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Vente aux enchères des cornes de rhinocéros : l’Afrique du sud légalise le commerce interne !

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Aujourd’hui, mercredi 23 Août, a débuté une vente aux enchères qui pourrait bien aggraver la situation des rhinocéros en Afrique : une distribution de 264 cornes, soit près de 500 kg !

Pour rappel, le commerce de la corne de rhinocéros est interdit à niveau international par la CITES (Convention Internationale du commerce des espèces). Mais cette convention ne permet pas d’intervenir sur les décisions au sein d’un même territoire.

Ainsi, l’éleveur Sud-Africain John Hume profite de cette brèche pour enfin vendre toutes les cornes de rhinocéros qu’il a stocké de son « élevage ». En effet, celui-ci possède le plus grand élevage de rhinocéros au monde et, régulièrement, il endormait ces animaux afin de leur ôter la corne « dans l’optique de les protéger du braconnage », et surtout de pouvoir les revendre un jour comme il le fait actuellement.

Cette action est justifiée par le fait de « récolter des fonds afin de financer l’élevage et la protection des rhinocéros ». Mais il est évident que légaliser le commerce interne ne fait qu’ouvrir la porte à l’illégalité et au commerce international, sachant surtout qu’au sein du territoire Sud-africain, l’achat de corne est quasi inexistant. Et ce n’est pas la traduction du site des enchères, réalisée en vietnamien,et chinois qui laisse à penser le contraire. Cette action douteuse, semblant viser l’intérêt d’acheteurs internationaux, met en péril l’espèce qui risque d’être d’autant plus convoitée pour sa corne.

Nous évoquions déjà cette problématique dans le cas des défenses d’éléphants, qui est sujet au même attrait. Malheureusement, la justice a eu le dernier mot cette fois-ci, le 20 Août, en faveur de la vente nationale. Bien que la ministre de l’Environnement, Edna Molewa, affirme que « le ministère accorde beaucoup d’importance à la surveillance de la circulation des cornes. Pour cette raison, des systèmes sont en vigueur afin que cette surveillance soit effective », toutes les raisons sont bonnes pour s’inquiéter du sort de l’espèce de l’illégalité.

 

Il me paraît évident que pour protéger le rhinocéros du braconnage la dernière chose à faire est de montrer que sa corne possède encore une valeur financière ou de tout ordre autre que celui d’être portée par le rhinocéros lui-même. Cet acte est selon moi le profit d’une situation, masqué par un motif soi-disant bienfaiteur. Cette enchère est une triste décision et ce n’est en aucun cas le moyen de lutter efficacement contre l’illégalité et la massacre de ces animaux. Lisa Rispal, fondatrice EVI.

Quatre espèces de rhinocéros sur cinq sont en danger critique d’extinction. Plus de 1000 rhinocéros sont tués chaque années rien qu’en Afrique du sud, pays qui regroupe en moyenne 80% de la population des rhinos. Un kilo de corne est estimé entre 45 000 à 65 000 euros sur le marché noir. À titre de comparaison, l’ivoire est à 7 000 dollars et la cocaïne à 20 000 – 30 000 dollars.

Nous regrettons cette décision qui ne semblait que patienter tranquillement pour le jour J. John Hume va donc pouvoir vendre son stock de corne de rhinocéros aux enchères dés aujourd’hui en ligne et rien ne peut garantir que ces cornes ne termineront pas beaucoup plus loin qu’au sein du territoire sud-africain.

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