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Voyager en avion : quel impact écologique ?

Si l’avion est le moyen de transport ayant connu la plus forte croissance depuis sa démocratisation dans les années 60, c’est aussi le plus polluant. Des solutions existent toutefois pour prendre connaissance de l’impact écologique que nécessite notre voyage en avion et pour compenser nos émissions de CO2 en voyageant plus responsable.

Pour rappel, le secteur des transports représente en France plus du quart des émissions de gaz à effet de serre, qui est la première cause du réchauffement climatique.

En 2013, la France est devenue le 1er pays européen à mettre en place un dispositif d’affichage de gaz à effet de serre. Tous les prestataires de transport ont l’obligation d’informer les voyageurs de la quantité de CO2 émise à l’occasion de la prestation. Le moyen de communication est libre (affiche, billet, site internet…), mais le mode de calcul est commun à tous les transports. L’objectif : sensibiliser et guider les voyageurs vers des solutions plus respectueuses de l’environnement.

Mesurer l’impact en CO2 de nos déplacements

Plusieurs outils en ligne nous aident à calculer notre empreinte carbone. Parmi eux, le comparateur éco-déplacements mis en place par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) mesure l’impact environnemental de nos déplacements.

Pour un aller-retour Paris-Berlin, le bilan carbone peut être multiplié par dix selon le type de transport choisi. Alors qu’un trajet en train émet 21 kg de CO2 par passager, le taux s’élève à 150 kg pour un trajet en voiture (essence), et 255 kg pour un vol en classe économique. Des chiffres qui varient en fonction du poids relatif des passagers.

Selon une étude commandée par la Banque Mondiale en 2013, un vol en classe affaires émet trois fois plus de dioxyde de carbone qu’un vol en classe économique, et neuf fois plus pour un vol en première.

Le secteur aérien est responsable de 2% des émissions de CO2. Un pourcentage qui peut paraître dérisoire, sauf quand on connaît ses incidences sur la couche d’ozone : rejeté dans la troposphère, et non à la surface terrestre, le dioxyde de carbone trouve son potentiel d’impact démultiplié. À cela s’ajoutent d’autres gaz à effet de serre difficilement mesurables : l’oxyde d’azote, émis lors de la phase de décollage et de montée, et les trainées de condensation.

Bien que les émissions de CO2 soient mineures par rapport au trafic routier, l’avion connaît une croissance largement supérieure aux autres types de transport. Une évolution qui résulte à la fois du développement des échanges internationaux, mais aussi de l’allongement des distances parcourues.

Alors comment voyager écologique, lorsque l’avion demeure le seul moyen de parcourir rapidement de longues distances ?

Dernier recours écologique : la compensation carbone

Outil peu connu des particuliers, le crédit carbone volontaire s’est largement répandu au sein des entreprises et collectivités ces dernières années. Les « unités carbone », correspondant au volume d’émission que l’on souhaite compenser, servent à financer des projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ailleurs dans le monde : reforestation, construction de fours solaires, habitats bioclimatiques…

Contrairement aux certificats de compensation obligatoires délivrés par les Nations Unies dans le cadre du protocole de Kyoto, le marché volontaire n’est pas réglementé. Pour s’assurer de la fiabilité de l’opérateur – dont le nombre s’est rapidement multiplié – on peut choisir un organisme de rachat de GES signataire de la Charte de l’ADEME.

La plateforme de compensation CO2 solidaire, pionnière sur le marché français, calcule ainsi notre taux d’émission de CO2 d’après le mode de transport, dont le coût est ensuite affecté, au choix, à un projet environnemental en France ou à l’étranger. Autre acteur du marché, le programme Action Carbone Solidaire, lancé par le photographe Yann Arthus-Bertrand, qui œuvre notamment pour des projets de capture du dioxyde de carbone par la végétation.

Face aux nouvelles préoccupations des voyageurs, certaines agences offrent à leur client le choix d’impacter directement le coût des émissions de CO2 au moment de la réservation des billets d’avion. Allibert Trecking, spécialiste du tourisme responsable, propose ce service en option à ses clients, et l’applique systématiquement aux voyages de ses salariés. Des initiatives locales ont également vu le jour, à l’exemple de l’agence Bali Autrement, qui a choisi d’établir un partenariat avec CO2 solidaire pour ses vols intérieurs.

À défaut de réduire notre empreinte écologique à la source, cet acte modeste a le mérite de l’atténuer, voire de nous inciter à voyager autrement.

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